Témoignage : «Mon entrée en couple libre»

Par 2 Juin 2014 83 Commentaires

entrer en couple libre
Aujourd’hui, je laisse la parole à une lectrice, Alyna, qui témoigne de son expérience amoureuse. En couple depuis longtemps, elle et son partenaire ont décidés de s’ouvrir au « couple libre ». Voici son cheminement et ses interrogations.

Avant tout : ce témoignage n’est en aucun cas là pour dire « c’est comme ça qu’il faut vivre ». Je ne pense pas détenir la vérité. Il fait juste état des réflexions que mon homme et moi avons eues à ce sujet, ce sont les nôtres, et je comprends parfaitement qu’elles ne soient pas partagées par tout le monde.

Le choix de la relation libre

Lui et moi, on s’est rencontré à 15 ans. On s’est embrassé dès le 1er soir et- sans dire que depuis c’est un long fleuve tranquille- je pourrais dire que c’est une très belle histoire d’amour.

L’été dernier, après avoir fêté nos 8 ans, on a pris une décision : celle d’être un couple libre

On en parlait depuis plusieurs années, en se disant « quand on aura 40 ans et qu’on regrettera de ne pas avoir beaucoup d’expériences ». Et puis, petit à petit, on a commencé à se demander à quoi ça servait d’attendre. La vie, c’est maintenant.

Notre décision a été soudainement avancée parce que j’ai été confrontée à un choix : accepter les expériences que la vie m’apportait sur un plateau et tromper mon homme ou ne rien faire ?

Je n’ai rien fait (hors de question pour moi de le trahir), mais ça a donné lieu à de nouvelles discussions, puis à cette décision.

Quelles limites ?

Tout de suite, on a senti le besoin d’encadrer cette nouvelle liberté par des règles. Parce qu’il ne s’agit en aucun cas de faire souffrir l’autre. Je considère que c’est à chaque couple de fixer ses propres limites, mais à titre d’exemple, je pourrais citer :

  • ne pas coucher avec les amis de l’autre
  • ne ramener personne à la maison
  • ne jamais rien cacher à l’autre
  • quand l’un des deux va voir ailleurs, l’autre a le droit de poser toutes les questions qu’il veut (ou au contraire, choisir de ne rien savoir)
  • ne jamais avoir de sentiments pour une aventure. On considère que si sentiment il y a, alors il faut arrêter (sans ça, on en revient à de l’infidélité)
  • toujours, toujours, toujours, faire passer l’autre en priorité
  • etc.

Ces règles ne sont pas figées.

Elles évoluent, notamment quand du désir pour une tierce personne se manifeste. C’est l’occasion pour nous d’en rediscuter, de redéfinir nos limites : « ça va un peu trop loin », « ça, je ne le sens pas », « ça, ça ne me pose pas de problème », etc.

La seule règle qui ne changera jamais, la plus importante à nos yeux, c’est la dernière que j’ai citée. En particulier parce que cette règle nous donne le droit de dire « Je veux qu’on arrête la relation libre ». C’est en fait la règle du respect. On a fait le choix de vivre ensemble, on fait le choix de s’aimer, et le respect du ressenti de l’autre n’est pas optionnel.

Les clés de la réussite.

Pour que ça marche, il y a selon nous deux clés : la communication et l’honnêteté. Si l’on commence à se mentir, c’est là qu’il y aura tromperie. Mais, ça, ça ne date pas de cet été. Ce sont les clés de notre couple, depuis ses débuts ou presque.

Pourquoi a-t-on fait ce choix ?

(pas forcément dans l’ordre)

1. L’humain n’est pas d’un naturel fidèle

(sinon il n’y aurait pas toutes ces histoires de tromperies).

Malgré ça, on nous a toujours appris que les relations sexuelles, c’était avec un seul et unique partenaire (un reste de religion ?). C’est un interdit qu’on ne comprend pas, et on arrive petit à petit à s’affranchir de ce diktat pour vivre d’une façon qui nous ressemble plus.

2. L’autre ne nous appartient pas

On part du principe que quand on est en couple, l’autre ne nous appartient pas. Au contraire, aimer autrui c’est vouloir son bonheur (et le meilleur souhait que l’on puisse faire à quelqu’un, selon moi, c’est qu’il profite de sa vie sans se mettre de barrières inutiles).

3. Le flirt est agréable

La séduction, le flirt, découvrir de nouveaux corps, de nouvelles façons de faire, de nouvelles personnes : ça fait partie de la vie. Et pourquoi se priver de vivre une partie agréable de sa vie sous prétexte qu’on est en couple ?

4. On peut porter un regard renouvelé sur l’autre

Aller voir comment ça se passe ailleurs permet aussi de se rendre compte à quel point on est bien chez soi, avec quelqu’un qui nous connaît depuis des années et qu’on connaît en retour.

5. C’est une bonne motivation pour prendre soin de soi

Depuis qu’on a pris cette décision, on remarque que chacun de nous prend plus soin de lui. Un peu par concurrence : « si je sais qu’il/elle va se faire séduire, j’ai aussi envie de le/la séduire ». Et un peu pour plaire aux autres, puisqu’on est à nouveau dans une démarche de séduction.

6. Pour reprendre confiance en soi

Prendre confiance en soi parce qu’on se rend compte concrètement qu’on plaît, et pas seulement à une seule personne.

7. Pour que la fidélité ne soit plus un problème

Beaucoup de couples avec plus d’années au compteur se sont séparés autour de nous.

La raison ? L’infidélité.

Souvent, l’infidélité est le signe révélateur d’un couple qui bat de l’aile. Mais ça a aussi l’air d’être un fléau auquel il est dur d’échapper. Et donc, à un couple qui bat de l’aile, s’ajoute alors ce sentiment de tromperie, et pire, de confiance meurtrie.

Ce qui se résume à :

  1. résister pendant des années aux désirs extérieurs, pour finalement
  2. qu’une entorse à cette règle contraignante signe malgré tout la fin du couple.

Ok, c’est une vision pessimiste de l’exclusivité, mais on a beaucoup constaté ça du côté de nos parents et de leurs amis.

La question de la jalousie.

Évidemment, la jalousie s’en mêle. Mais, passées les premières années du couple, elle est moins forte. On sait pourquoi on est ensemble. On a pris confiance en notre amour.

Par ailleurs, j’ai remarqué que je suis jalouse uniquement si mon « rôle » est mis en danger.

Par exemple

  • avec un homme dont je ne veux partager que la couette, je peux être jalouse des autres femmes qui ont ce rôle, mais pas de sa copine (puisque je n’ai pas envie d’être à sa place).
  • avec mon homme, je n’ai pas envie de n’être qu’une femme de plus sous sa couette, donc pas de jalousie. Par contre s’il avait des sentiments pour l’une d’elles, alors là je serais jalouse. Mais c’est très personnel.

Le fait de savoir qu‘on sera toujours prioritaire permet aussi de limiter la jalousie. Malgré la notion de couple libre, on garde une place spéciale. C’est nous et pas un(e) autre.

Les difficultés

Vivre de cette façon n’est pas une recette miracle pour faire fonctionner le couple. On traverse des doutes, des interrogations, des sentiments , auxquels on n’était pas confronté quand on était exclusif.

On est partagé entre l’envie d’en parler et l’envie de faire l’autruche.

Il y a l’inquiétude qu’un jour notre partenaire rencontre quelqu’un avec qui il/elle se dira que c’est mieux.

Il y a les questions qui entourent les règles qu’on se fixe. On découvre, on tâtonne, parfois on est à côté de la plaque…

Et puis, le regard d’autrui aussi : on n’en parle qu’à nos amis proches. Et si on le cache aux autres, ce n’est pas par honte, mais parce que ça ne serait pas compris par la majorité des gens…

 

Il me semble avoir fait le tour, mais je peux répondre à vos questions en commentaires. Et vos avis sur la question m’intéressent :)

Alyna


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Commentaires (83)
  • June | 2 juin 2014

    C’est intéressant comme approche du couple… Dans mon esprit, les couples libertins se manifestent effectivement vers un âge plus poussé mais en définitive pourquoi pas. J’ai mis un terme avec l’homme avec qui je partageais ma vie depuis mes 18 ans parce que j’avais le sentiment de ne pas avoir profité avant… Et avec le recul je le dis que l’option que vous avez choisi a ses avantages (tout comme ses inconvénients ne nous voilons pas la face). En tout cas bravo pour ce témoignage :)

    • Anashka | 3 juin 2014

      Libre, ce n’est pas libertin. Libertin, c’est une sexualité partagée par le couple. En gros, le couple fait des plans à trois et j’en passe. Libre, c’est un espace sexuel hors du couple. Ca ne répond pas aux mêmes attentes :)

      • Bob84 | 8 juin 2014

        Pourquoi appeler ça couple libre si on impose autant de règles. C’est contradictoire. J’appellerai ça couple en manque d’expérience sexuelle, ou couple avide de découverte.

        Je suis en désaccord sur le fait que l’homme et la femme ne sont pas naturellement fidèles. Je pense plutôt que l’homme et la femme sont naturellement guidés par la tentation et leur désirs, chose complètement différente. En outre dans le témoignage, c’est le désir de connaître d’autres hommes, d’avoir d’autres experiences. Je rajouterai également que si l’homme et la femme n’était pas fait pour la fidélité il n’y aurait pas autant de règles de fixées. Toutes ces règles (basées à plupart sur les sentiments) est une preuve que l’homme et la femme ont besoins de fidélité !

        • Anashka | 9 juin 2014

          Ahah ! Le nom « couple libre » pose vraiment question. Comme quoi la sémantique… :)

          Je pense plutôt que l’homme et la femme sont naturellement guidés par la tentation et leur désirs, chose complètement différente

          C’est très Freudien comme regard :)

          Par fidélité, j’entends : fidèle au contrat de la relation (qu’elle soit « libre », « libertine », « poly-amoureuse »). Ici, il y a une exclusivité amoureuse, Alyna témoigne du besoin de cette exclusivité là. Donc, toute leur recherche se pose sur les limites entre voir d’autres partenaires et respecter l’exclusivité amoureuse : je pense que ces premières règles (ré-amménagables) tentent de s’en faire garant :)

