Doit-on réaliser tous nos fantasmes ?

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doit on réaliser ses fantasmes
C’est un de mes premiers articles « sexo ».
Cela fait un moment que je m’informe sur le sujet et que je veux partager avec vous mon regard.

Mais, entre les sujets « amour/séduction » et « sexo », il n’y a qu’un pas. On l’appelle pudeur. Il m’a fallu deux ans pour le dépasser.

Donc, j’espère que vous serez tolérantes avec les portes ouvertes que j’enfoncerais probablement (aucun sous-entendu graveleux là-dedans) ou au contraire les maladresses et impudeurs qui pourront vous mettre mal à l’aise.

Aujourd’hui, je veux vous parler de fantasmes. De ces désirs sains (ou non), obsédants (ou non), réalisables (ou non), mais qui forment, à mon sens, le socle de notre sexualité.

Doit-on réaliser tous nos fantasmes ?
Des pistes de réponses dans l’article.
Enjoy.

Qu’est-ce que la sexualité ?

(Ceci est un aparté sur mon regard du « sexo ». Vous pouvez sauter ce paragraphe pour aller directement à la partie sur le « fantasme ». Mais, ça me ferait plaisir que vous le lisiez quand même. :D )

La sexualité est intimité. En cela, elle peut être aussi complexe que multiple.

Dans les articles « sexo », je ne vous donnerais pas de recettes toutes faites. Encore moins de techniques. Tous les corps (et cerveaux !) ne sont pas excités par la même chose.

Donc, je ne me proclamerais pas reine du sexe (même si c’est vrai. Sisi.). Je n’ai pas envie de vous apprendre par écrit à baiser. Le mieux pour ça, reste la pratique.

En revanche, j’ai envie de penser avec vous les sexualités.

Je suis intimement convaincue que nous sommes responsables de notre sexualité.

Nous pouvons la voir comme un acte d’amour, mais aussi comme un domaine de compétences (sportives, créatives, techniques, artistiques, psychologiques) à part entière. Comme c’est l’une des activités récurrentes de notre vie, ça vaut le coup de l’explorer.

(C’est comme apprendre à faire la cuisine. Ça me semble important, étant donné qu’on mange tous les jours. Mon chéri, si tu lis cet article, cet aparté sur la cuisine est pour toi

L’acte charnel amoureux n’est pas forcément un ennemi au « sexe-domaine ». Au contraire ! Ils peuvent gaiement se rencontrer.

C’est de cette sexualité « domaine » dont je veux parler.

  • Ma règle : le non-jugement. Ce qui se passe sous la couette invite à la réflexion, jamais à la sentence. (Sauf non-consentement. Mais, ce n’est déjà plus du sexe pour moi.)
  • Mon rêve : que chacune et chacun puisse s’approprier son propre monde érotique ; l’écouter, lui faire confiance, le suivre, le réinventer ; et inviter son (ses ?) partenaire (s) à imaginer des danses nouvelles.
  • Mon envie : utiliser les pistes de réflexion dans les articles pour en discuter et approfondir le sujet (toujours aucune idée graveleuse là-dedans) dans les commentaires, sur le forum. Entre nous, en somme.

(Si ça vous va, je peux fermer l’aparté et nous pouvons commencer !)

Pourquoi « pimenter sa vie sexuelle » quand on peut réaliser ses fantasmes ?

Nous trouvons souvent dans les magazines féminins des conseils pour « pimenter sa vie sexuelle ». En peu de mots : menottes, lingerie, glaçon, mots crus… À force d’être répétés ces idées ont quelque chose de réchauffé.
Non qu’elles soient toutes mauvaises !

(Les menottes, par exemple, c’est très bien. Si elles sont en cuir. Oubliez celle en fourrure, elles sont purement décoratives. Elles se cassent en moins de temps qu’il faut pour crier « plus fort, mon lapin ! » et contrairement aux apparences, elles ne sont pas confortables.)

