Comment gérer les incompréhensions dans le couple ?

Par 26 Oct 2014 20 Commentaires

gérer les incompréhensions dans le couple
Ceci est un titre bling-bling.

(A une époque, je reprenais les gros-titres des magazines féminins, parus dans le mois. Je ne le fais plus. Mais si vous en trouvez un vraiment drôle, obsolète ou un qui vous intéresse particulièrement, vous pouvez le partager dans les commentaires.)

Bref, ceci est un titre bling-bling.

Ce dont je veux parler, exactement, c’est de l’incompréhension en elle-même, de ces enjeux, de son action sur nous. C’est parce qu’elle est nous fait quelque chose, parce qu’elle n’est pas neutre, que nous voulons la gérer . Sinon, on laisserait souvent couler.

Je me demande même si, parfois, « se comprendre » n’est pas plus une question d’affect que de praticité (même si c’est, évidemment, pratique).

Dans tous les cas, comprendre l’incompréhension pour elle-même, c’est déjà prendre de la distance avec elle, donc moins en souffrir. Et, le temps de lire l’article, c’est autant de minutes de gagné sans envoyer un texto vachard ou culpabilisateur.

Un article (dense) sur l’incompréhension,
C’est ici,
Enjoy.

L’amour, l’idéal de l’amour, les renoncements

« Le plus dur en amour, c’est de renoncer à l’idéal même de l’amour pour l’autre. »
Anashka, beuverie n°15.

Premier postulat : nous avons tous un idéal d’amour.

Que nous y croyons de toutes nos forces ou faiblement, nous avons TOUS une idée sur « ce que devrait être l’amour ». De là, nous estimons notre idéal comme possible ou non.

b>Imaginons un idéal : une passion sans souffrance.
(Autrement dit, une force constante des sentiments non stimulés par le déséquilibre d’une relation.) « Dès que je le vois, j’ai le cœur qui s’enflamme. A chaque regard, je le trouve beau. A chaque attention, je le désire. Et ce, sans que jamais il ne me blesse »

Notre idéal de l’amour, c’est cette partie kitsch et candide de nous qui attend l’amour, quelle que soit l’attente. Et, même si notre raison n’y accorde que peu de crédit, il existe.

Imaginons un autre idéal : « Je crois à un monde de paix, où il serait possible de vivre en partageant les richesses, où chacun serait à l’écoute des autres et des écosystèmes qui l’entourent. C’est mon idéal. Peut-être pas ce que j’imagine réalisable, mais ce vers quoi je tends. Et ma conduite est influencée par cet idéal. »

Amour, utopie, religion… même combat ! Nous créons un idéal, auquel nous apportons plus ou moins de crédit (et nous tendons plus ou moins efficacement vers lui). Mais il est présent.

Quel est le fondement de l’idéal ?

Une réminiscence de mes années de psycho : Lacan, l’objet @.
(C’est moins compliqué que ça en a l’air.)

Pour Lacan et nombre de psychologues, la mise au monde, c’est quitter un espace d’unité (le ventre) où nous faisons corps avec notre environnement, pour rencontrer le monde réel. Le monde réel est caractérisé par son incapacité à nous offrir un sentiment pérenne de complétude (d’être complet, dans l’harmonie totale que nous avions dans le ventre de môman).

A la naissance, d’ailleurs, nous ne distinguons pas les limites entre l’interne (nous) et l’externe (le reste du monde). Ainsi, le sein nourricier semble être une part de nous qui apparaît quand nous avons faim. Nous ressentons une profonde révolte/panique quand il se fait attendre ; ce qui explique les pleurs et les cris pour sonner le repas. Ce n’est qu’en avançant en âge, que nous comprenons que le sein appartient à un autre, un autre qui en est porteur et qui a sa propre autonomie : la mère. (C’est peut-être ici que naît la genèse des conflits avec notre mère : elle nous a piqué le sein.)

Ainsi, ce qui semblait à nouveau faire complétude (nous et le garde-manger) est séparé par l’autonomie d’autrui (la mère) dont nous sommes dépendants. Fini la fusion ! Fini le sentiment de toute-puissance !

C’est ici, le premier deuil humain. Cette perte du sentiment de fusion nous poursuivra toute notre vie. Nous aurions le sentiment d’avoir « perdu quelque chose ». Et, nous le rechercherons, notamment par l’amour amoureux (ou dans la religion ou dans une passion…). Ce « quelque chose » perdu et recherché, s’appelle l’objet@ chez Lacan.