      • Nora | 12 mai 2016

        Bonjour , je tombe sur ton témoignage, pas par hasard bien sûr, en effet je suis en pleine interrogation sur cet façon de vivre son couple et sa sexualité …mon histoire est tellement longue et compliquée … A 35 ans j ai peut être trouver là clefs de toutes ses erreurs et souffrances qui finalement m ont permise aujourd’hui d accepter que oui j ai le droit d être « infidèle « mais dans le respect de mon conjoint. Pour sa la vie à mis sur mon chemin cet hommes qui aujourd’hui represente la liberté , mais à quel condition , comment ne pas se perdre encore une fois ?
        Au début de notre relation c était une libération sexuel pour moi car il était plutot très ouvert sur le sujet … Marié trois fois , pacsé une fois, vie libertine avec certaine et pas d enfants . Vers la quarantaine il décide de se ranger , rencontre une jeune femme de 20 ans sa cadette , se marie et se rend très vite compte que celle si n est pas celle qu il attendait , il demande le divorce , on se rencontre et très , trop vite on aménage ensemble avec mes deux enfants … Tout se passe bien , mes enfants sont heureux car il est un beau père exeptionnel et moi j était chouchoutée , aimée car il me donnais beaucoup de tendresse et d attention au quotidiens . Seulement , je n avais pas vue venir que s il nous donnais beaucoup il avait aussi beaucoup de besoin , de tendresse mais aussi et surtout de sexe avec des demandes assez particulière …. Trop , sa n avait plus de sens , c était épuisant aussi bien physiquement que psychologiquement … 14 mois après le début de notre relation je décide de retourner dans mon appartement , me remet avec un ex qui me sécurisait sexuellement , on reste en contacte malgré tout , finalement je quitte cet ex et décide de rester seul avec mes enfants me disant que je n arriverais jamais à trouver un équilibre sentimental et affectif car j ai toujours pris la décision de quitté les hommes avec qui je croyais en la vie de couple classique soit  » on se rencontre, on s aime , on se marié, on fait des enfants et même si on se sépare on recommence et on y croit encore avec un autre et ….. Je n y croit plus !!! En tout cas moi c est mort je ne suis pas capable de sa , peut être simplement parce que je n ai plus envie de me laisser envahire par mes croyance , plus envie de faire comme tout le monde , la famille, les amis, oui, réellement ils peuvent être épanoui mais si l on approfondi un peut on se rend bien compte que tout n est pas si simple car une fois qu on a eu la rencontre , la maison, les enfants et bien on risque fort de rencontrer … la routine … Et pour moi la routine c est plus possible !!
        Après quelque mois de réflexion et après plusieurs rebondissement ( parfois il faut du temps pour accepter de pouvoir dire les choses et les vivre comme on l entend ) et de très nombreuse heures de discutions on se rend compte cet homme et moi que nous ne pouvons vivre loin de l’autre enfin c est surtout qu on ne peut pas imaginer que l autre s épanouies sentimentalement avec une/ un autre partenaire mais que pour autant notre sexualité étant différente pourquoi pas s accorder le choix , le plaisir d autoriser l’autre à vivre ses désirs , ses fantasmes dans le respect total des lien qui unissent les couples libre ?
        Voilà, nous avons repris notre relation là où on l avais laissée mais avec des règles : pour le moment chacun chez soit , on prend notre temps , on regarde si cet solution est vivable pour notre couple , si personne ne se sent mal lorsque l autre est en « soirée privée « , on se dit tout, pas de tabous , pas de mensonges , je ne peut pas lui accorder la sexualité dont il a besoin , sa tombe bien il y a des femmes qui en raffole et moi je m âprete à retrouver un jeune hommes avec qui j ai eu des relations dispersée à certain moment de ma vie, lui n est pas pour s engager , il est seul mais n est pas prêt , simplement il a du désir sexel pour moi et moi pour lui.
        Les quelques fois que l on c est rencontrer , il venait chez moi , on discutait , on fessais l amour , on dormais ensemble l un contre l autre et au petit matin il partait . Il peut se passer plusieurs mois sans que l on se donne de nouvelles et dernièrement juste quand j était au plus bas de mon interrogation personnel il est réapparu avec un message , il me demandais s il pouvais venir me voir , j ai dit non mais on conclu en se disant que l on pouvais se voir dans deux semaine , mais voilà je vient juste de redémarrer ma relation avec mon hommes et je culpabilise de nouveau de penser que mince après tout j ai quand même bien envie de le revoir mais qu est ce que je peut faire ? C est décider , tout s éclaire car depuis peut comme nous étions séparer il a repris des relation avec d autre femme , au début j ai eu peur mais tellement peur de le perdre , qu il tombe amoureux et qu il m oublie … Et puis je me rend compte qu il est toujours aussi amoureux de moi qu au premier jour de notre rencontre il y a deux ans . C est simple , il ne veut pas me perdre, je ne veut pas le perdre mais sexuellement on ne peut être épanouis que si l on se sent libre d aller s évader ailleurs de temps en temps . Je lui en est parler clairement hier , mais sa fessais un petit moment que cet éventualité planais dans nos esprits sans que l on arrive clairement à posé les choses. C est fait , sa chamboul un peut mais je suis toute exité a l idée d avoir le droit , exité d assumer nos choix et quelque part se sentiment que ses femmes le désir mais qu il  » n appartient qu à moi  » est très plaisant . Il a passer sa soirée et sa nuit d hier avec une femme , je ne la connais pas , je ne veut pas la connaître, juste savoir s il à passer une bonne soirée . C est incroyable non ? Et lui quand se sera mon tour de passer une nuit et une soirée avec cet autre l acceptera t il comme moi ? Je pense que oui, il me dit que oui , j ai hâte que se moment arrive …
        Les questions que je me pose aujourd’hui sont : que doige dire à cet autre quand nous allon nous retrouver ? Est ce normal de ne désirer rencontrer que cet homme ? Alors que mon compagnon rencontre différente femme ?
        Voilà , merci d avoir pris le temps de lire une partie de mon histoire et d y apporter quelque conseil ?
        Bonne journée

    • Alyna | 4 juin 2014

      Merci, contente que ça t’ait intéressée :)

  • R.M | 3 juin 2014

    Tout d’abord, merci pour ton témoignage, Alyna :)

    Ensuite, un grand bravo à toi et ton compagnon. Il est vrai que cette vision du couple sort un peu des sentiers battus, mais après lecture de l’article, je suis persuadé qu’elle peut être un véritable atout, à condition de bien communiquer, comme tu l’as expressément dit. Je partage avec toi la vision de l’humain infidèle. J’espère pouvoir un jour faire preuve d’autant d’ouverture d’esprit que toi! Quoiqu’il en soit, je pense que chaque couple peut trouver son équilibre, et j’aime beaucoup le fait de rester la « seule » et unique, malgré les autres partenaires. Je trouve ça très juste.

    Bref, bon courage à vous deux.
    PS : je m’en vais lire ton journal du coup! D’autant plus que tu as apprécié le mien, je suis encore plus curieuse maintenant :)

    • Alyna | 4 juin 2014

      Merci :)

      Tu sais, je ne sais pas si on peut dire « faire preuve d’ouverture d’esprit », il s’agit en fait de simplement vivre comme on le ressent. Là où j’ai de la chance, c’est d’avoir trouvé un partenaire qui partage la même vision de la vie que moi.

      J’ai apprécié ton journal, mais par contre je ne reconnais pas ton pseudo là. R. M ?
      Si tu veux lire mon journal, pas obligé de TOUT lire, il y a sûrement beaucoup de superflu. Il y a un récapitulatif au début, et je parle de ma rencontre avec le King dans les 1ères pages (mais je crois que j’en ai édité une partie).

  • Mélie | 3 juin 2014

    Je suis d’accord avec les précédents commentaires. A savoir que je pense vraiment que ça peut être un atout de vivre comme ça, mais avec au préalable une communication super bien rodée, efficace, bienveillante.
    Et ça, c’est déjà un gros morceau avant d’y arriver :)

    • Anashka | 4 juin 2014

      Et ça, c’est déjà un gros morceau avant d’y arriver :)

      Oh que oui !

    • Alyna | 4 juin 2014

      En effet, comme tu le dis, la communication doit VRAIMENT être bien rodée, efficace et bienveillante. Et pour en arriver là, ça demande que les deux partenaires fassent l’effort d’avoir cette communication entre eux, ce n’est pas toujours simple…
      C’est une des raisons pour lesquelles je ne me verrais pas en relation libre avec un nouveau partenaire. Il faut du temps pour que la communication et la confiance nécessaire s’établisse (pour nous, il nous a fallu 8 ans ;) )

  • Shenaz | 3 juin 2014

    Merci pour ton témoignage fort interressant.

    Sans aucune démagogie, peut être que votre choix s’avère au final le plus pragmatique… Je ne sais pas la non exclusivité, le libertinage, c’est des concepts un peu nouveau pour moi et perso ça me ferrait même un peu peur. Il faut avoir atteint, je pense, un tel degré de confiance en l’autre et en la relation que ça me paraît impossible, voire risqué.
    Mais il est vrai que pour les couples qui se sont rencontrés très jeunes, il est illusoire de penser que le sentiment de ne pas avoir assez « profité » ne viendra pas sur le tapis un jour ou l’autre. De même que je trouve qu’il est très sage de votre part d’avoir pris conscience qu’au final,  » l’autre ne nous appartient pas »: combien de couple se sont cassés la figure parce qu’ils ne pouvaient ou ne voulaient pas intégrer cette notion, qui pourtant, une fois comprise, permet d’être plus serein.

    Je me suis également reconnue dans ce passage « avec un homme dont je ne veux partager que la couette, je peux être jalouse des autres femmes qui ont ce rôle, mais pas de sa copine  » – A titre d’exemple, mon dernier plan cul, je ne me suis pas vu à un seule moment comme pouvant être une potentiel petite copine. Il ne correspondait pas du tout à l’idée que je me faisais de l’homme qui paratgerait ma vie, mais pour s’amuser, why not. Et il n’a pas compris pourquoi je pétais un plomb parce qu’il faisait du rentre dedan à ma pote ( et à l’unanimité sur le forum, on m’a bien dit que c’était archi bourrin de sa part) – il a interprêté ça comme de la jalousie, dans le sens « amoureux » du terme. Mais il n’en était rien. J’ai fini par lui expliqué que je respecte la place de sa femme, et qu’il n’a jamais été mon désir de lui pomper cetet place, si j’ose dire. Mais c’est normal de ressentir une rivalité envers quelqun qui occuperait la même place que nous ( surtout si c’est une pote !!). Il a pas eu l’air de percuté, du coup je lui ai dit qu’il vallait mieux arrêter de se voir.

    J’ai quelques questions :
    1. Pourquoi la non-exclusivité plutôt que le libertinage ?
    2. Afin de pallier aux difficultés que ce type de relation engendre ( y compris la peur de voir l’autre s’amouracher d’une autre personne), pourquoi ne pas avoir convenu d’une règle du type,  » ok pour faires de nouvelles experiences, mais on évite les plans ‘amants’, ‘sexfriend’ ect.. » qui par définition, nécessite de se voir régulièrement ? J’ai beau être assez friande des deux dernières config’, ça reste quand même une pente ( très très) savonneuse, non ?

    Désolée pour le pavé ( quand même ^^) et au plaisir de te lire :)

    • Anashka | 4 juin 2014

      Je ne répondrais qu’en mon nom, mon regard sur ces questions. Bien sûr, le fin mot est à Alyna :)

      1. Pourquoi la non-exclusivité plutôt que le libertinage ?

      Le libertinage, c’est une configuration très particulière. Il y a assez peu de « sans l’autre ». Généralement, on est plutôt sur de l’exhib, du pluralisme, du club libertin. Les autres sont un peu soit des accessoires consentants au couple (qui décide de sa sexualité) soit des amants au couple (comme si le couple était une entité). Autrement dit, il n’y a pas tellement d’espace hors-couple. Bien que l’on puisse être en couple libre ET libertin.

      Le libertinage est une pratique sexuelle (anciennement philosophie) qui peut redevenir une philosophie-mode de vie.

      Je ne sais pas pourquoi Alyna et son compagnon ont fait le choix du libre plutôt que libertin. Mais, ce sont deux choses qui me semblent différentes :
      – on peut ne pas avoir envie de faire l’amour à quelqu’un d’autre devant/avec son partenaire (pudeur)
      – on peut préféré avoir un espace à soi pour la séduction (alors que si le couple est uniquement libertin, il drague à deux)
      – on peut ne pas aimer les pratiques libertines (club, trio, etc…)
      Et dans l’autre sens, on peut être à l’aise et aimer les pratiques libertines mais ne pas supporter que l’autre fasse « sans nous »…

      Je pense que le regard sur le couple est un peu différent :)

      2. Afin de pallier aux difficultés que ce type de relation engendre ( y compris la peur de voir l’autre s’amouracher d’une autre personne), pourquoi ne pas avoir convenu d’une règle du type, » ok pour faires de nouvelles experiences, mais on évite les plans ‘amants’, ‘sexfriend’ ect.. » qui par définition, nécessite de se voir régulièrement ? J’ai beau être assez friande des deux dernières config’, ça reste quand même une pente ( très très) savonneuse, non ?

      Le ONS s’il semble protecteur peut donner l’impression de : OK pour un ou deux débordements de temps en temps, mais rien de « construit ». Au niveau de la catégorisation, on serait presque sur un couple monogame-exclusif avec permission. Je pense que la non-exclusivité s’explore et pour renouveler sa sexualité, rien ne vaut la régularité. Après, est-ce réellement savonneux ? Plus que des amitiés et complicités ?

