Entre amour et amitié : l’amitié érotique

amitié érotique

 

Nos comportements amoureux et sexuels ont connu de profondes transformations au cours des dernières décennies. Nous voyons apparaître des situations ambivalentes qui ne correspondent ni au sexe sans lendemain ni au couple traditionnel.

Ces arrangements sont souvent perçus comme des sources de confusion…

Selon une étude Ipsos réalisée pour Psychologies Magazine, la parole des femmes s’est libérée sur le sujet du sexe. 97% des femmes interrogées osent exprimer leurs désirs et elles sont 81% à considérer qu’il s’agit d’une évolution positive. Notons par ailleurs que le nombre moyen de partenaires rapporté par la population féminine Française est en augmentation. Selon l’enquête Contexte de la Sexualité en France, elles auraient eu des rapports sexuels avec 4,4 personnes contre 1,8 en 1970 et 3,3 en 1992. Dans le même temps, le taux de divorce s’est envolé : de 10% en 1970, il est passé à 50% aujourd’hui. Les célibataires représentaient 6% de la population en 1962, 14% aujourd’hui. Pourtant la même étude relève qu’en dépit de ces évolutions, les représentations sociales « attribue aux femmes une sexualité cantonnée aux registres de l’affectivité et de la conjugalité ». Les résultats de l’enquête sur les perceptions et les comportements des Français en matière d’aventures extra-conjugales menée par l’institut ifop vienne tempérer cette observation. Près d’une femme sur trois (32%) reconnaît avoir déjà eu une aventure extra-conjugale.

Les femmes ont donc acquis de haute-lutte la possibilité de s’exprimer et de vivre une sexualité plus variée. Mais les représentations restent relativement traditionnelles quant au couple. Cela n’est pas sans créer quelque dissonances quant aux types de relations amoureuses. Concrètement, mes clientes admettent souvent ne pas trouver leur compte dans des aventures d’un soir ni auprès de « plans cul » sans pour autant trouver le candidat idéal pour le long-terme et l’exclusivité. Dans ce contexte incertain, existerait-il une troisième voie permettant l’épanouissement amoureux ?

Les études sur le bonheur confirment que ce sont les relations interpersonnelles qui donnent sens à notre vie (source : Ebersole P. & De Vogler KL (1981), “Meaning in Life: category self-ratings”). Il est donc crucial de les mener de la manière la plus positive qu’il soit. Or souvent, nous faisons l’erreur de les vivre sur le mode de la suspicion, du jugement (de soi et des autres) ou bien nous pêchons par excès d’idéalisme.

Tentons de définir les ingrédients constitutifs d’une relation amoureuse. Le triangle de Sternberg nous en donne une schématisation satisfaisante :

traingle

Une relation dite « complète » inclut donc une part d’intimité, un engagement ainsi que la passion-attirance. On peut aussi avoir dans une relation un seul ou bien deux de ces éléments.

Il paraît aujourd’hui inconcevable au plus grand nombre de se marier par raison. L’engagement seul ne nous satisfait guère. Il est aussi commun d’entendre dire que le sexe pour le sexe est une expérience certes plaisante sur le moment mais qui laisse un sentiment de vacuité.
Socrate nous rappelle d’ailleurs que « le bonheur, c’est le plaisir sans remords. »

Enfin, au sein du couple vient généralement un moment où la passion des débuts laisse place à un amour plus confortable qu’on appelle « amour compagnon. » On a alors l’intimité et l’engagement. C’est le stade de la relation où on regarde des séries en pyjama plutôt que de se sauter dessus.

Il en ressort que dans bien des cas, nous ne sommes ni disposés à nous mettre en couple (par choix ou faute de trouver la personne qui nous fasse vibrer) ni enclins à coucher juste pour satisfaire nos désirs sexuel. En un mot comme en cent, nous cherchons une relation où coexiste une certaine affection et une attirance sexuelle mais sans l’étiquette « couple ».
Ce n’est donc pas exactement ce que nous avons désormais coutume d’appeler « un plan cul ». C’est un peu plus que cela. En Anglais, on appellerait plutôt  ces relations : « Friends with benefits » ou encore « Sex friends ». L’aspect amical est mieux mis en avant dans ces appellations. En Français, nous pourrions utiliser le vocable : « amitiés érotiques. »

Quels sont les contours d’une telle relation ?