La recherche de cet objet @ est au centre de la vie humaine
; certains l’appellent « Bonheur », d’autres « Harmonie », d’autres l’attendent plus ou moins explicitement de l’Amour. Dans tous les cas, c’est la recherche de cet objet@ qui stimule tous nos idéaux (amoureux, religieux, philosophiques).

Nous trouvons le monde imparfait, incomplet… C’est qu’il existe une pièce manquante que nous pouvons retrouver.

L’idéal de l’amour, c’est, donc, l’espérance de la retrouvaille d’une pièce manquante qui n’est rien d’autre que le sentiment premier de fusion.

La solitude existentielle et l’amour

Cette recherche de « l’Objet@ » se repère par la solitude existentielle que nous traversons tous. Effectivement, nous naissons seuls, mourrons seuls et, entre les deux sommes, nous souvent seuls dans notre tête (quand bien même nous la peuplons de personnages imaginaires qui se contredisent).

Et, même si j’enfonce des portes ouvertes, il faut souligner que ce n’est pas facile tous les jours. (Confirmeront tous ceux qui ont le « mal du dimanche soir »).

Seul l’amour, dans ses premiers temps, nous distrait de cette solitude existentielle. Une rencontre-passion, peut nous faire croire avoir enfin trouvé un compagnon de voyage, un objet @ conforme à notre besoin de partager le navire, parce que cet inconnu nous semble si proche.

Ou nous l’espérons si fortement qu’il soit enfin cette part manquante. D’ailleurs, les poètes, les musiciens, les écrivains, les cinéastes semblent nous le promettre, attisant notre espoir. Puis, dans d’autres chansons, ils exprimeront les désillusions : l’autre est autre. En cela, l’autre est imparfait.

Effectivement, rapidement en devenant proche, l’autre montre simultanément ses dissimilitudes et donc sa défaillance à nous laisser moins seul. Il est incapable de faire fondre cette solitude et cette incomplétude.

L’imperfection de l’autre

L’autre est imparfait. Et c’est déjà une trahison ! L’autre n’est pas cette pièce manquante !
Et pire, l’autre est incapable de la révéler en nous, puisqu’elle n’existe pas en nous. (Ce serait trop simple et vachement moins marrant.)

Pire encore, l’autre est incapable de révéler chez nous une aptitude à vivre sans cette pièce manquante. Nous allons continuer à la chercher. La quête ne cessera pas. L’objet @ est toujours un objet manquant.

En cela, homme ou femme, l’autre est toujours un salaud.

Le langage commun

On croyait l’amour capable de remplir ce trou. On l’a lu/entendu et espéré si fort !

Et presque ressenti parfois.

Avec l’autre notamment, dans ce que j’ai envie d’appeler (par pur caprice) : « le langage commun ».

Il existe dans les premiers « je t’aime » échangés avec sincérité, dans le premier regard d’un coup de foudre, dans une œillade complice face à une private joke, dans ces discussions sans fin qui finissent au petit matin et dans la beuverie, dans cette partie de jambes qui rime avec osmose, dans cette dispute où l’on étouffe un fou-rire parce-qu’il-faut-rester-sérieux-merde-c’est-une-vraie-dispute-d’aldutes-avec-des-choses-importantes-dedans…

Ce langage commun est créé du souhait de le voir exister la complétude (le fameux objet@), mais aussi de l’observation lente de l’autre, de ce côte-à-côte qui vient avec les mois…Parce qu’on partage du commun, du sentiment, de l’atmosphère, du gout et du regard. On apprend de l’autre, on apprend à voir avec ses yeux, à lui. Et l’autre apprend de nous, il nous connaît.

Le paradoxe du langage commun

Le paradoxe du langage commun c’est que plus nous connaissons l’autre plus nous voyons ses dissemblances avec nous. Autrement dit, plus nous nous saisissons de l’univers de l’autre, plus l’autre devient étranger.

Pire (ça a l’air d’aller de mal en pire, mon projet, mais promis, à la fin, ça s’arrange et on vivra heureux avec beaucoup d’enfants) en nous connaissant, il nous cloisonne ou délivre, selon ce qu’il porte dans son regard sur nous.

    • Si le regard est positif, réconfortant, accueillant, nous pourrons nous sentir délivré par l’autre.
    • Si le regard est négatif, jaloux, inquiet, nous pourront nous sentir étouffer par l’autre

.