Mais par leurs récurrences, elles apparaissent comme les seules possibles. Elles donnent l’impression que hors de ce sentier, il n’y a que perversion et, PIRE, que la perversion, c’est mal.

Ainsi, sans le vouloir, ces mêmes idées rabâchées occultent le mur porteur de l’érotisme : notre imagination, le fantasme.

C’est pourtant lui réellement de nouvelles perspectives dans notre sexualité. Et des perspectives qui nous ressemblent !

Tant mieux, s’ils sont transgressifs, gênants, tabous… La gêne, dans la sexualité, est un aphrodisiaque bien plus puissant qu’un camion de gingembre porté à bout de bras par Ragnar Lodbrok.

ceci est mon fantasme

Seuls les fantasmes, peuvent réellement ouvrir vers une quête sincère de sa propre sexualité. Alors non, ils ne « pimentent » pas. Ils transcendent !

Des fantasmes, oui. Mais, lesquels ?

Tous les fantasmes n’ont pas la même place dans notre univers érotique. Certains nous apparaissent comme flous, lointains, irréalisables.

Fantasme cochon

D’autres, en revanche, ne demandent qu’à s’intégrer à nos ébats amoureux.

GIF maitresse

Pour moi, il existe trois types de fantasmes.

  • le fantasme « Freudien »
  • le fantasme « expérience »
  • le fantasme « curiosité »

(Les noms sont de moi. Ouverts, donc au débat !)

Les fantasmes « freudiens »

Sigmund_Freud_1926

Ce sont les plus gênants, insaisissables, tabous et peut-être même obsessionnels. Ceux qui naissent au creux de l’enfance.

Une théorie psychologique (Freud surement, mais j’ai un doute sur ma source) explique que la sexualité dans l’enfant est polymorphe. Elle peut prendre toutes les formes qu’il existe. Ce n’est qu’en grandissant, avec la confrontation à la réalité (notamment par la résolution de l’Œdipe) qu’elle prendra certaines formes plutôt que d’autres.

Je pense que dans cette petite enfance se dessinent, effectivement, les fantasmes les plus enfouis et – très certainement- les plus dangereux à réaliser. C’est surement de ces fantasmes-là dont on parler quand on répète « un fantasme n’est pas fait pour se réaliser ».

Ce sont aussi ces fantasmes qu’on aura le plus de mal à partager à l’autre. Ils nous vulnérabilisent. Ils déshabillent l’inconscient et surtout, on sait qu’ils ne seront pas toujours bien reçus.
(Il existe parfois un véritable manque de tolérance sur les goûts sexuels qui outrepassent les menottes en fourrure.)

Les fantasmes « expériences »

Ils naissent de nos expériences sexuelles. Certains partenaires ou situations nous ont procuré une excitation particulière, une sensation nouvelle, une perplexité joyeuse.

Avec eux, on a commencé à toucher des points sensibles chez nous (Quand il me tient les mains, ça me fait quelque chose). Ils ont réveillé ou révélé quelque chose. Les pistes sont ouvertes pour chercher plus loin. ( Peut-être que les menottes, ce serait bien pour moi)

Les « fantasmes expériences », quand ils sont vécus avec le partenaire, permettent un dialogue plus facile que les « fantasmes Freudiens » . On peut accompagner notre amant-ami-aimant, en lui parlant de la sensation que nous a procurée tel ou tel geste.

En post-sexe : « j’ai aimé quand tu as crié « Longue vie aux lapins nains ! », c’est un truc que tu devrais faire plus souvent ». Pendant l’action : « Vas-y, parle-moi encore des lapins nains ! ».

(Toute ressemblance avec des faits réels ou personnes existantes n’est que pure coïncidence.)

Les fantasmes « curiosités »

Lapine

Ce sont ces fantasmes qui naissent :

 

  • 1. De nos connaissances théoriques : récits érotiques, pornographie, manuel de conseils, traité de psychanalyse (si. Dans les livres de papa Freud, tu as plus de références au SM que dans Fifty Shade)

 

 

  • 2. De nos recherches : expérimentales, BD de nos parents cachés dans les placards (Manara, on t’aime !), internet (longue vie à internet !)

