Vaincre sa Timidité en faisant « Semblant »

Par 13 Nov 2015 8 Commentaires

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Adolescente, j’étais complètement tétanisée à l’idée de me retrouver seule avec un garçon. Peur de ne pas savoir quoi dire ou de ne pas être à la hauteur, peur de laisser transparaître mon anxiété. Bref, je m’arrachais les cheveux avant même la rencontre.

Je ne comprenais vraiment pas comment mes amies, à l’inverse, se lançaient sans états-d’âmes. Ceci jusqu’à ce que je réalise qu’elles avaient aussi peur que moi et que l’une d’entre elles me dévoile son astuce.

La peur du face à face

Face à un groupe de personnes, il est généralement plus facile pour un timide de se fondre dans la masse. On se dit, « quelqu’un d’autre parlera de toute façon, je n’ai pas la nécessité de prendre la parole. Je peux simplement me contenter de réagir à la discussion. » Mais lorsque les copines partent pour X raisons de la pièce et nous laissent en tête-à-tête imprévu avec Jean-Pierre, le mec dont vous n’arrivez même pas à fixer les yeux plus de 10 secondes, l’alarme interne s’active : « Trouve-moi un sujet de conversation, et vite ! La machine à café est tombée en panne ce midi… Attends, non, je peux pas dire ça ? »

Bref, c’est la catastrophe. Si certains sont très forts lorsqu’il faut parler pour parler, ce n’est pas évident pour tous. On doit alors occuper l’entièreté de l’espace que l’on avait soigneusement laissé aux autres, et éviter les fameux blancs gênants.

Plus jeune, je redoutais complètement ces têtes-à-têtes. Je me torturais l’esprit pour savoir comment faire pour que Jean-Pierre ne s’ennuie pas avec moi, ou ne soit déçu en découvrant qui j’étais réellement. Un gros stress ! À tel point que je souffrais même d’éreutophobie (ou dans un vocabulaire plus compréhensible, la peur de rougir, -sinon tout va bien dans ma vie-).

Et puis il y avait celles pour qui tout semblait simple. Une de mes amies avait passé une nuit avec une conquête, et je lui demandais si elle ne ressentait pas de gêne lorsqu’elle se retrouvait avec lui. Elle m’a répondu une chose très simple et qui pourtant, m’est apparue comme une révélation. « Avant, moi aussi j’étais timide. Mais à chaque fois que j’étais avec un mec, je faisais tout pour le cacher. Je prétendais ne pas l’être et puis à force, j’ai finis par réaliser que je n’étais même plus gênée ».

« Fake it ’til you become it »

La timidité n’est pas un trait de notre personnalité profonde mais plutôt un trait de caractère que l’on développe en fonction de notre environnement, parcours de vie et entourage. Un trait de caractère qui va et vient de manière plus ou moins durable selon ce que l’on vit. C’est donc une chose que l’on peut travailler et contrôler.

Il y a plusieurs jours, je regardais une conférence TED sur le body language, ou en français, le langage corporel. Amy Cuddy, une psychologue américaine spécialiste du sujet, raconte qu’après un grave accident de voiture à l’âge de 19 ans, son QI a chuté de trente points. Virée de son université et en complète perte d’identité, elle avait finit à force de travail acharné par avoir son diplôme et devenir professeur à l’université de Princetown. Mais un sentiment d’imposture l’envahissait en permanence : elle ne se sentait pas légitime dans le poste qu’elle occupait.
Comment a-t-elle surpassé ce ressenti  ? En donnant l’illusion. L’illusion qu’elle avait autant de mérite que les autres d’être là, jusqu’à en être intimement convaincue.

Elle conclut ce TED par une phrase à méditer, « Ne faites pas semblant jusqu’à ce que vous le fassiez, faites semblant jusqu’à ce que vous le deveniez ».

 


TED talks, body language shapes who you are, en entier

 

 


Pourquoi ça marche ?