Le regard de l’autre lui appartient, certes, mais nous l’avons quotidiennement en face et il fait office de miroir. Les méconnaissances que porte l’autre sur nous, nous apparaissent comme un manque d’écoute, comme la défaillance de l’autre à se saisir de nous, tel qu’on aimerait qu’il le fasse.

C’est au cœur du paradoxe du langage commun que se loge l’incompréhension.

La douleur de l’incompréhension

Rien n’est plus douloureux qu’une incompréhension, de ne pouvoir être compris en l’autre, par l’autre, dans un geste tendre qui nous ramènerait à lui. Être com-pris, être pris-contre lui. Et, non à contresens.

Et pire ! Nous ne pouvons pas toujours comprendre l’autre. Parfois il nous échappe. Il s’enfuit du langage commun (partagé), et le trou béant du manque s’écartèle, il nous trahit ! Il nous trompe ! Il a menti sur sa promesse à tenir son engagement, d’être là, de nous ouvrir le dialogue particulier au couple. Nous sommes seules.

Le sentiment de trahison dans l’infidélité vient de là, me semble-t-il, de ce moment où l’autre s’échappe de notre regard, ne veut plus être sous son joug. Il mène une vie propre avec des désirs qui ni nous appartiennent, ni sont dirigés vers nous.

La question de l’incompréhension : pourquoi m’aimes-tu ?

Est-ce que tu m’aimes parce que tu planes dans l’illusion de la complétude ( dans une passion primaire et trompeuse, ta quête de l’objet@) ou m’aimes-tu pour moi, moi et mon incomplétude (et mon incapacité à être ton objet perdu, ton fantasme d’harmonie ) ?

Et à nous de nous demander : puis-je accepter cette différence de l’autre ? A quel point puis-je accepter cette incapacité de compréhension mutuelle ? A quel point puis-je accepter la différence de l’autre avec l’objet @ ? Autrement dit, qu’elles sont mes limites dans la désillusion ?

D’autant plus que c’est le sentiment d’approcher l’objet @ qui nous offre le florilège des émotions à fleur de peau. L’acceptation de l’autre, c’est peut-être le choix d’une confiance plus profonde mais oh combien moins sensuel !

Et certain-e-s attendront encore de l’amour, cet objet @. On se cocufiera, on se quittera, on se passionnera, on se disputera pour chercher à faire coller l’autre à cet idéal, à cet objet perdu d’harmonie que l’on espère tant.

« Le plus dur en amour, c’est de renoncer à l’idéal même de l’amour pour l’autre. »
Anashka, beuverie n°15 (oui, je me cite à nouveau. Bientôt, je parlerais de moi à la troisième personne.)

CONSEIL : Cherchons. Et, choisissons un jour de poser nos valises, de s’arrêter sur une personne, un temps, pour le moins. Parce qu’il y a moyen de faire route ensemble pour chercher chacun son objet@ ailleurs, dans d’autres idéaux (paix dans le monde, transmission des savoirs, lutte contre l’injustice, victoire mondiale mais pacifique des hippies sur le monde capitaliste, éclosions des tomates cerises de la jardinière…).

Comment gérer les incompréhensions ?

  1. En comprenant les enjeux de l’incompréhension.
  2. En choisissant réellement si l’on accepte les dissemblances de l’autre (le choix sera nécessairement souvent remis sur le tapis, à chaque crise… C’est normal. On a le droit de se poser des questions et de revenir sur ce type de décision, puisque c’est un choix)
  3. Et, après en s’expliquant avec de la communication non-violente, les pourquoi du comment. (A chaque incompréhension et chaque couple, sa méthode et son explication.)


Et vous, que pensez-vous des enjeux de l’incompréhension ? Comment les comprenez-vous ?


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Commentaires (20)
  • Pauline | 26 octobre 2014

    Il y a des articles, rares, qui nous remettent en question, qui nous font réfléchir sur nous mêmes, sur notre vision de la vie, sur ce qu’on en attend, des articles qui nous enrichissent, mettent des mots là où on n’avait que des vapeurs d’idées..
    Et bien celui-ci en fait partie.
    Alors merci bcp Anashka =)

  • angie | 27 octobre 2014

    Je vis en ce moment une parfaite incompréhension, enfin au fond de moi ce n’en ai pas vraiment une, et ton article m’a confirmé tout cela.
    Pour faire bref, un garçon me courrait aprés et je joué la distante, sauf que (cf ton précedent article) un beau jour ou j’ai un moins de nouvelles, ou il se lassait surement de me courir après, j’ai cédé au piége du sms ou je me dévoilais sur mes sentiments naissants, du jour au lendemain, fuite du garçon.. j’ai joué avec le feu et je me suis brulée. J’ai été distante avec ce garçon car je cherchais mon idéal auquel il ne correspondait pas, j’ai compris trop tard qu’il aurait pu être celui pour qui j’accepterai les dissemblances dont tu parles, et avec qui ce serait quand même sympa de faire un bout de chemin. J’aurai tellement aimé lire ton article avant de l’avoir rencontré, mais ça servira pour le(s) prochain(s) sans aucun doute.