 

 

  • 3. De notre confrontation quotidienne au monde : tout ce que nous voyons, vivons peut être sujets à fantasmes. (La preuve par les pompiers, Ragnar et les lapins nains.)

 

Ce sont ces fantasmes que nous pouvons créer, nourrir ou dénouer à volonté. Comme le fantasme est créé, il n’implique pas complètement les sombres couloirs de notre inconscient. Il est plus facile et moins dangereux de jouer avec eux, d’en pousser le vice.

Doit-on réaliser tous nos fantasmes ?

Je laisse la porte ouverte au débat. MAIS, pour moi, c’est possible si et seulement si :

1. Le fantasme est bien accompagné

Certains fantasmes demandent les plus grandes précautions.

Par exemple, les fantasmes qui jouent sur les limites :

  • physiques : coups, bondage lourd…
  • psychiques : abandon, viol, humiliations publiques
  • affectives : triolisme et autres formes de libertinages…

2. Le fantasme est détourné

Beaucoup de fantasme ne pourront se réaliser qu’en « jouant à ».

On peut jouer à « la petite écolière », pour autant on est adulte et l’école c’est loin.

Dans les fantasmes de viol, de prostitution, de vente d’esclaves ; on ne peut que « jouer à » si on veut bien accompagner le fantasme. Même si le jeu peut être extrêmement réaliste.

3. Le fantasme est « sane safe consensual »

La formule vient de l’univers sado-masochiste. (BDSM) Le fantasme doit se réaliser dans un cadre qui assure l’intégrité physique, psychique et moral.

Tous jeux sexuels doivent se réaliser entre adultes consentants et avertis.

Pour le « sain », bon. J’ai des doutes. Nos fantasmes sont-ils « sains » ? Pas les miens, pas les plus marrants. Doivent-ils être « sains » ? Pas sûre.

Si ces trois conditions sont remplies, j’ai envie de dire « You can do it ! »

You can do it
Et vous pensez-vous qu’il faille réaliser tous nos fantasmes ?
PS : Demain, un article TIPS sur : « comment réaliser nos fantasmes ? »


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18 Commentaires

  1. J’ai une sexualité très libérée. J’ai eu une quinzaine de partenaires sexuels, des ONS, des FF (du plan cul régulier à l’amant, en passant par le pote, un peu tout), des LTR. J’ai vécu tout ça avec légèreté, j’ai des principes libertins et une libido explosive. Alors que je suis encore très jeune.

    POURTANT, mon copain actuel est le premier à qui j’ai osé parler de mon fantasme « freudien », celui que j’ai découvert à 11 ans et qui ne m’a jamais lâchée… Je ne lui ai avoué qu’après plus d’un an d’amour fou et de sexe torride, et seulement, uniquement, parce qu’il a finit par le deviner par lui-même et me poser la question explicitement. Sinon, je n’en aurais jamais parlé. Je ne sais pas pourquoi, mais j’en ai honte. Ça me gêne d’avoir quelque chose d’intime qui me tienne autant à cœur, qui me bouleverse autant… Le fantasme en lui-même est un peu humiliant, certes. Mais ce n’est pas trop ça, le problème. C’est le fait d’y être autant attachée. Quand j’en ai parlé, ce n’était pas qu’une question de bite et de chatte; c’était mon âme que j’avais l’impression de mettre à nu. Comme si c’était mon plus grand secret qui voyait le jour. Quelque chose qui aurait dû rester secret éternellement, un tabou. Je ne voulais pas (étrangement) que ça devienne réalité. Ça devait rester dans mon imaginaire, à la rigueur dans des représentations (récits érotiques, vidéo porno).