      Ca me penser à ces périodes où l’on est amoureuse de quelqu’un (genre un ex) et qu’on a des amants. Aucun amant ne vaut l’ex. Ils sont des amis, des confidents, au mieux… Mais, notre coeur est tout pris, tout monogame pour quelqu’un qui ne partage même pas notre vie…

      Voilà pour mon regard, mais je laisse la parole à l’auteure :)

    • Alyna | 4 juin 2014

      Merci pour ton commentaire.
      Je vais essayer de répondre à tes questions, mais je trouve qu’Anashka l’a déjà bien fait :)

      1. Pourquoi la non-exclusivité plutôt que le libertinage ?
      Tout simplement parce que le libertinage ne m’attire pas du tout :) Même si changer de partenaire et essayer des trucs à plusieurs pourraient me tenter, je ne me vois pas du tout faire ça avec mon homme. Parce que je veux rester sa priorité, et j’aurais sûrement l’impression de ne plus l’être si je le regardais faire l’amour à une autre. Parce que je n’arriverais pas à me lâcher, me sentant observée par lui. J’aime notre bulle, et je n’ai pas envie de l’ouvrir à d’autres personnes. Quand je suis avec lui, je suis avec LUI, point.
      Et comme l’a très bien dit Anashka, la non-exclusivité concerne l’espace où je ne suis pas en présence de mon homme. Ma propre vie, sa propre vie. On s’aime, mais on garde notre individualité.

      2. Pourquoi ne pas avoir convenu d’une règle du type, « ok pour faire de nouvelles experiences, mais on évite les plans ‘amants’, ‘sexfriend’ ect.. » qui par définition, nécessite de se voir régulièrement ?
      En effet, c’est une règle qu’il est possible de fixer. On s’est même posé la question au début (et je crois qu’on avait adopté cette règle en tout 1er lieu). Mais en fait, elle ne fait pas sens, car c’est agréable d’apprendre à connaître l’autre. Et ce n’est pas pour autant savonneux. Pas plus que d’avoir des amitiés avec quelqu’un du sexe qui nous attire. Il n’y a pas besoin du sexe pour tomber amoureux, et le sexe avec la complicité ne fait pas forcément tomber amoureux. Après, le risque existe, on est d’accord, mais je pense qu’il existe même quand on ne s’autorise pas la non-exclusivité.
      C’est aussi une histoire de confiance : si on voit que l’on s’attache de trop près à une relation suivie, on s’est engagé à 1)en parler à l’autre, 2)ne plus voir cette personne. On avait cette même règle avant d’être non-exclusif. Si on avait du désir trop présent pour une autre personne, on était engagé à 1)en parler à l’autre, 2)ne plus fréquenter cette personne.
      De toute façon, quelle que soit la façon dont on choisit de vivre notre couple, je crois qu’on a pas le choix : à un moment donné, on doit arrêter d’avoir peur et on doit faire confiance :)

  • vassilia | 3 juin 2014

    Merci Alyna pour cet article ! C’est très beau de voir combien toi et ton compagnon communiquez et formez un couple solide. Je me pose néanmoins quelques questions et ça m’intéresserait d’avoir ton point de vue. Cela concerne deux points (qui se rejoignent), sur la tierce personne et les sentiments.
    En effet, d’après votre contrat, il n’est pas question de développer des sentiments pour l’amant ou la maîtresse. J’en conclus que vous ne cherchez donc que des plans cul, des coups d’un soir ? Donc que votre envie de liberté est une envie de ressentir l’adrénaline de la séduction (de la chasse) et de la « prise » ? Ce qui vous motive, c’est l’envie de vous sentir désirer d’autres et désirés par eux, et de connaître d’autres corps ? (ce serait donc purement la séduction et le sexe, un côté épicurien, ne pas se priver des plaisirs multiples que la chair peut nous offrir ?)
    Si votre envie est aussi celle de rencontres plus approfondies que des simples ONS ou plan cul, comment faites-vous pour respecter votre contrat de ne pas éprouver de sentiment ? Est-ce qu’alors on ne tomberait pas dans un entre-deux, à la frontière du polyamour sans l’assumer ? C’est vraiment une question que je me pose en te lisant ! Que cherchez-vous ? Par exemple, quand on lit les mémoires des couples libres, on apprend que leur mode de fonctionnement s’apparentait davantage à du polyamour : Simone de Beauvoir et Sartre distinguaient « amours nécessaires » (leur couple) et « amours contingentes » (les autres relations, celles qu’ils préféraient sacrifier si elles menaçaient le couple principal qui, lui, était fondamental). Simone de Beauvoir a dans ce cadre vécu de véritables histoires d’amour parallèles (une grande passion avec son amant américain par exemple), et Sartre également. Pareil pour un autre couple de philosophes, les Desanti, qui racontent leur vie de couple libre dans un livre qui s’intitule « La liberté nous aime encore » (mais eux allaient vraiment jusqu’au ménage à trois, ce qui était encore plus poussé et ne concerne pas ton propre contrat).
    Je me pose cette question, que je lie à une autre : comment envisagez-vous les réactions de la tierce personne ? Votre contrat suppose que vous recherchiez des relations tierces ponctuelles (ou régulières mais sans sentiments – aïe, je ne sais pas si c’est possible ça, je l’ignore) avec des personnes qui ne veulent que du sexe avec vous en gros (et de l’amitié peut-être ? mais alors comment éviter que ça ne dérape vers du sentiment, avec de l’attachement, etc. ?). J’ai deux amis masculins, chacun en couple depuis 15 ans, qui m’ont dit avoir cessé d’avoir des relations avec d’autres femmes que leur compagne respective par égard en fait pour ces autres femmes. Parce qu’ils « n’avaient rien à leur offrir » (à part du plaisir, de l’érotisme). Est-ce que ça vous semble facile de gérer cet aspect-là (les attentes potentielles des amants et maîtresses) ? Voilà les questions que je me pose…

    • vassilia | 3 juin 2014

      (mes questions sont peut-être naïves parce que j’ai du mal à envisager l’intérêt du sexe pour le sexe – mais ce n’est pas le cas de tout le monde, en fait ! il faut juste trouver des amants et maîtresses qui partagent cette approche et ne seront pas blessés)

      • Julie | 3 juin 2014

        Je me pose exactement la même question: quid de ces Autres?
        C’est pas facile pour moi d’envisager le sexe sans la possibilité d’un amour… même un amour d’un soir. Faut pas se voiler la face, quand tu fais l’amour avec quelqu’un c’est toujours plus que du sexe, et d’ailleurs si c’était que ça, ça ne vous intéresserait peut-être pas en tant que couple. C’est une découverte, un partage, bref, y’a de l’amour. Bon moi je suis définitivement romantique, idéaliste à tendance naïve mais c’est pas une maladie dont je veux me soigner, donc je vous le dis comme ça me vient.
        Ce qui me gêne un tout petit peu, justement c’est qu’ici les Autres ne sont pas abordés. On parle de prioriser le partenaire, etc. mais pas de la façon dont on va gérer avec l’Autre. Est-ce que ça n’est pas de la consommation de fantasme à deux ou finalement l’Autre est instrumentalisé? (j’exagère à dessein)

        • Anashka | 4 juin 2014

          c’est toujours plus que du sexe

          Le plus que du sexe, est-il amour ? Tous les partages et découvertes sont-ils amours ?

          Il peut y avoir dans la relation à un amant : de l’affection, de la confiance, de la complicité, de l’amitié, de la tendresse. On peut même aimer l’autre, aimer ce qu’il est… et, ne pas être amoureuse. Ne pas s’envisager avec. Ne pas avoir le coeur qui bat plus grand. Ne pas voir le réel transcender.

          Est-ce grave pour l’amant ? Non, pas s’il est dans la même affection / dynamique… Oui, si lui sent sa réalité transcendé…

          Je ne répond qu’en mon nom, mais j’ai aimé certains de mes amants (une relation de 3 ans, tout de même). Il m’a aimé aussi. Mais, on ne s’envisageait pas. On attendait quelqu’un d’autre (alors même qu’on était parfois célibataire ensemble). On ne voyait pas nos coeurs s’ouvrir plus grand. Ce fin fil qui me fait sentir amoureuse n’était pas là. Je n’avais rien à lui reprocher (et vice-versa) mais je n’attendais rien de plus que ce qu’il m’offrait : un temps de pause. On s’est parfois instrumentalisé pour se remettre d’une rupture, mais on était d’accord là-dessus et on y trouvait notre compte. On s’est disputé (3 ans de relation, ça demande des modifications), réconcilier.

          Je n’envisage pas pour le moment de couple libre. Mais, je suppose que j’attendrais ce type d’amant, si j’étais dans la configuration. Est-ce que ça mettrais en doutes mes sentiments pour l’homme que j’aime ? Non. Je sais. Je sais qui j’aime. Pas avec ma tête, mais avec mon ventre.

          Et, je pense que l’Autre, l’amant… peut vivre une grande histoire d’amour qui n’est pas moi. Qu’il faut un temps pour la rencontrer cette histoire et qu’en attendant, je lui offre autre chose… Il a le droit de ne pas s’en saisir. Mais, dans le cas de cet homme, il était très au clair sur ce qu’il espérait de l’amour et ce n’était pas moi. Moi, j’étais son amante et son amie. :)

          • vassilia | 4 juin 2014

            Merci Anashka pour ta réponse ! Je confirme que je ne pourrais pas vivre cela… En ce qui me concerne, d’expérience, soit les sentiments s’en mêlent/s’emmêlent, soit le désir retombe comme un soufflé (après une éventuelle excitation initiale)…

            Pour la tierce personne, attention quand même aux dégâts possibles…! même si c’est une grande fille/un grand garçon, il n’est pas impossible qu’un espoir inconscient vienne se nicher dans son coeur… Il faut savoir être très à l’écoute des signaux qu’il/elle envoie et le/la respecter un maximum !

            En tout cas, que tu explicites tout ça (en ton nom) me confirme aussi mon désaccord avec le postulat initial d’Alyna, à savoir « L’humain n’est pas fidèle ». Il y des humains infidèles et des humains fidèles… (par absence de désir pour d’autres) (je fais partie de ces derniers). Le couple libre doit bien fonctionner pour les premiers, c’est possible !

            Je ne sais pas si chaque relation est vouée à durer 50 ans si l’on communique bien, si l’on se débarrasse du désir épisodique pour d’autres, si… il y a des couples qui dureront, d’autres non. J’ai l’impression (corrigez moi si vous n’êtes pas d’accord) que la plupart des couples qui se séparent à cause de l’infidélité (risque que voudraient conjurer Alyna et son compagnon justement) se séparent parce que l’autre est en fait tombé amoureux ailleurs, pas seulement parce qu’il a eu envie d’une amitié érotique, d’un corps… Autour de moi, les couples, j’ai l’impression, résistent assez facilement à la tentation du coup de canif dans le contrat (coucher avec quelqu’un d’autre en soirée, etc.), mais se séparent quand l’un des deux (que le couple aille mal ou non !) rencontre une autre personne qui le/la chavire, le/la bouleverse… Je connais des couples qui sont alors restés ensemble (mais celui qui a été ému profondément par une rencontre commence à multiplier les maîtresses, avant de réaliser qu’il n’aime plus sa conjointe depuis ce coup de tonnerre et la quitte), d’autres qui se sont séparés, d’autres qui ont surmonté ça. Bref, à part peut-être pour les très jeunes couples, la tentation est rarement purement physique, sexuelle…

            Je pense en revanche qu’Alyna et son compagnon se sentent un peu « courts » en expériences, à cause de leur rencontre très jeunes, et qu’il y a cette envie (humaine !) de connaître différents corps, d’avoir joué à la séduction, tout ça, tout ce que d’autres, dans la même circonstance, pourraient se reprocher de n’avoir pas vécu. Et comme ils ne veulent pas être aigris, ils s’autorisent à expérimenter, à vivre ensemble cette jeunesse libre. Est-ce que c’est un modèle qu’ils vont faire perdurer une fois ces expériences faites ? Je suis curieuse de savoir comment cela évoluera ! Deviendront-ils libertins, redeviendront-ils exclusifs…? Continueront-ils sur ce modèle ?