  • Ellenwe | 27 octobre 2014

    Merci Anashka, cet article est vraiment très bien écrit :) Il s’adresse à moi!

  • Mélie | 27 octobre 2014

    Encore une fois un article qui tombe à pic ! Depuis 3 mois avec mon chéri, qui me dit qu’il m’aime, m’appelle « mon amoureuse », moi je me sens perdue, je ne sais pas où j’en suis, parce que certains petits détails chez lui me déplaisent, ou des moments qu’on a vécu ont pu me déplaire… Suis-je amoureuse de son amour pour moi, suis-je amoureuse de lui ? Ou ne le suis-je pas ?
    Je prends ton article, et je vais laisser le temps au temps, tout simplement, et profiter du bien qu’il me fait et que l’on se fait tous les deux… qu’on fasse notre bout de chemin.
    Je me joins aux remerciements précédents pour cet article !

  • Lyzette | 27 octobre 2014

    C’est marrant. Je ne viens pas souvent sur SUH, mais chaque fois que je reviens, je tombe pile poil sur THE réflexion du moment. J’ai rencontré un chouette gars il y a plus d’un mois avec qui les choses démarrent très doucement. Néanmoins, ça continue. J’avais, jusqu’à maintenant plutôt l’habitude des relations montagnes russes en fusion, et là, c’est plutôt calme et posé, la relation est sous le signe de la patience et on se découvre à petite goutte… Tout ça m’amène à me demander :
    – si c’est parce qu’il n’y a pas de réel sentiment amoureux / Mais en parallèle, il y a bien un truc qui fait qu’on a envie de se voir…
    – si c’est parce que j’ai 30 ans maintenant et que j’aspire à des relations plus « adultes »
    – si c’est parce que je suis préoccupée par d’autres trucs dans ma vie (en plein carrefour)
    – ou si c’est parce qu’avec lui, ben c’est tout simplement de cette manière-là.
    Ton article vient ajouter des questionnements supplémentaires, toujours sans réponse (merci de rallonger pour ma liste :-) Et finalement je comprends qu’il y a des réponses qu’on ne peut avoir qu’en laissant le temps au temps…

  • Gaylord | 2 novembre 2014

    Je me trompe où cet article est nourri par une pointe d’amertume ? Un peu de mélancolie ?

    En tout cas il parle de l’essentiel : comment croire au couple, à l’amour, sans idéaliser le couple et l’amour. Alors que, sans idéalisation, l’amour n’est pas possible. Il faut être idéaliste mais ne pas idéaliser l’amour lui-même. On est mal barré.

    Il n’est pas évident de faire la part des choses aujourd’hui. Notre société a fait du couple le dernier refuge dans lequel nous cherchons une complétude, un réconfort, une fusion, rien que ça.
    L’intérêt d’être en couple ce n’est plus d’abord de fonder une famille, partager des contraintes matérielles ou économiques, c’est de se compléter émotionnellement, intellectuellement, et sexuellement. C’est rechercher l’alchimie des rapports humains, dans un monde ou pourtant, paradoxe ultime, nos individualités n’ont jamais été aussi fortes, parce que jamais la conscience singulière que nous avons de nous-même n’a été aussi forte historiquement.

    Personnellement, je trouve ces difficultés terrifiantes. Déjà seul, pour être heureux il faut faire un énorme travail de deuil, mais il faut en faire un deuxième, dans le cadre de la rencontre amoureuse, et ça aussi c’est très dur. Sans compter que le premier deuil est évidemment un préalable, la condition de la possibilité du deuxième.

    Nous sommes livrés à nous-mêmes pour construire nos relations amoureuses, l’autorité de la société, les mœurs, n’ont plus leur mot à dire. Le succès du couple dépend de notre maturité, de notre autonomie affective. Mais ces aptitudes s’acquièrent dans la solitude. Il faut la vivre et plonger dedans pour nous construire. Mais qui aujourd’hui a le cran de vivre une épreuve de solitude, de la vivre vraiment, sincèrement ?

