Que peut-on Accepter par Amour ?

Par 12 Jan 2016 6 Commentaires

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« Il me fait beaucoup de mal, mais je l’aime alors je ne veux pas le quitter ». Tel est le témoignage de nombreuses femmes que j’ai l’occasion de rencontrer. Mésententes sur les enfants, l’avenir, la communication, la sexualité ou simplement les aléas du quotidien… Comment savoir s’il faut faire des compromis ou au contraire, tenir tête sur des points qui nous paraissent fondamentaux ?

À l’inverse de ce que disait la Bible, non, l’amour n’excuse, ne croit, n’espère et ne supporte pas tout.

Pour un amour sain et qui pardonne à bon escient, voici mes conseils.

 

L’acceptation d’une situation qui ne nous convient pas, le deuil d’une relation idéalisée, le sacrifice de soi n’est généralement pas un choix.

La relation des premiers mois et années n’a pas laissé paraître les points de convergences et vient le jour où tout éclate. On découvre l’autre sous un autre angle, étranger de tout ce que l’on avait pu voir par le passé.

Ces points ne nous conviennent pas, mais nous n’avons pas envie de mettre un terme à toute la relation construite. Le contexte n’est souvent pas non plus le même qu’au début et les enjeux sont plus sérieux : enfants, mariage, lieu de vie commun. La stabilité et la protection sont alors privilégiées face à notre réel bien-être dans le couple.

Généralement, nous sommes amenés à accepter à contrecœur lorsque :

  • L’investissement dans le couple a été trop important rapidement (mariage, aménagement en couple, naissance d’un enfant). Nous n’avons pas eu le temps de découvrir notre partenaire sous toutes ses coutures et les divergences éclatent une fois le retour en arrière plus difficile.
  • La solitude et la perte de nos habitudes nous font peur. Le quitter, c’est parfois recommencer à zéro et passer par une phase de galères et d’incertitudes. Alors on reste et on accepte.
  • On a l’impression qu’il n’y a pas d’autres choix. Si je le quitte, trouverai-je quelqu’un d’autre ?

Savoir quand accepter…

Nous pouvons commencer à aimer sainement à partir du moment où nous avons compris que le compagnon idéal n’existe pas. Aucun homme ne remplira complètement la liste des qualités que nous attendons en amour, au même titre que votre concubin aura certainement des défauts que vous jugiez jusqu’à présent rédhibitoires.

En nous détachant de ces exigences irréalisables, nous acceptons de composer avec les imperfections de notre homme, mais aussi les nôtres. Nous ne le voyons alors plus comme un sacrifice, mais une façon de fortifier le couple.

Vous pouvez demander à votre homme de changer certaines choses, mais la question est : ce changement est-il pour vous ou pour le couple ?

Mieux vaut éviter d’essayer de façonner son compagnon selon notre idéal. S’il accepte au début, à terme, cela finira par le lasser. Trop de reproches et d’exigences, des changements où il ne se reconnaît pas = mauvais plan.

Une phrase du psychiatre et psychothérapeute Jacques-Antoine Malarewicz relate un point très pertinent à ce propos : « La condition de l’amour véritable est de lutter contre l’orientation narcissique qui nous pousse à percevoir l’autre à travers nos propres désirs et nos craintes ».

En d’autres termes, nous n’aimons vraiment que lorsque nos intentions et nos actes envers l’autre ne sont plus dédiés à notre bien-être, mais à celui de l’autre en priorité.

Lorsque nous arrivons à ce stade, le pardon et l’empathie sont d’autant plus faciles.

Savoir accepter les différences et les défauts de l’autre pour le bien-être du couple, cela peut être :

  • Accepter qu’il ne fonctionne pas toujours comme nous. Ex. : Il n’a pas la même organisation du ménage que vous. Pour l’un, c’est tous les jours un peu de ménage, pour l’autre, c’est le grand ménage de printemps à la fin du mois.
  • Accepter qu’il n’ait pas forcément les mêmes goûts. Ex. : Vous ne comprenez pas pourquoi il a cette passion du jeu-vidéos/du foot/des lamas de Tanzanie
  • Accepter qu’il n’ait pas les mêmes besoins. Ex. : Il a besoin de voir ces potes alors que vous, êtes plus solitaire.
  • Accepter que parfois, lui aussi est fatigué ou maladroit. Ex. : Après une journée difficile, vous aviez besoin de vous confier et pourtant, il s’est endormi.

Cependant, il n’est pas bon de TOUT accepter.

…Et ne pas accepter.

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Si dans le paragraphe précédent, j’encourage à mettre son égo et certains de ses désirs de côtés, il ne faut pas sacrifier tous ses projets, choix de vie fondamentaux.