    Plus étonnant encore : mon copain a accepté de réaliser mon fantasme, c’en est même devenu quelque chose de systématique. Mais ça me dérange vraiment. Finalement, ça continue à m’exciter dans mes pensées; mais une fois dans l’acte, je n’apprécie pas. Si tu sais comment expliquer ça…

    • Bonjour,

      J’ai tout juste 20 ans et depuis mes 15 ans j’ai aussi un phantasme lourd à porter (que je ne dévoilerai au grand jamais ici) mais contrairement à toi, lorsque j’étais amenée à parler « fantasmes » avec mon copain qui n’arrêtait pas de me persécuter avec ses questions, je ne me suis pas dévoilée sur mes fantasmes les plus dangereux (à savoir freudiens) mais plutôt sur mes fantasmes psychiques, donc « moins tabous », mais qui m’excitent presque tout autant histoire qu’il me lâche les baskets avec ça (en gros ça inclus un peu le fait d’être dominée, jouer l’innocent, soumise tout tralala qu’il pouvait deviné facilement). Bref tout ça pour dire qu’au final il a apprécié que je me livre sur ça même si, à l’écouter, j’avais l’impression qu’il s’attendait à plus « hard » que ça de ma part.
      Mais quand à mon fantasme « tabou » jamais je ne le lui dirai: a la place je préfère le garder pour moi et bizarrement ça boost d’autant plus ma libido.

      Donc conseil, ne dévoile plus jamais au grand jour tes secrets les plus obscurs, ça te permettra d’être plus épanouie sexuellement parce que le fait de ne pas te livrer totalement et de laisser planer le doute représente aussi un fantasme.

    • Est-ce que la réalisation EST la réalisation de ton fantasme tel quel, ou est-ce que c’est la même pratique mais avec une émotion en moins ? Autrement dit, comment peut-être, chercher ailleurs, autour, en amont et en aval, cette sensation plus que la pratique ?

  2. Mais alors est ce qu’on peut dire qu’un pédophile/zoophile/autre-truc-en-phile, c’est une personne qui a un fantasme freudien?

    • Dans « Les Jardiniers de la Folie » (très bon livre), l’auteur nous explique que nous avons en nous TOUS le terrain pour développer chacune des pathologies existantes. Sur certaines pathologies, nous avons selon les personnes plus ou moins de vulnérabilité, mais c’est bien le contact avec le monde extérieur qui va déclencher plus ou moins fortement la maladie.

      Ce qui serait cohérent avec les théories sur l’intelligence : des personnes représentent une norme parce qu’elles sont dans les 60% de gens qui ont le même résultat.

      Bah, je pense que pour la sexualité, c’est pareil. Nous portons tous des fantasmes en -ile. Un très bon livre « la pédofolie : de l’infantilisme des grandes personnes » : nous explique que nous sommes dans une société pédophile : l’enfant mis sur un piédestal, jeunisme, mannequin imberbe sans seins et j’en passe… Il est possible que nous ayons tous des attirances inconscientes pédophile. C’est quand l’attirance devient obsession qu’elle est pathologique (appellé « perversion ») et quand il y a, le cas échéant, passage à l’acte que c’est illégal (et violent pour la victime, ça va sans dire).

      Ce que j’essaie de dire, c’est que non seulement ces fantasmes me semblent existants dans un inconscient primaire (lors de la sexualité polymorphe de l’enfant), mais en plus, ils me semblent universels.

      (C’était un des dossiers que j’ai présenté en M1 de psycho, la pédophilie, c’est fascinant.)

  3. Cet article tombe bien.
    Ca fait quelque temps que je me pose la question des fantasmes.
    Mais ce sont surtout ceux que tu qualifies de freudien qui rendent la question intéressante.

    Personnellement, je n’en ai pas réalisé encore un de freudien.

    Mais j’ai commencé à me poser sérieusement la question de leur réalisation à compter du jour où j’ai assumé le mien, où je ne trouvais plus de raison de me retenir. Il n’a rien de dangereux. Je le trouve même très beau. Certains ont peur des leurs parce qu’ils contrarient la norme de leur image, à laquelle ils tentent obsessionnellement de se conformer.