    Je suis optimiste quant à la possibilité des couples heureux. Je suis pessimiste quant aux nombres de personnes qui pourront vivre ce bonheur. Trop de gens fuient leur solitude, passent leur quotidien à ne faire que ça, et cherchent pourtant à être en couple.

    Une solution consiste à renoncer aux relations longues; assumer les multiples histoires. Ou, à se donner la chance de rester longtemps dans la même relation, mais assumer de faire un travail sur soi pour s’y disposer. Mais qui a envie de faire ce travail avant 40 ans? Peu de gens en général.

    • Anashka | 4 novembre 2014

      Je crois, Gaylord, que je me lance dans ma plus grande histoire. Au delà de la force des sentiments, il y a la rencontre et cohabitation qui se fait. Nous voulons être ensemble, mais -bien évidemment- nous rencontrons des difficultés.

      « C’est rechercher l’alchimie des rapports humains, dans un monde ou pourtant, paradoxe ultime, nos individualités n’ont jamais été aussi fortes, parce que jamais la conscience singulière que nous avons de nous-même n’a été aussi forte historiquement. »

      Voilà.

      Je suis optimiste quant à la possibilité des couples heureux. Je suis pessimiste quant aux nombres de personnes qui pourront vivre ce bonheur
      Comme toujours tu résumes ma pensée. :)

      • Gaylord | 5 novembre 2014

        Je souhaite pour toi que cette histoire fonctionne.

        Bonne chance!

    • lilou | 7 novembre 2014

      Je partage ton avis GAylord. très mature.

      « Le succès du couple dépend de notre maturité, de notre autonomie affective. Mais ces aptitudes s’acquièrent dans la solitude. Il faut la vivre et plonger dedans pour nous construire. Mais QUI aujourd’hui a le cran de vivre une épreuve de solitude, de la vivre vraiment, sincèrement ?

      Tu mets des mots sur ma pensée :) mais gare à ne pas plonger trop longtemps dans cette solitude … car il peut être dur d’en sortir tant c’est confortable. et je ne crois pas que nous puissions réellement nous épanouir seul…

      Avoir confiance en soi, puis en l’autre, en la vie, en l’amour, rester serein ! tout un programme.

  • Me And I | 5 novembre 2014

    Super article Anashka, merci pour ça ! C’est une analyse très intéressante, vraiment !

    Mais pourquoi as-tu poussé la réflexion de l’idéal en te basant sur l’objet @ ? C’est une théorie un peu freudienne de dire que la recherche de l’amour est une sorte de réminiscence de nos jours les plus anciens, qu’en penses-tu ?

    Je regrette un peu de ne pas avoir eu l’occasion de lire sur cet idéal que tu décris avec en plus cette notion d’appartenance dont les gens font souvent preuves.

    C’est cette notion d’appartenance, ou d’acquisition de l’autre, qui font qu’il/elle est imparfait(e) ! Parce qu’il/elle ne répond pas à nos attentes, parce qu’il/elle ne fait pas ce que l’on en attends, et on en attends toujours beaucoup (trop des fois).

    Du coup pourquoi cette imperfection, cet absence d’idéal que nous voyons chez notre partenaire ne serait pas plutôt le reflet d’une forme d’égoïsme chez nous ?

    Peut-être une forme d’introspection raisonnable, parce qu’on est tous différent et que l’aspect fusionnel est une utopie ? Parce que lorsque l’on aime une personne, le premier des bienfaits pour nous c’est de lui faire plaisir ? Parce qu’on peut ressentir notre propre amour dans le bonheur de l’autre ? L’un dans l’autre c’est toujours nous qui en décidons, sans déléguer à une tierce personne la tâche difficile de nous rendre heureux !

    En tout cas merci pour le billet, très cool ^^

  • Louis | 12 novembre 2014

    Bonjour Anashka, j’espère que tu vas bien. Bonjour à tous et à toutes.

    Lorsque tu parles d’idéal amoureux, je me suis demandé : si ça ne correspond qu’à une idée imaginée, alors à quoi correspond une vie à deux ? J’ai forcément des attentes dans mon couple, et si je vois que l’autre ne m’aime pas, ou n’est pas heureux avec moi, je ne vais pas me dire : « oui mais arrête avec ton idéal amoureux, la perfection ça n’existe pas ». D’accord, j’enlève l’idéal, mais il reste quoi ensuite ? Si j’enlève mes attentes, j’enlève du coup une partie de moi-même non ?