  • Si vos visions de la vie sont diamétralement opposées (vous voulez un enfant, pas lui/vous êtes casanière, il veut faire le tour du monde/vous voulez une relation libre, il n’accepte que la monogamie, etc.), il faut se rendre à l’évidence : l’un de vous sera malheureux.
  • Si vos visions de l’amour sont différentes (l’un voit l’amour comme de la passion, l’autre comme de la grande affection, plus platonique), les besoins des deux seront trop incohérents pour que cela fonctionne.
  • Si les efforts et les compromis sont vraiment déséquilibrés, ne vous fatiguez plus à essayer de tout arranger à chaque fois. Sur le long terme, vous ne tiendrez pas.
  • Pire, s’il ne vous respecte pas ou vous maltraite, fuyez ! Personne ne mérite cela.

Définissez une liste (dans votre tête ou sur papier) des points que vous attendez nécessairement de votre conjoint. Des points sur lesquels vous ne voulez pas passer outre.

Par exemple, pour moi ce serait : la complicité, la communication, la fidélité et l’égalité.

Si certains accepteraient un homme qui ne montre que très peu de signes d’affection dans la vie quotidienne, dans mon cas, je sais d’avance que je ne pourrai pas l’accepter. Sur le long terme, j’en souffrirai trop. Je ne me lance donc pas dans des relations sérieuses avec des hommes pas tactiles et démonstratifs.

Cette liste peut bien évidemment être amenée à changer, évoluer selon nos expériences de vie.

Est-ce que votre liste correspond avec celle de votre concubin ? Est-elle en accord avec votre relation actuelle ?

Parfois, nous pensons connaître parfaitement notre moitié ainsi que ses désirs fondamentaux et projets… à tort. Pour reciter le psychiatre Malarewicz (il est vraiment bon !), « Il n’y a rien de pire que d’être persuadé de connaître l’autre. Ce postulat nous empêche de le voir évoluer et rompt le fil de la communication ».

Si vous êtes amené à vivre une relation longue, vous constaterez vite que l’homme avec qui vous sortez aujourd’hui n’est surement plus du tout le même que celui pour qui vous êtes tombée amoureuse.

Les gens évoluent avec le temps, leurs désirs et traits de caractère aussi (et heureusement !). Peut-être a-t-il changé et vous aussi, et vos nouvelles envies/besoin ne sont plus compatibles ?

Il est donc nécessaire de communiquer régulièrement avec l’autre pour vérifier que vous êtes bien dans la même longueur d’onde. (Je le rabâcherai toujours : la communication, c’est la clef. À condition de bien communiquer).

L’heure du bilan

À vous maintenant de trancher.

Trouvez-vous vraiment cela acceptable ? Est-ce un problème fondamental où vous sacrifiez vos rêves et désirs les plus importants ?

Si vous êtes prêtes à accepter de gros problèmes dans votre couple dans l’espoir qu’il change un jour, c’est dangereux. Fixez-vous une limite d’attente (s’il ne change pas dans x années, je n’accepte plus !), sinon vous pourriez bien attendre éternellement.

Si vous hésitez à accepter ses petites manies et ses traits de caractère qui vous agacent, discutez-en avec lui et/ou soyez indulgentes. Encore une fois, l’homme idéal n’existe pas.

 

Quelles sont les choses qui vous agacent chez votre moitié ? Dites-nous tout en commentaires !

Christelle, qui tente d’accepter les hommes trop poilus !

Pour me suivre sur Twitter, @PugaChristelle

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Commentaires (6)
  • Gingivite | 30 janvier 2016

    Quel superbe article qui m’a donné très envie de deecouvrir l’oeuvre de monsieur Malarewicz !

    Je nage en plein dans ce genre de problématiques en ce moment, et j’avoue que le manque de recul sur ma situation actuelle ne me permet pas d’apprécier cet écrti dans toute sa forme je pense. C’est une vraie quête intérieure que de poursuivre l’acceptation de l’autre, et je pense que fondamentalement elle passe par l’acceptation de soi-même.

    Évidemment, il ne veut pas dire qu’il faut nécessairement faire l’impasse sur ces principes et croyances, mais il est bien plus facile de mettre les choses en perspectives avec son conjoint lorsque que tout est en place dans son propre système je pense.

    Je traverse actuellement une impasse de ce genre, et cela fait maintenant quelques jours qu’avec mon conjoint nous n’avons pas communiqué du tout. À vrai dire, je cherchais des réponses avant d’attérir sur ce billet, et je crois qu’il faut me rendre à l’évidence, bien qu’il est bon et judicieux de déterminer des généralités sur les schémas comportementaux de deux personnes amoureuses, l’amélioration et l’évolution des situations dépendent aussi grandement des caractéristiques des deux personnalités, leurs parcours, leurs ancrages et leur engagement.