    Mais voilà ce dont je me méfie. Peut-être Anashka que ton expérience tempèrera cette méfiance.

    Le fantasme a beau ne pas être dangereux pour une autre personne que soi, y en a-t-il un seul qui ne l’est pas pour soi-même ?

    Ma réflexion est la suivante. Plutôt que de se demander si on doit assouvir un fantasme en jugeant son contenu, demandons nous plutôt si il est bon pour quiconque d’assouvir un fantasme, quel qu’il soit, moche, sale, beau, morale ou pas ; en effet n’oublions pas que certains peuvent être réalisé individuellement. Pour eux, le rapport à l’autre ne se pose pas.

    Ce dont je me méfie c’est de l’effet magique, euphorisant, du fantasme qu’on tente d’assouvir. Il produira un nouveau désir. Tout plaisir nouveau est la cause d’un nouveau désir. Connaître un nouveau désir, c’est aussi connaître une nouvelle frustration, puisqu’on devra appliquer nos restrictions déjà lourdes à ce nouveau désir, ne pas chercher à l’assouvir trop souvent. Par exemple, celui qui n’a jamais fumé n’a pas besoin de se limiter. Il ne doit pas restreindre son désir, ne pas chercher à fumer plus. Celui qui commence devra être prudent, il devra gérer dans sa vie une nouvelle frustration se méfier d’une nouvelle inclination.
    Si je me masturbe trois fois par jour, ne pas le faire tous les jours trois fois sera une souffrance, par ce que je suis accoutumé au plaisir de me masturber trois fois par jour. Les exemples ne manquent pas.

    Assouvir un fantasme freudien c’est découvrir un nouveau plaisir. Et une nouvelle contrainte dans son existence : on ne peut faire que ça, se shooter à l’héroïne, ou assouvir ce fantasme incroyable, on doit se concentrer davantage pour ne pas trop lâcher la bride. Et pour celui qui la lâche, il y aura tolérance, il devra augmenter la dose, repousser les limites (le fantasme peut toujours aller plus loin dans son accomplissement).
    Et tout ce qui diffère du fantasme dans un rapport sexuel ne risque-t-il pas de paraître fade à côté, pauvre en sensations ? Des psy parlent de couples qui tentent d’assouvir leurs fantasmes pour booster leur vie sexuel, mais se retrouvent au final plus vidés, plus mornes qu’avant l’assouvissement. Et le couple est alors fichu. Et allons certains peinent à imaginer une nouvelle relation épanouissante. Ils ont trop bu le calice du plaisir. Il ne leur fait plus aucun effet.

    Autrement dit peut-on garder une modération, un contrôle, sans trop de souffrance. Je tend à penser que c’est possible et que ceux qui sont rongés par l’assouvissement de leurs fantasmes, ne font que ça, ne vivent plus d’autres plaisir à côté, sont ceux qui les assouvissent systématiquement, pour remédier au moindre maux, ennui, peine, tristesse. Chez eux, il n’y a plus de méthode, le plaisir est le remède constant au mal être. Et il n’y a de plaisir valable qu’intense, les petits plaisirs sont proscrits.

    Alors, Anashka, j’attends avec hâte ton avis. J’imagine que sans donner de détails intimes, tu peux nous dire s’il est possible pour toi de maintenir un équilibre en assouvissant ses fantasmes freudiens. Peut-on être assez raisonnables pour ça ?

    • Demandons nous plutôt si il est bon pour quiconque d’assouvir un fantasme, quel qu’il soit, moche, sale, beau, morale ou pas.
      Remplace fantasme sexuel, par fantasme professionnel. :) La question, fait partie des sujets de bac de philo, à peu de choses près. Pour moi, oui. Pour d’autres, non. Mais, je trouverais dommage de ne pas s’explorer.

      Je pense que la principale nuance est entre « jouer à » et « réaliser ». On ne réalise pas un fantasme « Freudien », on « joue à ». (L’exemple du fantasme de viol est bon dans ce cas-là).