          • Anashka | 5 juin 2014

            Il faut savoir être très à l’écoute des signaux qu’il/elle envoie et le/la respecter un maximum !

            +1. Quand tu ne sais pas, tu peux arrêter par prévention. Vraiment rappeler tes bases, tes règles, tes limites et la priorité du couple. Après l’attachement ne me parait pas interdit…

            Il y des humains infidèles et des humains fidèles…

            Par rapport à la sexualité, il y a des humains qui ne peuvent PAS avoir de relations sexuelles sans amour. Et d’autres qui ne s’y retrouvent pas avec un seul partenaire :)

            Bref, à part peut-être pour les très jeunes couples, la tentation est rarement purement physique, sexuelle…

            J’aurai plutôt tendance à penser qu’on ne se fait pas griller pour un coup de canif. C’est discret, il suffit que ce soit pendant une distance physique du couple… Et, c’est si vite oublier même pour la personne qui consomme !

            . Est-ce que c’est un modèle qu’ils vont faire perdurer une fois ces expériences faites ? Je suis curieuse de savoir comment cela évoluera ! Deviendront-ils libertins, redeviendront-ils exclusifs…? Continueront-ils sur ce modèle ?

            « L’amour est à réinventer », ce qu’on ne leur enlèvera pas, c’est qu’il y a de l’amour et l’envie de se réinventer. Peu importe les « modèles » qu’ils traverseront (ou pas), je pense qu’ils sont en création d’un amour unique (même si le modèle est partagés)

          • Alyna | 4 juin 2014

            Vassilia, dans les couples dont je parle, certains se sont séparés pour une infidélité qui n’était pourtant pas amour. Parfois le fait d’avoir été trahi empêche de faire confiance à nouveau et mène le couple à sa perte…
            Je crois qu’on ne peut pas généraliser.

            « Bref, à part peut-être pour les très jeunes couples, la tentation est rarement purement physique, sexuelle…  »
            Comme je suis encore très jeune, je ne peux pas dire… ;)

            « Je pense en revanche qu’Alyna et son compagnon se sentent un peu « courts » en expériences, à cause de leur rencontre très jeunes, et qu’il y a cette envie (humaine !) de connaître différents corps, d’avoir joué à la séduction, tout ça, tout ce que d’autres, dans la même circonstance, pourraient se reprocher de n’avoir pas vécu. Et comme ils ne veulent pas être aigris, ils s’autorisent à expérimenter, à vivre ensemble cette jeunesse libre. Est-ce que c’est un modèle qu’ils vont faire perdurer une fois ces expériences faites ? Je suis curieuse de savoir comment cela évoluera ! Deviendront-ils libertins, redeviendront-ils exclusifs…? Continueront-ils sur ce modèle ? »
            Je suis assez en accord avec ça, peut-être que plus tard, quand on sera « rassasiés », on reviendra à une forme d’exclusivité. Je ne l’exclue pas ;)
            Libertins, je ne sais pas, c’est quand même tout à fait autre chose à mes yeux. Mais il ne faut pas dire « Fontaine je ne boirai jamais de ton eau »…

            @ Anashka : j’approuve tout ce que tu dis sur la relation avec l’amant. C’est vraiment comme ça que je perçois les choses.

        • Alyna | 4 juin 2014

          @ Julie : je suis d’accord avec toi sur l’idée « quand tu fais l’amour avec quelqu’un c’est toujours plus que du sexe ».

          Cependant, je ne pense pas que l’autre soit instrumentalisé. A partir du moment où il sait dans quoi il s’engage, il est libre d’accepter ou non. Ou alors, si on considère qu’en couchant avec un homme juste pour passer de bons moments je l’instrumentalise, on peut dire que lui aussi, en couchant avec moi juste pour passer de bons moments, m’instrumentalise. C’est d’un commun-accord.

          Vrai que dans l’article je n’ai pas parlé de la place des autres. Je n’y ai pas pensé… Comme l’a dit Vassilia « Il faut savoir être très à l’écoute des signaux qu’il/elle envoie et le/la respecter un maximum ! « . Et être honnête avec cette personne, autant qu’avec son « officiel ».

          • vassilia | 4 juin 2014

            Coucou Alyna ! Merci. Je te réponds juste sur la question des couples qui se séparent après une infidélité : bien sûr que même si c’est juste physique, etc, il y a le sentiment de trahison (et je quitterais mon copain si j’apprenais qu’il m’a trompée même seulement « physiquement »). En fait, je te disais juste qu’autour de moi, les couples avaient su résister à la tentation de l’infidélité purement physique (qui n’est peut-être pas si forte quand on a eu pas mal d’expériences avant de se mettre en couple, je ne sais pas…), et que la question s’était posée quand ils étaient tombés amoureux de quelqu’un d’autre. Mais c’est peut-être une question d’âge, etc.

          • Alyna | 4 juin 2014

            Ah oui, Vassilia, je comprends mieux ce que tu voulais dire. Mais j’ai là aussi des contres-exemples. Et je me pose une autre question : au bout de 20/30 ans de vie commune, le désir pour l’autre peut s’émousser. N’est-il pas alors tentant de retrouver l’étincelle du désir ailleurs, même si c’est juste physique ? Je ne sais pas, je n’ai pas encore vécu ça, mais je l’imagine comme ça…

    • lapetitefée | 3 juin 2014

      Tout comme Vassilia. :D

    • Anashka | 4 juin 2014

      Je ne sais pas si le ménage « à trois » est plus poussé… C’est différent. Pour moi, je serais plus à l’aise avec un ménage à trois qu’un couple libre. Parce que jeune couple, surement, je ressens le besoin de tout partager avec mon partenaire. Je ne serais pas choquée à l’idée d’aimer conjointement une autre personne. Je souffrirai plus de l’exclusion de cet amour-là.

      Même si elles peuvent se mêler, je continue à penser que les pratiques libertines (ensemble on voit des amants / maîtresses) ont des dynamiques différentes que celles des couples libres (on vit d’autres histoires, ici érotique, en parallèle). Dans le premier cas, il y a le couple fait individu qui est utilisé pour la séduction/ sexe / amour (s’il en faut). Dans le second cas, l’individu donne la primauté à son couple, mais existe en tant que tel avec ses désirs propres et son jardin propre… Bien sûr, les deux dynamiques peuvent être conjointe, mais en elles-mêmes, elles me semblent nécessiter un dialogue différent :)

    • Alyna | 4 juin 2014

      J’essaye de répondre à tes questions, si ce n’est pas clair, n’hésite pas à redemander :)

      – J’en conclus que vous ne cherchez donc que des plans cul, des coups d’un soir ? Donc que votre envie de liberté est une envie de ressentir l’adrénaline de la séduction (de la chasse) et de la « prise » ? Ce qui vous motive, c’est l’envie de vous sentir désirer d’autres et désirés par eux, et de connaître d’autres corps ? (ce serait donc purement la séduction et le sexe, un côté épicurien, ne pas se priver des plaisirs multiples que la chair peut nous offrir ?)

      Pas forcément que des plans culs ou coups d’un soir. Même si en effet, l’adrénaline de la séduction, le désir réciproque, les plaisirs multiples de la chair sont des raisons importantes dans notre décision. Le fait d’apprendre à connaître quelqu’un, de créer de la complicité nous fait aussi envie.

      – Si votre envie est aussi celle de rencontres plus approfondies que des simples ONS ou plan cul, comment faites-vous pour respecter votre contrat de ne pas éprouver de sentiment ?

      Je pense que ma réponse à Shenaz répond un peu à cette question.

      – Est-ce qu’alors on ne tomberait pas dans un entre-deux, à la frontière du polyamour sans l’assumer ?

      Effectivement, ça peut s’en approcher, tout dépend ce que l’on considère comme le polyamour. Si c’est partager une passion en dehors de son couple, je pense que c’est envisageable. Mais pour moi, le polyamour est avant tout « amour », à ne pas confondre avec passion. Pour qu’il y est polyamour, il faut qu’il y ait engagement, projets de vie avec d’autres personnes, ce qui ne sera jamais le cas. Mais ce n’est que ma vision du polyamour, je ne dis pas que c’est la vision de tous. Par ailleurs, en polyamour, je considèrerais qu’il n’y en a pas un qui a priorité sur l’autre, tous les partenaires ont la même place. Ce ne sera jamais notre cas (sauf si on décide de migrer vers du polyamour, mais ce n’est pas à l’ordre du jour !)

      – Comment envisagez-vous les réactions de la tierce personne ?

      C’est un élément à prendre en compte, en effet. Pour ça, il est important d’être clair avec l’autre : je suis en couple, je ne veux rien de plus que passer du bon temps. Il faut que les deux personnes aient envie de la même chose. J’ai eu une « tierce personne » qui avait les mêmes envies (il sortait d’une longue relation, allait partir vivre à l’étranger dans quelques mois, il ne voulait pas de « copine », mais juste passer des bons moments). J’ai aussi rencontré un homme pour qui une relation en dehors du statut couple était impossible, j’ai respecté ça.
      Là où j’ai plus de mal, c’est à être claire dès le départ avec les « tierces personnes ». Ce n’est pas simple, j’apprends petit à petit.

      – Est-ce que ça vous semble facile de gérer cet aspect-là (les attentes potentielles des amants et maîtresses) ?

      Facile, non, comme je l’ai dit plus haut. L’idéal est de tomber sur quelqu’un qui, à cette période de sa vie, ne veut pas vivre d’histoire « sérieuse ». Et d’être clair, toujours. Si malgré ça des attentes se révèlent, c’est en quelque sorte un « contrat » qui n’est pas respecté, et j’imagine que dans ce cas-là, il vaut mieux couper les ponts le plus tôt possible. Mais je n’ai encore jamais été confrontée à ça…

  • Louis | 4 juin 2014

    Je ne comprends pas trop : on a fait la guerre à la polygamie, on a dit que c’était un »reste de religion », arriérée et rétrograde, et on saute toutes ces indignations pour retomber dans le couple libre. La polygamie sous Louis XIV était punie par la peine de mort, et c’était l’époque où le roi lui-même avait des maîtresses en plus de sa femme, au vu et au su de tout le monde. Il y a là des contradictions que j’ai peine à comprendre…

    J’ai trouvé une seule explication : dire polygamie revient à dire mariage, et donc élément cautionné par telle ou telle institution religieuse, et donc existence d’un dogme, et donc justification de la destruction de ce dogme puisque nous sommes au siècle du « fais ce qui te plaît ». Pour moi, ce qu’on appelle « couple libre » n’a pas d’autre justification que l’application de cette règle étrange : n’obéir à rien d’autre que le désir, le plaisir, l’instinct aveugle, d’autant plus qu’elle n’est pas constructive – tout au contraire – c’est un anéantissement des structures relationnelles humaines, même si le témoignage d’Alyna tente, dans un dernier soupir de bon sens, d’en établir quelques unes.

    Ma question est simple : si les relations libres sont un modèle acceptable, à quoi bon parler de couple ? A quoi bon parler d’amour ? Donc, ce qu’il y avait d’exceptionnel entre un homme et une femme, cette relation privilégiée d’intimité, de respect et de confiance unique accordée à une personne, devient dérisoire, voire démodé : puisque le premier venu peut accéder à mon intimité, à mon corps, recevoir mes baisers, mes caresses, puis repartir. Que reste-t-il donc de l’être avec qui je « suis en couple » ? Une amitié ? Une habitude de vie à deux ? Une nostalgie ? Le loyer qu’on paie ensemble ?

    Les singes se mettent en couple et ont une structure familiale qui garantit la stabilité sociale ; même les pigeons, ces lance-crotte qui roucoulent, restent avec le même partenaire jusqu’à la mort; les souris, même les rats, ont une vie de couple. Si tout le monde couche avec tout le monde, chez nous race humaine, qu’est-ce que nous sommes devenus ?