Ce que n’est pas l’amitié érotique (écueils) :

  • Un coup de fil à des heures indues pour du sexe rapide avant de se rhabiller en quatrième vitesse
  • Une fin de non-recevoir aux sollicitations non-sexuelles. L’une de mes clientes qui venait d’apprendre une nouvelle triste a appelé son « plan cul » pour lui demander de venir lui remonter le moral. Il a répondu qu’il préférait la revoir pour du sexe quand elle irait mieux. Ce n’est certainement pas de l’amitié.
  • Une relation déséquilibrée entre une personne qui satisfait des besoins sexuels et une personne éperdument amoureuse qui espère un revirement de situation.

Ce que peut être l’amitié érotique (bénéfices) :

  • Une relation où les attentes respectives des partenaires sont clairement énoncées.
  • Une relation sans engagement mais où le bien-être de l’autre est pris en compte.
  • Une relation qui permet notamment d’assurer la transition quand on sort d’une séparation. Après un divorce, nombreux sont celles et ceux qui ne se sentent pas prêt(e)s à s’engager.
  • Une occasion d’explorer sa sexualité avec une personne de confiance.
  • C’est aussi une opportunité d’apprendre à se défaire de sa jalousie puisque le respect de la liberté de chacun est centrale dans ces relations.

Il est dès lors possible de continuer à faire des rencontres sans ressentir outre mesure la pression de se recaser au plus vite.

Enfin, et surtout, de belles amitiés peuvent naître et durer. Nous nous privons parfois de vivre de belles histoires du fait de nos projections dans le futur ou d’un respect excessif des conventions sociales. Or, les modèles d’antan ont volé en éclat. Nous vivons une époque où chacun(e) est appelé(e) à négocier avec leurs partenaires les contours qui correspondent aux conditions de leur épanouissement. Quand cela est fait de manière empathique et respectueuse, il devient possible de vivre des relations pérennes et écologiques : le développement durable appliqué à l’amitié, au sexe et à l’amour !

Jean-Baptiste Trannoy

Jean-Baptiste Trannoy est coach de vie certifié. Son coaching s’adresse particulièrement aux personnes désireuses d’améliorer et de donner du sens à leur vie amoureuse. Il a fondé Blusherseduction en 2008.
Pour un entretien préliminaire gratuit et sans engagement :
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Commentaires (8)
  • Philippe | 28 septembre 2014

    Peut-être s’agit-il de se libérer de l’engagement à long terme (et de toutes les peurs qu’il suscite) pour être capable de s’engager dans le moment présent.

    Les grands projets ne se réalisent que grâce à la somme de petits projets mis bout à bout. De même, la relation pérenne ne peut exister que par l’accumulation de bonheurs vécu jour après jour.

    Laissons donc le futur là où il est et soyons heureux aujourd’hui. Mais tout de même, les projets apportent du dynamisme, à l’amitié comme au couple, si ouvert et libéré qu’il soit. Trouver l’équilibre est une quête perpétuelle…

  • Lycka | 28 septembre 2014

    « Nous nous privons parfois de vivre de belles histoires du fait de nos projections dans le futur ou d’un respect excessif des conventions sociales. »
    Je suis complètement d’accord. Je dirais aussi que parfois on s’embarque dans des histoires qui nous rendent malheureuses du fait de nos projections dans le futur ou d’un respect excessif des conventions sociales….