J’ai toujours été de ceux qui pensent que tout n’est qu’état-d’esprit. Il suffit de se lever du mauvais pied le matin, -on pensait qu’il restait un de nos biscuits préférés dans la boîte alors que non, on avait juste oublié de jeter l’emballage- pour que la journée se transforme en une ribambelle de fiascos. Et on jette la culpabilité sur le manque de chance, « c’est vraiment pas ma journée aujourd’hui », alors qu’en étant un peu moins grincheux, on aurait peut-être pas vécu la journée de la même manière. Et inversement.

Dans son livre controversé Secret, Rhonda Byrne expose également l’idée de cercle vicieux et cercle vertueux. Elle explique que lorsqu’une personne ne se sent pas bien, elle ne cesse de parler de ce qui lui fait mal, donc d’y penser. Ce qui n’amène pas un bon état d’esprit. Il faut se focaliser au contraire sur le bon côté des choses et se le répéter mentalement, jusqu’à se convaincre d’aller bien.

Faites un petit test. Passez une journée avec une personne déprimée puis une avec une personne débordant d’énergie. Voyez-vous l’impact que cela a pu avoir sur vous ?

L’astuce de faire semblant fonctionne sur la même logique. Il vous oblige à vous dépasser, à vous faire violence et à vous mettre dans le bon état d’esprit.

Mais ça, c’est la théorie. Dans quels contextes pouvez-vous utiliser cette technique ?

  • Il est enfin seul. C’est LE moment de lui parler mais vous n’osez pas. L’important n’est pas le fond de ce que vous allez dire mais simplement le fait d’engendrer une conversation. Plus vous donnez l’illusion d’être à l’aise, plus vous pouvez vous permettre de dire des futilités.
    Pour donner cette illusion, n’oubliez pas de penser à votre posture : pas de bras croisés ou de dos courbé, sans oublier d’éviter de parler trop doucement (assumez de prendre la parole!)
  • Vous avez passé les premières étapes et vous êtes intimidée à l’idée de passer une nuit avec lui. Dites-vous qu’une femme qui a confiance en elle est beaucoup plus attirante qu’une femme trop dans la réserve. Répétez-vous ceci dans les moments de doutes, et semblez à l’aise.

→ Cette technique peut s’appliquer dans n’importe quelle situation et ne se limite pas à la séduction. Entretien d’embauche, intégration dans un nouvel environnement, exercez-vous !

Attention toutefois à l’imposture

Si parfois faire semblant nous amène à devenir quelqu’un de meilleur, de plus confiant, attention tout de même à ne pas se perdre dans le jeu des faux-semblants. Le but n’est pas d’essayer de devenir une complète autre personne, à l’opposé de nos convictions. Mais plutôt de devenir la personne que nous n’avons jamais réussi à être à trop se brider.

Les masques tombent généralement vite lorsque nous jouons un personnage à nos antipodes. A chaque fois que je changeais de villes lors de déménagements, j’en profitais pour tenter de me décoller des étiquettes et refaçonner à mon goût l’image que je reflétais : devenir la grande gueule, être la bonne copine de tout le monde ou finalement la fille discrète et mystérieuse. Rien n’y faisait, ma véritable personnalité revenait au galop, parce que tout ça n’était vraiment pas moi.
Le risque à trop se travestir : finir par faire des choses ou vous retrouver dans des situations qui ne vous correspondent pas et que vous pourriez regretter.

À vous de trouvez le juste milieu qui vous convient !

Avez-vous déjà tenté d’être « quelqu’un  d’autre » ? Racontez-nous vos expériences en commentaire !

Christelle
Coach et rien que coach

Pour me suivre sur Twitter, @PugaChristelle

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Commentaires (8)
  • Sue | 17 novembre 2015

    Du cuit et recuit.

    Le niveau chute, coach ou pas coach.

    • Philippe | 19 novembre 2015

      Oui, toutes les grandes vérités sont connues depuis longtemps par les plus malins !…

  • Philippe | 19 novembre 2015

    Oui, l’astuce est précieuse et particulièrement efficace lorsqu’on accepte la puissance de son inconscient. En PNL (Programmation Neuro Linguistique) on appelle ça la méthode « comme si… »

    Tout le monde possède un pouvoir incroyable contenu dans son inconscient. On parle parfois des ressources personnelles. Celles-ci sont énormes, bien que souvent inconnues.