      Des psy parlent de couples qui tentent d’assouvir leurs fantasmes pour booster leur vie sexuel, mais se retrouvent au final plus vidés, plus mornes qu’avant l’assouvissement

      Parlent-ils des libertins, des SM qui s’épanouissent dans leur sexualité ? La psychologie peut parfois être normative (d’ailleurs la psychiatre est la police du normal pour moi). Ce que j’essaie de dire, c’est qu’il n’y a pas deux sexualités : réaliser ou non ses fantasmes. Il y a des cheminements sexuels différents. Tu cherches uniquement une excitation adrénaline, c’est comme la drogue, il faudra monter la dose. D’autres choses peuvent se chercher dans le fantasme :)

      Fantasme Freudien : on « joue à », ce n’est pas le fantasme en lui-même qu’on réalise (il est possible que les plus ancrés soient de l’inceste et castration, de manière assez universelle…). Mais, tous les fantasmes-enfants de ces fantasmes Freudiens (d’où l’importance de la création). Merci de m’aider à mettre le doigt sur la nuance sur laquelle je tâtonne depuis un moment.

      Mais, si on considère la sexualité comme une dynamique à construire plutôt que comme un acte sur lequel s’accole des fantasmes parfois, presque toutes les parties de jambes en l’air deviennent de la résolution de fantasme (non-Freudiens) ^^

      • « Jouer à »
        Tu as raison de nuancer. C’est vrai qu’au fond, un fantasme est irréalisable. Donc on joue.

        Mais, si réaliser un fantasme n’est peut-être pas dangereux, c’est même peut-être une expérience enrichissante pour s’ouvrir et porter sur soi un regard moins normé.

        Mais cette entreprise, pour beaucoup de personnes, est quand même dangereuse.

        L’expérimentation n’est pas à prendre à la légère. Dans nos fantasmes, il y a aussi apparemment des choses qu’on a occultées pour pouvoir prendre une direction et nous construire : se conformer à un type de sexualité, à un genre, par exemple.
        Commencer à les assouvir, c’est commencé à changer le regard sur soi et, pour certains, qui les prennent un peu trop au sérieux, carrément vouloir changer de vie, ou de peau.

        D’où l’intérêt de ne pas prendre un fantasme au sérieux : on joue. Mais est-ce possible, le fantasme n’existe pas pour nous amuser, il a une signification très sérieuse pour nous. S’amuser avec c’est aussi se confronter à une entreprise très sérieuse de déconstruction, transformation de son image.

        Moi, perso, avant d’essayer quoi que ce soit avec le mien, avant peut-être de jouer, pour l’instant, je suis décidé à d’abord apprendre à vivre avec sans m’en inquiéter et accepter de penser autrement tout ce qu’implique le fait de l’accepter et de ne pas le voir comme quelque chose d’anormal. Ce qui ne se fait pas en un jour.

        • Mais est-ce possible, le fantasme n’existe pas pour nous amuser, il a une signification très sérieuse pour nous. S’amuser avec c’est aussi se confronter à une entreprise très sérieuse de déconstruction, transformation de son image

          Tu mets le doigt sur toute la complexité du truc : oui, aller vers ses fantasmes, c’est « sérieux ». On se met à nu, il y a un travail de déconstruction de soi (combien découvre une bisexualité quand ils s’ouvrent au libertinage ?). En cela, ils demandent un respect mutuel profond. (Dans une dispute, je me fais un point d’honneur à ne jamais attaquer sur la sexualité ou la famille).

          Mais, cette interrogation de soi, à mon sens, peut prendre la forme d’un « jeu ». Des guillemets son nécessaires, parce que les « jeux » sérieux existent et que ça en est un. Regarde le sérieux du Poker ou des Jeux Olympiques. Regarde leurs enjeux.