    • Alyna | 4 juin 2014

      Avant tout : tous les mammifères ne sont pas monogames, les oiseaux oui. Les chats, les chiens, les chevaux, même les singes, etc, ne sont pas monogames.

      « Ma question est simple : si les relations libres sont un modèle acceptable, à quoi bon parler de couple ? A quoi bon parler d’amour ? Donc, ce qu’il y avait d’exceptionnel entre un homme et une femme, cette relation privilégiée d’intimité, de respect et de confiance unique accordée à une personne, devient dérisoire, voire démodé : puisque le premier venu peut accéder à mon intimité, à mon corps, recevoir mes baisers, mes caresses, puis repartir. Que reste-t-il donc de l’être avec qui je « suis en couple » ? Une amitié ? Une habitude de vie à deux ? Une nostalgie ? Le loyer qu’on paie ensemble ? »

      Ce n’est pas parce que je suis en relation libre que je ne suis pas en couple. J’aime mon homme, je n’aime pas les autres hommes. Ce qu’il y a entre lui et moi est exceptionnel. Nous avons une relation privilégiée d’intimité, de respect et de confiance. Pas unique, parce que ça n’aurait pas de sens. Je respecte mes amis et ma famille, même les inconnus. Et j’ai confiance en mes amis et ma famille. Mais mon homme est le plus haut placé sur l’échelle, si on peut dire.
      Le premier venu ne peut pas accéder à mon corps ou à mon intimité. Seulement ceux qui me « touchent » au sens émotionnel du terme. Seulement ceux qui me font vibrer, qui me plaisent. Là-dessus, je suis d’accord avec ta phrase « n’obéir à rien d’autre que le désir, le plaisir, l’instinct ». Et je ne vois vraiment pas en quoi c’est un mal (tant que personne n’en souffre), ni en quoi c’est un anéantissement des structures relationnelles humaines. Structures établies par qui ? En quoi ces structures ont-elles plus de poids que nos propres envies ?
      « Que reste-t-il de l’être avec qui je suis en couple ? » Tout. Une amitié. Une habitude de vie à deux. Une nostalgie. Le loyer qu’on paye ensemble, pas vraiment, puisqu’un jour j’aimerais qu’on n’habite plus ensemble. De l’intimité. Du partage. Des bons moments. Des projets à court, moyen et long terme. De la complicité. Du jeu. De la solidarité. Du respect. De la communication. Une vision commune de la vie. L’éducation de notre enfant. Etc, je vais forcément en oublier.

      En ce qui concerne la polygamie, selon moi, cela soulève d’autres problèmes : la place des femmes. Mais ce n’est pas la question dans cet article. Je préfère qu’on parle de polyamour, et tu en auras mon point de vue dans les autres réponses que j’ai donné en commentaire.

      • Louis | 4 juin 2014

        « Structures établies par qui ? En quoi ces structures ont-elles plus de poids que nos propres envies ? »

        Le simple bon sens, qui me dit entre autres que l’inceste est une folie, et qu’aucun désir ou plaisir ou instinct, ni exemple animalier, ne me convaincra du contraire. Tu pourrais me dire qu’il y a loin entre l’inceste et le couple libre, mais je dirais que c’est pareil, dans le principe, qui est : fais ce qui te plait. Et qui a établi ce principe : « le plaisir d’abord » ? Quant à moi, je préfère suivre mon raisonnement, aussi logique que possible, que mon instinct ou mon bon plaisir. Peut-être que demain, je violerai une femme pour mon plaisir, et je dirai ensuite qu’elle le voulait sans le dire. C’est un argument classique chez ces psychopathes.

        Pour résumer, je ne crois pas trop au couple libre, et cette image qui le représente dans ce témoignage. Je suis sûr qu’il a des aspects cachés et tristes, pour ne pas dire des violences. Je présume seulement, car je n’en ai aucune preuve, aucun témoignage.

        Sur le plan individuel, bien sûr : chacun ses choix. Nous essayons juste de confronter deux idées différentes. Mais je ne me laisserai jamais convaincre que le couple libre est un modèle comme les autres. Pour moi : c’est la dissolution du couple, et donc il a cessé d’être un modèle pour devenir un ensemble de fragments de quelque chose de cassé.

        Je crois fermement qu’un homme peut n’aimer qu’une seule femme dans sa vie, qu’elle remplisse son cœur et sa tête en sorte qu’elle soit le centre de sa vie et qu’il gravite autour d’elle avec la joie du soleil. Ce n’est pas un ado mais un homme de trente ans qui le dit. Je n’aimerai qu’une seule femme, et je préfère qu’on me crible de balles ou que je crève plutôt que de lui être infidèle. Ce sera elle, ou rien du tout. Ma tête et mon cœur se mettent d’accord sur peu de choses, mais sur celle-ci, ils le sont.

        • Anashka | 5 juin 2014

          l’inceste est une folie

          Hormis chez les animaux d’élevages, l’inceste vertical est moins pratiqué chez les animaux que chez les êtres humains. (Cyrulnik est pas mal sur le sujet)

          Je ne comprend pas le rapprochement entre des pratiques impliquant un non-consentement (viol) et celles où tout le monde est consentant (qui dit consentement, dit logique)

          c’est la dissolution du couple, et donc il a cessé d’être un modèle pour devenir un ensemble de fragments de quelque chose de cassé.

          En quoi l’exclusivité fédère le couple ? (Sachant que de nombreuses sociétés ne fonctionnent pas sur ce modèle là)

          Je n’aimerai qu’une seule femme, et je préfère qu’on me crible de balles ou que je crève plutôt que de lui être infidèle. Ce sera elle, ou rien du tout. Ma tête et mon cœur se mettent d’accord sur peu de choses, mais sur celle-ci, ils le sont.

          Tu ne seras pas poly-amoureux :) Mais, quand on parle de couple « libre » ou « libertinage », on parle encore d’exclusivité amoureuse, pas sexuelle. Mais, il y a des personnes pour qui c’est essentiel d’être exclusif sur les deux pans, tu en fais partie. C’est pas bien ou mal. C’est un choix qui te correspond (et qui correspondra à la personne que tu attends ^^). Mais, ce n’est pas le choix de tous. Et, ce qui te correspond du plus profond de ton être n’est pas universel. Ce n’est pas parce que quelque chose est fondamental pour toi, qu’il doit faire règle commune :)

          • Louis | 6 juin 2014

            Le viol est un mauvais exemple à cause de la question du consentement. Je parle du principe d’enlever toute barrière avec l’argument de « faire ce qui me plait ». Ce principe ne me plait pas du tout, et je ne le conseillerais à personne.

            Je veux raisonner, c’est tout, et dire en ce moment : je ne veux pas me soumettre au plaisir, car je suis libre. Aussi : le terme de « couple libre » devrait être appelé « couple soumis au plaisir », ou bien « couple à très grande envie de s’agrandir » même si ça suggère une idée plus familiale.

            Autre erreur que vous commettez : mélanger les choses. Vous prenez d’une part : le principe de multiplicité de partenaires sexuels, dans le but d’avoir beaucoup de plaisir charnel, et d’autre part : le couple, c’est à dire qu’il y a une certaine forme d’engagement, ou de contrat en tout cas, avec une personne donnée. C’est une solution trop facile, je prends le beurre et l’argent du beurre : comme ces rois orientaux qui prenaient une épouse et quatre-vingt-dix concubines. L’épouse reçoit les hommages de la femme, de la mère, et les honneurs d’une reine. Puis les concubines sont là pour étancher les ardeurs du roi, à ses heures de lassitude.

            Nous confrontons nos points de vue, rien d’autre. Voici le mien : l’idée d’un partenaire auquel nous sommes attaché, avec qui nous acceptons de vivre en disant « c’est toi que j’aime », mélangée à l’idée d’autres personnes qui viennent partager sa vie sexuelle… est tout simplement incroyable. Moi j’en suis tombé sur les fesses. Comment peut-on avoir la moindre petite idée de ce qu’on va endurer comme souffrances, doutes, peurs… c’est une torture abominable ! Tu me diras que vous consentez ensemble, que vous êtes d’accord sur tout, que vous vous racontez tout… mais je ne crois absolument pas qu’on peut être amoureux d’une personne et vivre ainsi.

            A moins que, comme je le pense, le couple libre ne soit pas un couple. Ces deux personnes sont – dans le meilleur des cas – de bons vieux amis. Peut-être ont-ils peur de se séparer et de se retrouver seuls. Peut-être s’arrangent-ils pour payer le loyer ensemble. Peut-être qu’ils n’osent pas s’avouer qu’aucun d’eux n’a jamais été amoureux de l’autre, mais d’une idée qu’il s’en faisait. Peut-être qu’ils ne veulent absolument pas se mettre en couple. Mais ne me dites pas qu’ils sont amoureux l’un de l’autre et qu’ils partagent, sans autre torture – qui pour moi serait insupportable – leurs lits avec d’autres.

            Je ne fais pas de dogmatisme. Je sais très bien que ce qui me convient ne convient pas à tous. Mais, dis-moi Anashka, tu n’as pas l’impression d’une dissolution des repères ? Là nous en sommes à bien ficeler l’une à l’autre l’exclusivité amoureuse et la multiplicité sexuelle. Encore, le poly-amour pourrait s’entendre, c’est-à-dire qu’il n’y pas d’amour du tout – ou un amour particulier lié à… pfff ! Quoi ? Je ne sais pas.

            Je ne dis pas que ma façon de voir les choses est la meilleure (quoi que j’en sois convaincu). Je dis seulement : je ne comprends pas. Expliquez-moi.

          • Anashka | 9 juin 2014

            Aussi : le terme de « couple libre » devrait être appelé « couple soumis au plaisir », ou bien « couple à très grande envie de s’agrandir » même si ça suggère une idée plus familiale.

            Je suis d’accord sur le terme de « couple libre », comme si les autres couples étaient enchainés. C’est un terme gênant. Mais « soumis au plaisir » ne me va pas. Tous, dans le couple libre, ne recherche pas le « plaisir ». Et, partir à la recherche d’autres personnes, corps, pratiques n’est pas nécessairement une soumission. Pour certains peut-être, pour d’autres non.

            « Couple ouvert », peut-être ?

            C’est une solution trop facile

            C’est un aménagement agréable. Mais pourquoi le couple devrait se priver de ses aménagements là, si les deux le désire ?
            Mais « facile », non. On voit dans le témoignage d’Alyna, qu’il faut du dialogue, de la confiance (je crois qu’ils en sont à 8 ans de relation, qui a du être traversée par une multitude de choses…). Bref, on ne devient pas un couple ouvert comme ça. C’est du travail. Que le résultat soit agréable, tant mieux, en fait. :)

            Tu me diras que vous consentez ensemble, que vous êtes d’accord sur tout, que vous vous racontez tout… mais je ne crois absolument pas qu’on peut être amoureux d’une personne et vivre ainsi.

            C’est la preuve par excellence que ce modèle ne te conviendrais pas. Imaginons un couple qui parle de personnes qu’elles ont trouvés attrayantes : mon mec me parle d’une jolie fille désirable. Soit, je trouve cette confidence insultante et je me sens en danger par elle (ma jalousie est bien présente). Soit, je partage son désir avec lui, tente de le comprendre et ai le sentiment d’une confiance partagée parce qu’il se permet la confidence.

            Dans tout les cas, il a trouvé la fille jolie. A moi de choisir quel sens je veux donner à cette information. Je ne pense pas qu’il en ait un meilleur que l’autre. Y’en a un qui me correspond mieux. :) Mais, effectivement, si je ne suis pas jalouse, je n’ai pas cette souffrance dont tu parles…

            Il y a des couples ouverts qui pratiquent cette ouverture pour tenter de réparer une histoire qui ne marche plus. (Comme pour le couples libertins). On peut comme on « pimente » une relation qui n’a pas de gout. Il y en a qui éprouve un désir de vivre autre chose et cela vient renforcer quelque chose de pré-existant.