    Si seulement il était aussi simple d’aimer et d’accepter!

    • Christelle | 1 février 2016

      Merci beaucoup pour ce commentaire. J’espère que malgré la difficulté de ta situation, il a pu te donner quelques clefs de réponses.
      Je suis d’accord avec toi sur le fait que chaque situation est unique et dépend des caractéristiques des deux personnes. Personne n’est apte à réellement juger un couple et/ou lui dicter ce qu’il est bon de faire. Seuls les deux principaux concernés savent ce qu’ils vivent exactement et peuvent prendre les bonnes décisions. Nous autres, avis extérieurs, sommes juste là pour proposer des chemins à suivre et/ou offrir notre œil extérieure et impartial sur la situation.
      Je suis en tout cas de toute cœur avec toi dans ta quête de l’acceptation de soi, mais aussi de l’autre.

  • sophia | 31 janvier 2016

    je vis une relation longue distance depuis 10 mois …500 kms nous séparent ce qui pour moi n est pas un problème…quand on se voit on passe de bons moments à deux ou en famille avec ses parents (car ils est très proche de ses parents )

    Mon ami est gentil et attentionné mais il a du mal à communiquer, il a pas d’amis et vit à la campagne à l écart de tout..lorsque je vais le voir je suis dans sa vie, je m’adapte….et parfois je m’ennuie
    Il sort peu ou pas du tout, il est plutôt casanier et routinier …moi je suis à l opposé ,j’aime sortir, j’ai beaucoup d’amies et j’adore parler

    Ce qui me dérange c est que c’est toujours moi qui se déplace pour le voir…jamais il ne propose de venir chez moi..je connais maintenant toute sa famille , ses enfants, sa vie, ses manies…mais lui ne connait ni mon fils ,n est jamais venu chez moi….que faire dans ce cas? je commence à me poser les questions sur l’avenir
    J’ai besoin de vos conseils

    • Christelle | 1 février 2016

      Est-ce que tu as essayé de lui en parler ? Lui formuler clairement ton besoin qu’il découvre ta famille, ton chez toi ? Explique lui pourquoi c’est important pour toi. Et si cela lui fait peur de « casser sa routine » en partant te voir chez toi, rassures-le en lui expliquant que tu es là. En tout cas, s’il n’accepte pas, la relation me paraît compromise. Cela voudrait dire qu’il n’est pas prêt à faire d’effort pour toi ou qu’au final, il n’est pas si accroché que ça et n’a pas spécialement envie de te découvrir plus.

      Concernant son côté routinier, solitaire, il faut voir si c’est un choix ou s’il le subit par « timidité ». Si c’est un choix de vie qu’il n’a pas envie de changer, c’est à toi de peser le pour et le contre pour savoir si tu es prête à accepter le fait que cela ne corresponde pas forcément à ton style de vie.

  • Baudhuin Claudine | 15 novembre 2016

    J’ai lu ce message avec beaucoup d’espoirs d’y trouver une réponse à mon problème: j’ai un ami (nous ne vivons pas ensemble, nous nous voyons au mieux une fois par semaine) qui est trop indépendant à mon goût.
    Il part quelques jours, ici ou là, sans me le dire . Je le découvre bien sûr à un moment donné.
    Cela me fait très mal et je me demande si je peux accepter cette attitude?
    Je sais qu’il serait d’accord que je fasse la même chose.
    Il m’a dit un jour: Tu as ta vie, j’ai la mienne.
    Notre entente sexuelle est excellente mais en fin de compte je me demande si ce n’est pas cela qui le retient à moi et vice versa.
    Je souffre de ne pas former avec lui un « couple » uni par toutes sortes de points communs.
    Il se montre très gentil, par moments, serviable mais pas attentionné.
    Il n’a aucun geste tendre même quand nous ne sommes que deux, à part dans la relation physique.
    Nous sommes partis en vacances, une semaine et là aussi, il m’a laissée pour aller se balader seul pendant une heure ou deux .
    J’envisage sérieusement de mettre fin à cette relation.
    J’ai souffert deux fois avant lui, d’hommes qui m’ont manqué de respect et je ressens de nouveau le sentiment de me faire « bouffer » par l’autre qui mène sa vie sans se préoccuper de mes envies.
    Est-ce que je vois les choses en noir ou de façon lucide et réaliste?
    Je serais contente d’y voir plus clair avec l’avis d’une tierce personne.
    Merci d’avance pour votre réponse!

    • Nina | 12 février 2017

      Bonjour Claudine,

      Comment vas-tu ? Comment a évolué cette histoire ? Tiens-moi au courant.

      Nina

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