          Moi, perso, avant d’essayer quoi que ce soit avec le mien, avant peut-être de jouer, pour l’instant, je suis décidé à d’abord apprendre à vivre avec sans m’en inquiéter et accepter de penser autrement tout ce qu’implique le fait de l’accepter et de ne pas le voir comme quelque chose d’anormal. Ce qui ne se fait pas en un jour.

          Ça ne me parait pas bête comme démarche :)

  4. Article intéressant encore une fois ;)

    De mon point de vu (dernière fois que je le précise, c’est sous entendu de toute façon), un fantasme peut se réaliser (et pimente le couple) s’il est amené avec douceur, par la discussion. Mais je crois qu’il est quand même préférable de bien se découvrir « normalement » avant. Il y a de quoi faire avec le « classique » avant de s’y aventurer.
    Bon après, il y a fantasme et fantasme. Je ne vois pas trop ce que tu entends par « fantasme freudien » mais j’imagine des trucs caca (sans jeu de mot… ou peut être finalement) et effectivement c’est pas pour tout le monde (je ne juge pas).
    Mais disons, que la vrai question est de définir le fantasme « magazine » de celui vraiment osé…
    Que ce soit menottes, glaçon/glace (et toute nourriture : bonbons mentholés, nutella, etc..) ou lieux exotiques, cela reste pour moi du domaine réalisable (et gentil) pimentant la relation sans trop mener d’interrogation au sein du couple.
    Car le frein au fantasme est la réaction du partenaire. Et c’est pour cela que bien se connaître permet de savoir ce qu’il est possible de réaliser (et de discuter).

    Lorsque le fantasme entre dans un domaine plus exotique (BDSM peut être… toujours définir les limites), on s’expose de tout son être et le risque de choquer l’autre de manière profonde existe forcément.

    Je crois que le secret est là. Connaître la personne et savoir ou sont les limites acceptables. Et ensuite, chercher juste au dessus de celle ci pour stimuler/provoquer l’excitation)…

    Donc clairement oui pour les fantasmes! Tant que le respect/attente de l’autre est pris en considération (et sécurité).

    La question que je me pose est : Doit on réaliser un fantasme par amour?

    Encore merci!

    • Je ne parle pas du fantasme magazine. Il rentre dans pimenter, dans quelque chose d’artificiel, à mon sens. (Sauf s’il s’inscrit tout de même dans un fantasme individuel important).

      Car le frein au fantasme est la réaction du partenaire.
      Le dialogue est important. La douceur du dialogue aussi. Mais, je pense qu’avec une bonne communication, on peut tout se dire. Est-ce que tu jugerai ton amoureuse si elle te faisait part d’un fantasme auquel tu n’as pas pensé ? Que tu veuille le réaliser ou non.

      s’expose de tout son être
      C’est ce que j’invite à faire : se mettre à nu. Bien sûr, je n’insisterai jamais assez sur le dialogue, le pas à pas, la préparation, se sentir prêt, la posture réciproque de non-jugement et de bienveillance… Mieux vaut aller trop lentement que trop vite.


      Doit on réaliser un fantasme par amour?

      Par amour, on peut tenter de se l’approprier. On peut tenter de réellement réfléchir aux fantasmes proches, à nos points communs. On peut l’écouter. On peut ouvrir un dialogue décomplexée. Mais on ne « DOIT » rien. :)

  5. Bon, il n’y a plus qu’à attendre la suite maintenant ! :)

    Sur la forme, je vais faire mon rabat-joie, mais je trouve les GIF animés nuisibles à mon confort de lecture. Et 3 pour un seul article, ça fait beaucoup.

  6. « Nous pouvons la voir comme un acte d’amour, mais aussi comme un domaine de compétences (sportives, créatives, techniques, artistiques, psychologiques) à part entière. Comme c’est l’une des activités récurrentes de notre vie, ça vaut le coup de l’explorer. »

    Anashka, connais-tu cette vidéo d’une sexologue ? Je suis sûre que ça te parle ! Le sexe comme jam session : https://www.youtube.com/watch?v=bgd3m-x46JU

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