            Comme en couple monogame, tu peux choisir la monogamie parce qu’elle te convient mieux, parce qu’elle vient renforcer quelque chose de pré-existant. Comme tu peux la choisir pour pimenter ton sentiment pour l’autre, le faire grossir artificiellement (puisqu’il y en a qu’un seul, il faut l’aimer comme un fou et tout les affects seront reportés sur lui).

            Il est sûr que le type de relation peut créer des choses artificielles. D’où l’importance d’^tre très à l’écoute de nos besoins et de savoir les formuler à l’autre… :)

          • Louis | 9 juin 2014

            Je n’ai jamais eu de rapports sexuels avec une femme. Même mon premier baiser est resté dans une boîte, depuis trente ans. Je donne une très grande importance à cet acte. Je ne peux pas le faire sans aimer, et je ne peux pas aimer sans tout donner.

            Il n’est pas facile de penser de façon différente, surtout si cette pensée est rétrograde. C’est mon cas, je ne m’en cache pas. D’où l’aspect zélé de mes commentaires. Or, mes pensées sont pour moi, et j’aurais pas dû les partager ici.

          • Anashka | 10 juin 2014

            Elle représente ta perception des choses et offre un autre regard. Au contraire, tu as bien fait de les partager. Pour toi, l’amour es nécessairement lié à un engagement total, corps compris. Finalement, quand on parle d’amour, c’est comme quand on parle de Dieu. Il est possible que rencontrant mes amours (déjà, le pluriel), ce ne soit pas pour toi « de l’amour », mais autre chose. Et, il est possible que rencontrant le tient, je ressent la même chose…

            Ce qui ne veut rien dire de l’amour « objectif ». On peut se planter tous les deux ou il peut y avoir une cohabitation, ou l’un de nous a une version plus « vraie ». Mais, au final, ça ne me parait pas important. Ce qui me semble important, c’est que l’on s’y retrouve avec notre perception et la réalité (la notre) à laquelle nous sommes confrontés. :)

        • Alyna | 5 juin 2014

          Il y a une trèèès grande différence entre couple libre et inceste/viol.
          Dans le premier, il s’agit de se faire plaisir, à condition que tout le monde soit consentant, respecté, et que personne ne souffre. Ce n’est absolument pas le cas du 2ème et du 3ème. Donc ça n’a rien à voir.

          – « Et qui a établi ce principe : « le plaisir d’abord » ?  »
          Et bien… en ce qui concerne MA vie, c’est moi qui ait établi ce principe. Je ne force aucunement les autres à en faire de même, si tu préfères la logique au plaisir, grand bien t’en fasse (encore que selon moi, le couple libre répond à une certaine logique expliquée dans l’article). De mon côté, je considère que l’on n’a qu’une vie et qu’elle est bien trop courte pour s’interdire des plaisirs qui ne font du mal à personne.

          Tu ne crois pas à l’image représentée par mon témoignage ? Pourtant, je ne vois pas où serait l’intérêt de mentir… Il n’y a pas d’aspects cachés ou tristes ou encore moins violents. Mon témoignage n’est sûrement pas exhaustif, certes, car je suis jeune et je n’ai pas été confrontée à toutes les situations possibles. Mais il est le plus complet possible concernant mon expérience actuelle et ne cache rien. Si tu ne me crois toujours pas, je t’invite à lire mon journal où je relate depuis bientôt un an (donc depuis le début de la relation libre) toutes mes histoires.

          -« Je présume seulement, car je n’en ai aucune preuve, aucun témoignage.  »
          Tu as mon témoignage, qui te dit le contraire :)

          -« c’est la dissolution du couple, et donc il a cessé d’être un modèle pour devenir un ensemble de fragments de quelque chose de cassé. »
          Je ne dirais pas mieux qu’Anashka :
          « En quoi l’exclusivité fédère le couple ? (Sachant que de nombreuses sociétés ne fonctionnent pas sur ce modèle là)  »

          -« Je n’aimerai qu’une seule femme, et je préfère qu’on me crible de balles ou que je crève plutôt que de lui être infidèle. »
          Dans le couple libre, on n’aime pas les autres. Je n’aime pas mes « amants ». Je n’aime que mon homme. Et je ne lui suis pas infidèle, puisque selon lui et moi, il y aura infidélité si on aime une tierce personne ou si l’on ment à l’autre.

          Au final, peu importe la façon de vivre le couple, chacun la sienne, tant que tout le monde s’y retrouve, c’est l’essentiel. Mais l’important est de faire ce choix à deux, d’être d’accord, de se respecter. Exclusif ou non-exclusif, ça ne change pas les bases ;)

          • Louis | 6 juin 2014

            Le respect, la tendresse, le consentement mutuel : ce sont de très belles choses. Je suis d’accord avec chacun de ces mots. Ma question ne porte pas sur ça. Qu’aucun ne souffre : est-ce que le choix de la multiplicité sexuelle avec un seul amour garantit une absence de souffrance ? Je suis sûr du contraire, nonobstant ton témoignage.

            A partir de là, je dois dire deux choses : d’une part je prends ton témoignage en totale dissociation de ta personne. Aucun jugement. Je pose des questions car j’avoue que je n’y comprends pas grand chose.

            Deuxième chose : je réalise que mon point de vue pose des limites, et que le tien les enlève. Tu as donc un avantage, c’est la position du libertaire. Alors que moi je joue le rôle du réactionnaire. Voilà. Je te réponds :

            C’est parce qu’on n’a qu’une vie, qu’elle est trop courte, qu’il ne faut pas – selon moi – la gaspiller avec de multiples partenaires. Bon, épicurien : fais-ce qui te plait ! Voltaire, Rousseau, et les amis de Fouquet étaient de joyeux compagnons. Mais te rappelles-tu comment est mort Musset ? C’était le plus grand amateur de la vie sexuelle « libre » jusqu’à ce qu’il perde complètement le fil du bonheur. A trente, puis à quarante ans, il était en totale déprime, il n’avait rien. Ses dernières œuvres étaient une critique très ouverte, très violente envers Voltaire notamment qu’il a accusé d’avoir encouragé les pratiques sexuelles sans amour. En son temps, la jeunesse se trouvait perdue, sans repère, et sombrait dans l’alcool et la sexualité. Et je te jure que la façon dont il décrit ses rapports avec des femmes d’un soir, la façon dont il partage ces moments, comment elles se sacrifiaient parfois quand il était en faillite… ça m’a profondément marqué, et j’ai lu cela comme un avertissement, ou un conseil si tu veux, afin que cela ne m’arrive pas à moi.

            C’est un exemple littéraire (meilleur que l’exemple du viol). Cependant, je suis très tenté de dire la même chose : aujourd’hui tu abats la barrière de l’exclusivité sexuelle, et tu gères ça. Mais personne ne sait sur quoi cela va aboutir demain.

            Est-ce que la multiplicité de partenaires ne fragilise pas votre relation ? Est-ce que tu ne penses pas que ta relation amoureuse n’en est pas une en fait, qu’elle a été – ou qu’elle est devenue une simple amitié ?

            Remarque aussi : je n’ai pas dit que je ne croyais pas au témoignage, mais à « l’image du témoignage ». Je ne dit pas que c’était un mensonge, mais qu’il manque de clarté sur des points que je ne comprends pas.

            Entre autres choses que je ne comprends pas : comment tu ressens les choses ? Je suis curieux et étonné à la fois. Pour moi ces pratiques provoquent un ressenti différent. Poser mes lèvres sur les lèvres d’une femme ? Je ne peux pas le faire sans y mettre toute mon âme. Quoi de plus beau que de tenir sa main dans la mienne, et sentir nos doigts qui se croisent ? Mon cœur en battrait à tout rompre. La serrer dans mes bras ? Mais la terre s’arrêterait de tourner, rien n’existerait que la chaleur qu’on partage au creux de nos poitrines enlacées. Et ses cheveux sous mes lèvres, et son front qui s’incline quand mon souffle le caresse, et cette vie, ce cœur, cette âme, cette femme qui s’offre à moi : comment ne pas lui offrir ma vie toute entière ?

            Et j’irai toucher d’autres cheveux, d’autres lèvres, d’autres fronts ? J’irai sourire à d’autres femmes et recevoir leurs regards dans mes yeux qui ont déjà tout vu auprès de celle que j’aime ? Je ne peux pas l’imaginer, et à plus forte raison le faire !

            Qu’un autre homme désire celle que j’aime ? Je brûlerais le monde entier plutôt que de l’endurer, ou je mourrai de douleur en l’apprenant.

            Mais donne-moi donc le lien vers ton journal. Ou explique-moi avec tes mots ce que tu ressens dans tes rencontres, et ce que tu ressens avec celui que tu aimes plus que les autres. Je n’y comprends absolument rien !

    • Anashka | 5 juin 2014

      polygamie

      Note aussi que la polygamie ne concerne que les hommes… Les femmes se font lapider dans certains pays polygames si elles prennent amants. C’est peut-être une des différences avec le couple libre où les deux partenaires (qu’ils soient hommes ou femmes) partent sur des règles communes).


      si les relations libres sont un modèle acceptable, à quoi bon parler de couple ?

      Couple libre : un couple est la structure importante, les autres relations sont moins importantes. Autrement dit, si une relation extérieure nuit au couple officiel, le couple officiel aura la primauté.

      Mais effectivement, il existe d’autres structures de relations : http://www.seduireunhomme.fr/2014/04/petit-guide-des-relations-de-%E2%80%AFcouple%E2%80%AF-et-des-bonnes-questions-a-se-poser/

      A quoi bon parler d’amour ?

      Depuis quand l’amour, c’est le couple ? Qui dit ça ?

      Que reste-t-il donc de l’être avec qui je « suis en couple » ? Une amitié ? Une habitude de vie à deux ? Une nostalgie ? Le loyer qu’on paie ensemble ?

      Est-ce simplement parce que tu donnes à qu’un seul que tu donnes mieux ? Par exemple, est-ce parce que je ne donnerais qu’à une seule personne mon amitié qu’elle sera meilleure qu’une amitié partagée à plus ?

      Les singes se mettent en couple et ont une structure familiale qui garantit la stabilité sociale ; même les pigeons, ces lance-crotte qui roucoulent, restent avec le même partenaire jusqu’à la mort; les souris, même les rats, ont une vie de couple.

      Enfin… Il y a des animaux gays, polyandre, polygame… sans structures de couple. Je ne comprend pas.

      Que tu ne te figures pas un modèle, qu’il ne te corresponde pas, c’est une chose. Tu peux dire que POUR TOI, l’exclusivité et définition d’amour. Mais, ça n’a rien d’universel. D’autres s’y retrouvent autrement. Pourquoi vouloir leur imposer ton modèle « pour la race humaine ».

      • Louis | 6 juin 2014

        Les femmes se font lapider quand elles ont de multiples partenaires, c’est vrai. Mais je te réponds par ce qu’a dit un philosophe russe : la femme est un vase fragile. Si le mari fait le débauché dehors, la famille n’en est pas agrandie pour autant. Tandis que la femme ramènera l’enfant d’un autre à la maison.

        C’est parce que, dans l’esprit commun, et la projection collective, la femme est le réceptacle de la vie. Elle reçoit, porte l’enfant. Elle est le centre de l’univers humain. Les sociétés traditionnelles, à de rares exceptions près, n’acceptent jamais la multiplicité des partenaires pour une femme.

        « Depuis quand l’amour, c’est le couple ? Qui dit ça ? »

        Depuis quand l’amour n’est plus le couple ? Qui dit ça ?

        « En quoi l’exclusivité fédère le couple? « .

        Ce que je dis c’est : la multiplicité fédère l’absence du couple.