    J’aime bien la façon avec laquelle Lacan pose le problème de « l’objet ». Mais contrairement à lui, je distingue nettement entre le besoin amoureux et le besoin spirituel. Je ne sais pas de quand date la confusion, mais ça remonte probablement à l’époque où la religion reculait et où le romantisme prenait du terrain. La religion est sans doute apparue comme une barrière opposée aux passions amoureuses, d’autant plus fortes qu’elles étaient interdites (amour entre deux individus de classes sociales différentes, amour contre le consentement des parents, etc). De là, confusion : on préfère l’amour de la personne à l’amour de la divinité. Ce fait historique mis à part, je ne peux pas renier ce besoin de l’autre, sous prétexte que ce n’est qu’une peur comme les autres, innée, due à la rupture du cordon ombilical à la naissance. Je crois au contraire qu’il est capital pour quiconque veut comprendre le couple, ou du moins réussir sa vie de couple, que le besoin de l’autre est légitime, tout comme l’est le besoin sexuel ou le besoin de se nourrir. L’intimité partagée par le biais de la sexualité fonde une relation exceptionnelle de confiance et de complémentarité, qui est impossible avec un ami par exemple. L’autre voit de nous ce que personne d’autre ne voit : les défauts, les beautés. On est totalement exposé : d’où la nécessité de croire en quelque chose de solide, à moins de subir un sentiment d’insécurité terrible (va-t-il/elle me quitter ? tous les moments qu’on a partagés vont-ils se volatiliser ? il/elle m’a vu tout nu, m’a caressé, m’a embrassé, est-ce qu’il va rester ou tout cela aura été fait pour rien). Ma conclusion sur ce point est qu’il est très important, notamment de nos jours, de bien savoir qu’il est légitime d’avoir besoin de quelqu’un d’autre qui nous comprenne, nous complémente, nous couvre en quelque sorte comme un chaud manteau, et que cela n’a rien à voir avec un idéal imaginaire hérité de la naissance, et dont il faut se débarrasser.

    Seulement, les artistes, cinéastes et écrivains ou autres, ont exagéré ce besoin. C’est cette exagération du sentiment amoureux avec laquelle je ne suis pas d’accord. Lorsque Pâris a enlevé Hélène de Sparte par amour pour elle, il a renié l’amour de son père, l’amour de son frère et l’amour de sa patrie. C’est un acte exagéré qui s’apparente plus à une folle passion qu’à de l’amour, mais on peut très bien considérer que la passion peut être un des aspects de la vie amoureuse, sans pour autant commettre l’erreur de croire que c’est « la vérité de l’existence ». L’amour existe, oui, et la passion aussi, c’est important, mais ce n’est pas « tout ».