    « Faire comme si » est une excellente manière d’activer ses ressources. D’autant que l’inconscient est incapable d’imaginer quelque chose qui n’est pas réel pour lui, donc tout ce que vous pouvez désirer être est potentiellement à votre portée.

    Evidemment, ne montez pas l’escalier quatre à quatre. Posez juste le pied sur la marche suivante et « faites comme si… » c’était facile, naturel et amusant.

    Personnellement, c’est à peu près comme ça que je m’y suis pris, intuitivement et bien avant de découvrir cette méthode, pour passer de l’état de timide maladif à une ouverture totale et confiante. C’est un chemin. Et je vous souhaite de le parcourir…

    • briquette | 20 novembre 2015

      mais si on arrive pas à faire « comme si » ?

      • Christelle | 20 novembre 2015

        Il faut le faire à ton rythme. Commencer par de petits pas : avoir une posture affirmée, tenter une première approche simple (comment vas-tu, il fait beau aujourd’hui… C’est bateau mais c’est une façon de lui montrer ton intérêt et que tu as envie de discuter avec lui). Avec le temps, tu pourras tenter des approches plus directes.

        Aucune méthode n’est magique. Il faut que tu réussisses à prendre un peu sur toi. Le plus dur est toujours de se lancer ! Une fois que ça sera fait, tu verras que ce n’était pas si difficile que ça.

    • Christelle | 20 novembre 2015

      Bonjour Philippe,

      C’est exactement cela ! Le pouvoir de l’inconscient est fort à tel point qu’il peut même impacter notre corps (ce qui est d’ailleurs développé dans la vidéo d’Amy Cuddy). D’où le phénomène, par exemple, de femmes qui se persuadent de ne pas être enceinte et de ce fait déclenchent inconsciemment leur règles.

      Ravi de voir que cette méthode a marché pour vous.

      • briquette | 27 novembre 2015

        j’ai vraiment du mal à adhérer à cette pensée magique …

  • cpasmoi | 19 novembre 2015

    Personnellement je trouve que « faire semblant de ne pas être timide » est un contre-sens, mais je ne voudrais pas critiquer les modestes tentatives d’écriture de nouvelles rédactrices… :D

    Je vais donc me contenter d’un simple commentaire, que je pense être pertinent :

    Du côté de l’homme, s’il fait la démarche de faire un pas vers une fille (par exemple aller lui parler, lui envoyer un SMS, lui envoyer une invitation facebook, etc.) et qu’il n’obtient aucune réponse en retour, comment savoir si son interprétation doit-être :

    « C’est une gamine qui fait exprès de ne pas me répondre, qui appelle ça un test, et dont les conclusions de celui-ci sont aussi faussés que ses comportements sont stupides. »

    ou

    « C’est une fille qui a peur que je m’attache à elle, et donc il ne faut pas que j’insiste, il faut que je me force à l’oublier, quelque soit ce que j’éprouve envers elle. »

    ou

    « C’est une fille timide, qui pourrait être intéressée mais qui n’ose rien. »

    Par défaut, je choisie toujours la deuxième interprétation. Parce que je suis très sensibles aux respects des femmes et qu’étant donné qu’on est dans une époque où des femmes passent leur temps à se plaindre d’être harcelée, je pense que l’homme est obligé d’attendre que la femme exprime verbalement un intérêt envers lui pour pouvoir être plus entreprenant envers elle, sans contribuer aux harcèlements (et à ce qui pourrait être interprété comme de la « violence envers les femmes »).

    Mais dans le cas où, dans les fait, ce serait la troisième option. Quelles possibilités y a-t-il pour qu’il y ait un début possible de relation (amoureuse ou amicale) si la femme bloque tout interaction et que l’homme ignore que c’est par timidité ?

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