        Ce qui fédère le couple n’est pas l’exclusivité mais l’engagement mutuel. L’exclusivité sexuelle est une clause logique de cet engagement. C’est simple : je suis en couple avec une femme sous-entend que nous avons une vie sexuelle, ce qui distingue mon amante de mon amie, ou d’une parente. Comment alors pourrais-je distinguer mon amoureuse de mes autres concubines ? Si ce sont les sentiments, alors c’est cela que je ne comprends pas : que ressent-on ?

        L’amitié n’a absolument rien à voir avec la vie sexuelle. Entre la femme que j’embrasse et celle à qui je serre la main, il y a une ÉNORME différence, que les femmes connaissent très bien – je le vois dans la vie de chaque jour.

        L’exemple des animaux est une mauvaise idée. Puisqu’ils survivent, puisqu’ils sont obligés de répondre à l’appel de l’espèce, je suppose assez justement qu’ils font ce qu’ils faut, et ça ne doit pas correspondre beaucoup avec des pratiques homosexuelles. Ils ont des temps pour se reproduire, un protocole très spécifique pour construire, protéger le nid, défendre la nichée, et assurer leur survie. « La race humaine », ce terme qui te fait sourire, n’est pas notre priorité à nous, je partage ton avis.

        Je réalise que j’apporte un point de vue limitant, c’est le désavantage du réactionnaire. Même si ce n’est pas le cas, j’ai l’air de juger, voire de condamner. Or : je juge comme on goûte, et je condamne comme on renâcle. Tu vois : rien de ce qu’on dit ne sortira de la cuisine.

        • Anashka | 9 juin 2014

          Si le mari fait le débauché dehors, la famille n’en est pas agrandie pour autant.

          Tu occultes là, toute la problématique des femmes enceintes de batards et de ce qu’elles ont du endurée pendant des générations. La famille était agrandie mais pas prise en charge par le seul qui AVAIT LE DROIT de travailler (donc à l’indépendance financière). Grand merci, nous n’en sommes plus tout à fait là. Et, avec la contraception, la capacité des femmes a subvenir à leur besoin et ceux de leur famille, ces problématiques ne se posent plus :)

          à de rares exceptions près, n’acceptent jamais la multiplicité des partenaires pour une femme.

          En fait, pas si rare. Il est vrai qu’en terme de quantité de personnes dans un modèle, aujourd’hui, il n’en n’existe que quelques uns qui sont dominants. Mais, le sociétés (même représentée par peu de monde) sont multiples, leur regard sur la famille, le couple, la femme aussi. Et, certaines personnes peuvent se reconnaitre dans d’autres modèles (faudrait que je te parle de ma famille et belle-famille, on est très loin de « un papa et une maman » et finalement, on s’y retrouve complètement dans notre côté « la tribu » ^^)

          « En quoi l’exclusivité fédère le couple? « .
          Ce que je dis c’est : la multiplicité fédère l’absence du couple.

          Ben, justement, pas nécessairement. Le libertinage ou la non-exclusivité d’un couple doit prendre du temps à se construire, pour que le « nous » au-delà du « toi » et « moi » s’en saisisse. Il peut arriver que ça fracasse un couple, parce que ça cherchait à faire « réparation » comme je te le disais dans un autre commentaire. (Surtout si un des deux se plie au désir de l’autre). Mais, il peut arriver qu’au contraire, le couple se sente plus soudé qu’auparavant, parvienne à un dialogue plus facile, et une projection rassurante.

          Je ne parlerai qu’en mon nom. Je pense être monogame sur le sentiment. Mais, je suis attirée par les femmes. Je n’ai pas assez exploré cette attraction. si je rencontre un partenaire qui me l’interdit (pour qui c’est essentiel qu’on ne soit que deux), j’aurai du mal à me projeter (par honnêteté, je n’y mets pas les pieds, pour lui comme pour moi). Parce que je ne veux pas voir cette recherche avortée par amour. En revanche, je peux me sentir proche d’un homme qui m’accompagne dans mon désir (qui m’accompagne vraiment), il devient mon complice et mon confident et il a de moi, quelque chose que je n’offre peu, « mes » secrets.

          L’exclusivité sexuelle est une clause logique de cet engagement. C’est simple : je suis en couple avec une femme sous-entend que nous avons une vie sexuelle, ce qui distingue mon amante de mon amie, ou d’une parente. Comment alors pourrais-je distinguer mon amoureuse de mes autres concubines ? Si ce sont les sentiments, alors c’est cela que je ne comprends pas : que ressent-on ?

          C’est là où on se sépare. Les clauses de l’engagement appartiennent à chacun. Il n’y a pas UNE loi universelle valable pour tous. Qu’elles soient pour toi l’exclusivité en preuve, c’est une chose et pourquoi pas ? Mais, il peut y en avoir d’autres. Pour ma part, j’aime en preuve : la confidence, l’exploration sexuelle et le dialogue permanent.

          Si ce sont les sentiments, alors c’est cela que je ne comprends pas : que ressent-on ?

          Bonne question : de quoi est fait l’amour ? qu’est-ce qui le fabrique ? Nécessairement l’exclusivité ? Non, puisque d’autre s’aime sans ça.
          Pour moi, encore une fois, je sais que je peux voir ma vie sans un amant, sans un ami, mais pas sans mon amour. C’est con, mais j’ai le besoin irrépressible qu’il soit là. Mais, c’est ma définition et elle n’est valable que pour moi (et pour mon partenaire). Tu peux en avoir une autre dans laquelle l’exclusivité est incluse, parce qu’elle fait sens pour toi (elle départage amitié-amour, à ce que tu dis). Pour d’autre, ce n’est pas ce qui fait sens.

          Il y a une jolie chanson « manon » de Khaban : https://www.youtube.com/watch?v=SnU1tpGAvoU On comprend que pour ce duo, il n’y a ni exclusivité, ni même couple, mais un engagement dans « ce qui chahute dans nos yeux » et un amour aussi. C’est encore une autre définition.

          puisqu’ils sont obligés de répondre à l’appel de l’espèce, je suppose assez justement qu’ils font ce qu’ils faut, et ça ne doit pas correspondre beaucoup avec des pratiques homosexuelles

          Il y a beaucoup de pratiques homosexuelles (ou de « préliminaire ») chez les animaux. (Les canards, par exemple, ils ont de longues relations monogames entre mâle). Je crois que leur fonctionnement nous ai encore très obscur.

          Je réalise que j’apporte un point de vue limitant, c’est le désavantage du réactionnaire.

          C’est pas le terme que j’aurai utilisé (connoté négativement). Je pense que tu as un idéal du couple et de l’amour qui inclue l’exclusivité et le partage des années à deux (et seulement à deux). C’est assez moderne comme vision : l’infidélité était (est) valorisé pour les hommes pendant longtemps, le libertinage était en vogue au 17ième, la recherche homosexuelle dans la « grèce antique ». Aujourd’hui, tu as une vision de ce qui fait couple pour toi, et ça a du sens, un sens attaché à ton regard sur le monde. Il n’est pas « mal ».

          De même que mon idéal du couple est relativement strict aussi, mais il inclue justement libertinage. Parce que ça fait réellement sens pour moi. Parce qu ‘jy vois dans engagements dont on pourra volontiers reparler.

          Et, l’idéal d’Alyna inclue SON mec (parce qu’en la connaissant, c’est pas « un » mec officiel et les autre, c’est CE type, pas un autre. Un autre, c’est impensable pour elle) et inclue l’ouverture sur le couple non-exclusif. :)

          • Louis | 9 juin 2014

            « Tu occultes là, toute la problématique des femmes enceintes de bâtards »

            C’est exactement ce dont je voulais parler. L’indépendance financière des femmes est intimement liée, à mon avis, avec leur pratiques sexuelles devenues plus ouvertes, plus nombreuses. Il suffit de lire Maupassant pour se rendre compte à quel point cela devait être terrible pour une femme de porter l’enfant d’un autre. C’est peut-être aussi à cause de ces conditions socio-économiques difficiles qu’il y avait de telles rigueurs dans les mœurs.

            Je m’aperçoit au fil des témoignages, et en lisant le reste de ton commentaire, que la différence entre la vision d’Alyna – ou encore la tienne Anashka – et la mienne, réside dans la base – tu as raison – c’est-à-dire dans le principe. Moi : je cherche l’engagement. Je veux l’engagement pour lui-même, et la vie de couple en elle-même. Si par exemple je souffre dans mon couple, je chercherais à soulager cette douleur. Si je m’ennuie avec ma compagne, je tâcherais d’inventer de nouvelles choses. Si ma compagne va mal, je chercherais à la soulager. Si j’ai du désir, je trouverais toujours le moyen de l’assouvir avec ma compagne, et elle seule, etc. En gros : je donnerais tout pour mon couple, pour qu’il dure, et pour que tout s’arrange à chaque fois. Je m’étonne que tu dises que c’est une vision moderne, mais qui sait, c’est peut-être vrai.

            Pour vous, si j’ai bien compris, il s’agit d’abord de vous-mêmes, de vos propres désirs et attentes, pus sur un plan individuel. Si vous avez du désir, vous chercherez à l’assouvir ailleurs. Si votre partenaire va mal, vous penserez que vous ne lui convenez pas et vous terminerez votre histoire. Si vous vous ennuyez, vous essaierez des pratiques sexuelles à trois, à quatre, l’échangisme, le couple libre. Si vous avez un désir envers le même sexe, vous aurez besoin d’un partenaire qui accepte cette option, et dans tous les cas : vous vous arrangerez pour chercher un(e) conjoint(e) qui tolère et partage toutes ces pratiques.

            Comme vous le dites si bien : l’important est le consentement de tout le monde. Mais la différence entre nous est dans le principe, et elle est de taille. Cependant, chacun ses choix, je suis d’accord. Nous n’avons donc plus à en discuter.

            J’ai juste une dernière question : comment vais-je faire dans ce monde, pour vivre avec ma vision monogame et romantique du couple, sans terminer seul ou complètement fou ?

          • Anashka | 10 juin 2014

            Pour vous, si j’ai bien compris, il s’agit d’abord de vous-mêmes, de vos propres désirs et attentes, pus sur un plan individuel.

            Pas exactement. Ce serait très binaire : l’un sur autrui et l’autre sur lui-même. L’amour est nécessairement partage. Je ne parlerai ensuite que de moi. :)

            Si vous avez du désir, vous chercherez à l’assouvir ailleurs.

            Posons les choses, je ne suis pas en couple libre, mais j’aime pratiquer le libertinage. Il s’agit certes de mon désir de plusieurs partenaires sexuels, mais ce désir intègre mon compagnon. Mon compagnon, son regard, son excitation en est le moteur. De même, j’aime à l’accompagner sur son désir multi-partenaire et ma présence lui est essentiel. Nous sommes (paradoxalement ?) très fusionnel, très collés voir, très dépendant. Si un jour nous intégrons le couple libre (d’autres partenaires sans moi), c’est parce que je serais persuadés que ma présence est intégrée dans son désir.

            Ce n’est pas valable pour tous les couples libertins et/ou « ouvert ». Mais, c’est valable pour moi.

            Si votre partenaire va mal, vous penserez que vous ne lui convenez pas et vous terminerez votre histoire.

            Si mon partenaire va mal : on commence par du dialogue, par un changement de méthode sur quelque chose, par repenser le réel ensemble. La seule chose qui me pousse à la rupture quand je suis en couple, c’est l’incapacité à communiquer et/ou à se remettre en question de l’autre. Parce que si l’autre reste buté sur lui-même, il me laisse seule dans le couple et ça ne me va pas. Dans ce cas, oui, je rompt. Mais, s’il y a dialogue et accompagnement de chacun pour changer les choses, pour ne pas laisser une situation se cristalliser : je reste. Autant je ne m’engage pas souvent (célibataire, j’ai beaucoup d’amants et ça me va), autant engagée, je suis assez fiable (de plus en plus avec l’âge).

            Si vous vous ennuyez, vous essaierez des pratiques sexuelles à trois, à quatre, l’échangisme, le couple libre.