    Ce qui pose problème, dès lors selon moi, ce ne sont pas les « imperfections » de l’autre, mais ses « trahisons », les deux ne sont absolument pas la même chose. Quand on est amoureux, ou même quand on se livre simplement, tout nu, à quelqu’un, nous admettons ses imperfections comme les reflets des nôtres. Je ronfle peut-être la nuit, mais il/elle a des flatulences. Une « trahison » , c’est que l’autre ne nous renvoie pas l’amour ou l’attention que nous lui accordons, et cela est la véritable question, où tient tout l’équilibre du couple. Un des deux partenaires peut être en recherche d’un rapport passager, pour oublier une précédente histoire douloureuse, tandis que l’autre est amoureux pour la première fois et il est extrêmement investi. C’est là que naissent les trahisons. D’autant plus que cela nécessite un grand effort de communication et surtout : de sincérité. Le couple moderne n’offre absolument aucune sécurité : il vaudrait presque mieux rester seul ! Si l’un des partenaires n’est pas investi, la faute revient à l’autre parce qu’il s’est trop « projeté » et qu’il a « idéalisé » son rapport avec l’autre. Je trouve cette idée aberrante et au même temps très dure vis-à-vis d’une personne qui souffre. Celle-ci n’a d’autre choix que de se dire : « oui, c’est ma faute… je n’aurais jamais dû en attendre autant ». Et de se promettre que « ça n’arrivera plus jamais » pour éviter une telle souffrance. Si bien que l’amour aujourd’hui est devenu terrifiant de par les douleurs possibles qu’il peut engendrer. Celui qui s’en va a toujours raison, celui qui reste, à genoux, brisé, trompé parfois, a toujours tort : il n’aurait pas dû y croire. Et il applique cette loi à ses prochaines aventures, brisant autant de cœurs qui vont à leur tour en briser d’autres. Je connais une amie qui, la première fois qu’elle était tombée amoureuse, était effondrée en larmes parce que son partenaire s’absentait pendant une journée, ou ne répondait pas au téléphone. De suite, à la fin de cette histoire qui s’est avérée absolument « banale » parce que le garçon en question s’en fichait complètement, la jeune dame a pris sur elle, et elle a enchaîné les rapports avec d’autres garçons, en contrôlant de mieux en mieux ses émotions et son « idéal ». Aujourd’hui, elle est tout a fait tranquille parce qu’elle est incapable de tomber amoureuse. Elle n’a plus d’espoir, plus d’idéal, juste des attentes ou des désirs. Elle cherche l’excitation d’un moment, qui lui permet de respirer pendant un mois ou deux, puis cela repart car elle devient blasée (pas de sentiment amoureux d’où lassitude, et pas d’idéal d’où lâchage et manque de travail sur la relation). Quelque chose est passée sur son visage, elle n’a plus les yeux que je lui ai connus quand elle était enfant : elle a le regard souriant et ravagé de quelqu’un qui ne croit plus en rien, qui se complaît dans sa souffrance et celle des autres, à cause d’une ancienne douleur, et parce que tout ce qu’on lui a appris est faux. L’enfant, la fille, la femme, tout cela est parti, à jamais peut-être, ne laissant sur place que cette personne qui a toujours soif, mais qui boit de l’eau de mer en tournant le dos à la source, parce que la source lui a fait très mal un jour. Cette amie que je plains, pour ma part, n’est plus heureuse en rien, et croit que cela est de sa faute, et refuse de chercher sincèrement une réponse à ses questions, car cela est terrifiant pour elle. Ça voudrait dire qu’elle doit se réinvestir et y croire à nouveau. Comme elle est jeune, elle ne veut pas comprendre encore, mais le temps n’attend personne, et n’a que faire de nos peurs ou de nos vanités passagères : il les brise sans émotion. Un jour elle saura, comme je l’ai su moi-même, mais il sera trop tard.

    Je suis assez d’accord avec ta description du langage commun. Mais les dissensions possibles, et qui arrivent forcément, sont tout le sujet de notre travail au sein du couple. L’erreur commune que je rencontre le plus souvent est celle-ci : on s’aime et tout le reste coule de source, et si une question se pose : c’est qu’on ne s’aime pluss. Du coup, on se sépare, en pleurant, le cœur déchiré, à regret, sans comprendre pourquoi. Personne ne veut plus faire un effort de volonté vers son couple, pour sa pérennité, c’est-à-dire : vouloir être avec l’autre d’abord, puis l’accepter et apprendre à vivre avec lui. En général, les gens font l’inverse : ils attendent qu’il y ait une alchimie complète, magique, et durable (erreur !), pour ensuite se dire : oui, je veux être en couple avec lui/elle. Certaines personnes ne savent pas, ou ne veulent même pas être en couple, mais ont tout de même des attentes sur cette complémentarité, cette alchimie entre deux, qui pourtant a besoin de travail, de volonté, de générosité, de tolérance, pour se réaliser. L’autre a le droit de ne pas apprécier quelque chose en nous, et nous aussi, mais toute l’existence du couple est basée sur ces compromis. Et face à ces difficultés, j’en veux à ceux qui proposent des échappatoires au lieu de proposer des solutions : des personnes qui ne croient plus au couple.

    L’infidélité est une trahison, non parce que l’autre échappe à notre joug, ou qu’il manifeste une vie propre à lui, mais parce qu’il déshonore les termes d’un contrat tacite ou déclaré, où il nous doit le même attachement que nous lui offrons. C’est notre intimité qui est violée, on est associé dans un processus très profond d’échange, avec quelqu’un que nous ne connaissons pas. On se sent insuffisant, on se demande ce qu’on a fait de mal, alors que l’autre… prend du bon temps, et s’amuse, physiquement ou affectivement. C’est atrocement douloureux ! Le couple n’a plus son sens, la sécurité instaurée n’existe plus, tout s’effondre autour de nous.