    « Nous vivons une époque où chacun(e) est appelé(e) à négocier avec leurs partenaires les contours qui correspondent aux conditions de leur épanouissement. »
    Dans un monde idéal, oui. Il me semble quand même que le poids des conventions sociales reste suffisant pour freiner cet élan. C’est dommage à mon sens, mais peut-on vraiment vivre dans un monde dénué de cadre, de conventions, de « normes » ? D’ailleurs il me semble que vouloir mettre des mots sur chaque « type » de relation contribue au renforcement de ces conventions. J’ai du mal avec ces dénominations, « couple », « coup d’un soir », « aventure », « sex friend / amitié érotique »… A quoi ça sert exactement de toujours tout vouloir faire rentrer dans des cases, si ce n’est à tout « normer », « contractualiser » ?
    Est-ce qu’il ne serait pas plus écologique justement de considérer chaque relation comme elle est, sans vouloir lui coller une étiquette (et donc finalement des attentes, projections…) dessus ?

    Ah et j’allais oublier : bienvenue sur SUH Jean-Baptiste :)

    • Jean-Baptiste | 28 septembre 2014

      « Laissons donc le futur là où il est et soyons heureux aujourd’hui. Mais tout de même, les projets apportent du dynamisme, à l’amitié comme au couple, si ouvert et libéré qu’il soit. Trouver l’équilibre est une quête perpétuelle… »

      @Philippe: C’est tout à fait cela! Cet équilibre est essentiellement un équilibre en mouvement, un peu comme au Tai Chi ou quand on fait du vélo. Pour être en mouvement (et en équilibre) il faut bien aller quelque part. :)

      « Dans un monde idéal, oui. Il me semble quand même que le poids des conventions sociales reste suffisant pour freiner cet élan. C’est dommage à mon sens, mais peut-on vraiment vivre dans un monde dénué de cadre, de conventions, de « normes » ?

      @Lycka: Il serait illusoire de penser pouvoir s’affranchir d’absolument toutes les normes sociales. En revanche, on peut dans un rapport intime avec une personne de confiance créer sa propre « utopie fonctionnelle ».

      Ah zut, je viens de créer une autre étiquette :)

      Merci pour le message de bienvenue!

  • Louis | 4 octobre 2014

    Mais qu’est-ce qui fait qu’on ne « s’engage » pas vraiment ? L’amitié est là, l’intimité aussi, et il y a aussi une exigence de fidélité (implicite). Est-ce que c’est la fidélité qui détermine l’engagement ?

    • Anashka | 9 octobre 2014

      Je pense la fidélité est un forme d’engagement, mais l’engagement est plus vaste que ça. Regarde dans la recherche, au mot engagement, tu verras pas mal d’articles. :)

  • Jean-Baptiste Trannoy | 4 octobre 2014

    « Est-ce que c’est la fidélité qui détermine l’engagement ? »

    Pas nécessairement. Les relations polyamoureuses ou libertines ne sont pas dénuées d’engagement.

  • Elodie | 13 octobre 2014

    J’ai toujours aimé ce genre de relation. Cela m’a permis de me lâcher sexuellement et d’apprendre pleins de choses sur les hommes.
    Effectivement même si l’engagement n’est pas là, les sentiments naissent peu a peu au fil du temps et malheurement soit l’amitié est gâchée soit on perds tout et on tombe dans la dépression. Chez les filles ce n’est pas toujours évident. On s’attache trop vite.

    Anashka merci pour cet article❤️❤️

    • Jean-Baptiste Trannoy | 14 octobre 2014

      Merci pour ton commentaire Eloodie.
      Je ne peux m’empêcher de relever quelques généralisations dans ton message. Tu avances que l’issue des ces relations serait systématiquement négative parce que les filles « s’attachent trop vite. »
      Or, il y a des hommes qui s’attachent vite et des femmes qui font preuve de tempérance. On ne peut pas appliquer une observation aussi peu étayée à tout un sexe. On risquerait en effet d’en faire des scénarios pré-établis au caractère inéluctable.
      Il est d’ailleurs des ces amitiés érotiques qui deviennent des amitiés au long-cours qu’elles conservent ou non une composante sexuelle.
      Je t’invite donc à reconsidérer certaines croyances. Ce faisant tu ne pourras que mieux te connaître en évitant qu’elles ne sabotent ces relations dont tu dis toi-même qu’elles t’apportent beaucoup.

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