    La question de savoir pourquoi nous aimons quelqu’un ne devrait pas se poser, surtout en termes aussi compliqués. Combien d’amis avons-nous, sans nous poser forcément la question de savoir pourquoi nous tenons à eux ? Si cela arrivait, on dirait simplement : c’est un type bien, c’est une fille très gentille. Pour le couple il en est de même. Est-ce qu’il est nécessaire d’avoir cette entité sentimentale étrange et qu’on doit appeler amour, afin de la justifier ensuite ? A mon avis, si on a besoin d’autant de justificatifs dans une relation à deux c’est parce que la société du choix multiple a gagné même nos domaines affectifs et personnels. Je suis entourés de partenaire potentiels, et je ne sais lequel choisir. Une fois mon partenaire choisi, je ne cesse pourtant pas de draguer, de garder un œil sur les autres, en me posant plein de questions, notamment pourquoi j’ai fait ce choix et pas un autre (traduction en langage gentil : pourquoi je l’aime?). Il y a quelques temps, ce genre de comportement était considéré comme abaissant, blessant, et la personne en question était traitée de coureur de jupons ou de coureuse, et le phénomène en restait là. Aujourd’hui c’est devenu une constante : je suis abasourdi de voir – dans les fêtes dansantes notamment – comment des filles en couple font des avances aux autres hommes, et les hommes aux autres femmes, devant les yeux de leurs partenaires ! Face à ces comportements qui traduisent soit une insatisfaction, soit une absence d’amour, soit une incompréhension totale de la vie de couple, on oppose au visage du pauvre partenaire, parfois torturé par la jalousie, blessé, humilié, ce simple argument : il ne faut pas « idéaliser » les choses ! C’est normal ! S’il souffre, c’est de sa faute car il ne contrôle pas ses émotions !

    Anashka, tu as posé la question : comment gérer les incompréhensions, et tu as donné de bons éléments pratiques, en oubliant quelque chose de capital : il faut y croire. Il faut avoir la volonté de réussir son couple, et l’énergie de se battre pour – et avec – son partenaire.

    Oui, je suis d’accord : renonçons à idéaliser l’amour. Mais ne renonçons pas à y croire, ni à le comprendre sous sa véritable forme : un rapport exceptionnel de confiance, de partage, d’intimité, de complémentaire, et qu’il faut se battre pour préserver. Du moins, c’est ma vision des choses, et ce sont les valeurs auxquelles je crois.

  • cpamwa | 15 novembre 2014

    * Anashka est tellement fan de mes commentaires qu’elle fait une grève de production d’article dès que je ne viens plus commenter *

    Hihihihi… :)

    • Louis | 16 novembre 2014

      Je prends la relève, cpamwa, raconte-moi tes misères….

  • cpamwa | 17 novembre 2014

    Ah mince alors !
    Il va falloir que je me trouve des misères… ! :D

    • Louis | 17 novembre 2014

      Eh bien ! alors raconte-moi tes petits bonheurs, ce sera toujours ça à partager. J’avoue que moi, en ce moment, c’est pas trop la joie… j’ai le cœur déchiqueté…

      :'(

      • cpamwa | 17 novembre 2014

        Ben wé, pour éviter ça faut repiquer les techniques des filles : arrêtez d’avoir un coeur… !! :x

        * optimiste *

        • Louis | 18 novembre 2014

          :D

          Sans vouloir être « optimiste », j’aimerais sauter sur l’occasion et dire : tu as raison ! Mais bon, faut pas mettre tous les œufs dans le même panier.

          Et puis, ce n’est pas que les filles n’ont pas de cœur, au contraire, c’est juste que de nos jours, leur cœur a souvent d’autres chats à fouetter. Et ça, quand t’es amouraché, ça fait très très mal…. :'(

          • cpamwa | 18 novembre 2014

            Roooo… ba c’est malin, à force de dire des bêtises maintenant Anashka elle nous abandonne !!

  • Louis | 19 novembre 2014

    Qu’est-ce que je te disais hahah : elle a d’autres chats à fouetter… il y a une grande différence entre connaître le chemin, et arpenter le chemin (dixit Morpheus). Anashka a beau consacrer ses articles à la vie de couple, s’étaler sur un millier de théories, quand elle fait face à sa vie « réelle », elle doit se rendre compte que les choses sont différentes.

    SUH n’est peut-être qu’une façade, ouverte à la discussion – certes – ce qui la rend justement intéressante, mais très pourvoyeuse de mauvais conseils. Et quand la vraie vie s’en mêle : cette belle façade tombe…

    • cpamwa | 18 décembre 2014

      @Louis, tu devrais rencontrer des libertines, ça permet de quitter cet état d’esprit pourri qui consiste à passer son temps à souffrir pour rien ! Et ça permet de pouvoir faire ce qu’on veut sans se sentir juger et donc de pouvoir enfin se libérer un peu…

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