            Alors, je séparerai couple « ouvert » et libertin dans ce cadre-là.
            Le couple libertin va vers de nouvelles pratiques (c’est un peu la clefs de voute de son fonctionnement), je pense que le couple « libre » ce n’est pas l’expérimentation de nouvelles pratiques qui est au coeur, mais la séduction.

            Est-ce que j’aime les trios par ennuis de la sexualité à deux ? Non, je ne m’ennuie pas à deux. Même un missionnaire dans le noir, avec celui que j’aime, c’est cool. J’aime les trios comme un truc à côté. C’est comme le chocolat, si j’ai « faim » ce n’est pas ce que je mangerais, mais si j’ai le ventre bien plein, ça m’intéresse d’être initié à sa saveur.

            Le sexe est affectif (pas toujours amoureux, mais affectif). Du sexe sans affection, c’est creux. Et, c’est qu’une fois que je trouve cette affection corporelle, ce langage à deux… que j’ai envie de pousser ma recherche. Ce n’est pas l’acte en lui-même qui est cool, mais comment on se la partage, comment on le vit ensemble, comment on s’y accompagne.

            Si vous avez un désir envers le même sexe, vous aurez besoin d’un partenaire qui accepte cette option, et dans tous les cas : vous vous arrangerez pour chercher un(e) conjoint(e) qui tolère et partage toutes ces pratiques.

            Oui. Et oui.

            Tolère ne suffit pas. Qui aime, qui traverse la même dynamique, c’est mieux. Ca permet de vraiment aimer partager quelque chose.

            Ensemble (toi et moi, par exemple) : on serait malheureux.
            Tu penserais « Elle ne m’aime pas puisqu’il y a ce désir d’ailleurs »
            Je penserais : « Il ne m’aime pas puisqu’il me veut sans mon désir »

            Qui aurait tort ? Peu importe, le résultat, c’est que l’on ne parle pas du même « Dieu de l’amour » et qu’on se rend malheureux. :)

            comment vais-je faire dans ce monde, pour vivre avec ma vision monogame et romantique du couple, sans terminer seul ou complètement fou ?

            TA vision A DU SENS. (Pas pour moi, mais pour beaucoup de femmes). Je pense que tu rencontreras quelqu’un pour qui l’amour a les mêmes définitions. Je t’invite à lire les commentaires et demandes d’aides des femmes sur le site, tu verras un grand panel d’attentes et certaines qui te correspondent. :)

          • Louis | 10 juin 2014

            Il est certain que tu es beaucoup plus conciliante que moi. Je n’ai pas cette générosité dans mon caractère. C’est ce que j’ai appris au cours de ce débat.

            Merci ;)

          • Anashka | 11 juin 2014

            :)

            J’espère qu’on aura de nouveau l’occasion d’échanger ^^

  • twist | 5 juin 2014

    je trouve ça super intéressant comme témoignage..!

    (je ne suis pas en couple avec personne présentement, mais je suis un peu dans la situation du ‘je vois quelqu’un’ : ça va faire bientôt 2 mois, on s’est rencontrés, ça a cliqué assez vite, lui ressort d’une relation assez longue donc pas vraiment prêt à se mettre en relation, tout ça mis au clair, moi ça me va (tant qu’il est clair avec moi sur ses ressentis).

    Les deux on a vu d’autres personnes durant ces 2 mois, on se l’ai dit la dernière fois que je l’ai vu. Sur le coup moi je ne voulais pas lui dire plus que ça (me disant qu’anyway on est pas un couple donc… et qu’aussi, (ça va sonner un peu drôle peut-être) j’ai eu une aventure avec un ami commun, donc je n’avais pas envie qu’il le sache.. Et qu’en fait lui aussi en aurait eu avec quelqu’un que je connais..) Mais il a quand même finis par m’en parler, moi je n’ai pas dis de nom mais bon…

    Le seul petit ‘hic’ c’est que depuis cette conversation je ne sais plus vraiment si c’est sain qu’on aille voir ailleurs (j’étais contente qu’on s’en parle car c’est important communiquer un moment donné… couple ou non, non?)
    Mais bon, je songe à lui dire la prochaine fois que je ne me sens pas très à l’aise si on court trop partout, avec des gens que les deux on connait …

    En même temps je n’ai rien à lui rendre et lui non plus, et c’est ça qui me chicote un peu de ce genre de relation, ou tout est trop ‘libre’, sans règles.. j’ai de la misère à trouver les limites, et à cause de ça, je me questionne puis même j’appréhende par moment à arrêter car en me questionnant je ne me sens pas nécessairement bien.. ce qui est normal j’imagine ;)

    Bref j’ai la forte impression que vous allez me dire que le mieux est que je lui en parle ;)

    • Louis | 6 juin 2014

      « En même temps je n’ai rien à lui rendre et lui non plus »

      Exactement ce que je disais : ce n’est absolument pas un couple. Vous êtes deux personnes qui font l’amour parfois, quand ça vous convient. Qu’est-ce qui rend spécial ce compagnon ?

    • Anashka | 9 juin 2014

      Bref j’ai la forte impression que vous allez me dire que le mieux est que je lui en parle ;)

      \o/ Effectivement. Comme disait un grand homme (mon papa), « la réponse est toujours dans la question » ^^

  • Nollina | 6 juin 2014

    Je suis très contente d’avoir trouvé ce témoignage. Avec mon mari, on a pris cette même direction il y a 1 an et demi, après 8 ans de vie commune, un mariage et des enfants. Je me retrouve beaucoup dans ce que tu as écrit. Nous nous sommes aussi rencontré jeune. Nous avons pris cette décision, avec beaucoup (beaucoup) de discussion, après que notre couple ai été fragilisé par des coup de cœur chacun de notre coté, (pas au même moment). On était très « l’amour c’est à deux, si tu as envie de quelqu’un d’autre, c’est que tu ne m’aime plus! » Ces coup de cœurs nous ont vraiment bouleversé. J’aimais mon mari, alors je ne comprenais pas pourquoi, un autre me plaisait, j’en venait à douter. Si ce que je ressent pour mon mari ce n’est pas de l’amour, alors que c’est si fort, c’est quoi l’amour? Ça me détruisait doucement. Lui de son coté avait vécu quelque chose de similaire des années en arrière. Un soir j’ai pris mon courage à deux mains, rangé la peur de perdre mon mari dans une poche, et je lui ai parlé. Ça été long, dur, mais tout doucement on en ai venue à se dire que, comme notre amour était fort et profond, que nous ne ressentions pas de jalousie, nous pouvions nous permettre quelques aventures hors mariages en cas de coup de cœur. Évidemment nous avions établit plein de règles, pour nous rassurer. Depuis, on a eu plein d’ajustement, mais dans l’ensemble on se sent mieux. On a une très grande confiance en l’autre et en nous, une très grande complicité, un amour plus franc, sans secrets (ce qui ne veut pas dire sans jardins secrets). Cette décision de devenir un couple libre, nous a enlevé un poids énorme, et renforcé notre communication. Évidement c’est pas rose tout les jours et on a devant nous d’autres discussion et ajustements, mais quel couple n’en as pas? Nous n’en avons pas encore parlé autour de nous, sauf à nos amants respectifs, et je suis contente de l’avoir partagé avec vous.

    • Louis | 7 juin 2014

      Je ne comprends pas vos sentiments, en fait. Pourquoi avez-vous décidé de voir d’autres amants, au lieu de raviver la flemme de votre couple ? Vous avez vécu longtemps ensemble, pourquoi le désir de réparer votre couple de l’intérieur ne l’a pas remporté sur la solution facile trouvée à l’extérieur ?

      Enfin : qu’attendais-tu du mariage ? (feu d’artifice chaque jour ? train-train, blabla ?) Pourquoi est-ce que votre envie d’avoir d’autres expériences a été plus puissante que votre désir l’un pour l’autre ?

    • Anashka | 9 juin 2014

      Je crois que le mot « ajustement » est mon mot préféré dans le vocabulaire du couple. C’est le moment où la relation devient un « projet commun », un espace de transformation, de remise en question, de mise en action, de prise en considération de l’autre. Le couple redevient vivant quand les « ajustements » font partis de sa mécanique : il quitte la rigidité de la projection que nous avons de l’amour. En tout cas, merci d’être venue partager ton expérience :)

  • Gaylord | 6 juin 2014

    Tout le monde ici soulève les bonnes questions. Je propose de partager les réflexions suivantes.

    On le sait, le grand désir des amoureux (dont Alyna parle) c’est d’être unique pour l’autre, avoir pour soi une reconnaissance, une importance, un désir, que l’autre ne donne à personne d’autre.
    Je pense que le couple Sartre-Beauvoir assumait clairement de ne pas être cet absolu l’un pour l’autre. Sartre voyait dans l’exclusivité amoureuse, un désir de reconnaissance impossible : le désir d’être pour autrui le centre du monde. Quelque chose d’impossible parce que la liberté de l’un est toujours un danger pour l’autre. L’amoureux désire la liberté de l’être aimé, sinon être aimé n’a pas de valeur, mais il désire aussi sa soumission, son aliénation, car cet être ne doit aimer qu’une seule personne, il faut restreindre sa liberté pour être sûre qu’elle ne s’échappe pas. Le choix de Sartre et Simone a fonctionné parce qu’ils ont en quelque sorte fait le deuil d’un amour auquel ils ne croyaient pas: l’amour exclusif. Ils ont accepté de ne plus être une priorité l’un pour l’autre ; d’éprouver de la passion, des sentiments, pour d’autres.

    L’amour libre doit donc renoncer à l’exclusivité pour être viable. Vous n’aurez plus la certitude d’être une priorité l’un pour l’autre. Une angoisse surgira inévitablement si vous ne vous êtes pas purgés du désir d’exclusivité. Votre aventure sera aussi celle d’une transformation inévitable de votre relation. Cette transformation devra réussir ou échouer.

    Le désir dépasse l’intelligence de l’homme, vous n’aurez jamais la liberté d’interpréter le désir de l’autre, sa signification sera transformée par votre nouvelle relation, que vous le vouliez ou non, et cette signification s’imposera à vous. Car votre relation changera. Le perception du désir de l’autre ne vous donnera plus la certitude: je suis prioritaire pour lui ; vous ne pourrez pas prendre ce désire, comme une substance qu’on ausculte, et voire si son contenu vous est dévoué. Le doute s’instillera nécessairement. La signification du désir perçu dépend des conditions extérieures qui encadrent l’expression de ce désir : en gros tout ce qui est social, et donc éventuellement propre au couple « restreint ».

    Expérience intéressante : deux personnes se rencontrent dans deux espaces différents. Aucune n’est tordue et perverse. Pourtant le lieu, le cadre extérieur de la rencontre, modifie la perception que chacun a du désir de l’autre selon qu’on est dans une ruelle sombre, glauque, ou dans un endroit chatoyant, lumineux ; donc la réalité extérieure influe sur le désir, le modifie. Le couple est cet espace qui circonscrit le désir, lui donne une signification précise, une forme, et même, j’en sûre, pour les plus habiles des amoureux, le créer. En tout cas le type de relation choisi et vécu influe sur la perception du désir, donc modifie le désir. Vous ne pouvez pas diriger votre désir par volonté, vous pouvez modifier les circonstances dans lesquels il existe; ce sont elles qui le modifieront. On peut percevoir un désir, connaître son objet, mais pas le modifier ou le maintenir par une simple volonté.
    C’est pourquoi, les « conseillers » donnent toujours comme conseil évident aux couples en crise de modifier leur vie quotidienne, de changer d’habitudes. Changer le réel, le désir changera. C’est ce que vous avez choisi. Ca peut fonctionner.

    • Louis | 6 juin 2014

      Attention : comme l’a dit Shakespeare « en amour, je ne reproche pas la passion mais l’idolâtrie ».

      Je ne dis pas qu’il faut idéaliser le rapport à l’autre pour finir sur une déception. Je dis que l’amour exclusif existe. Je dis aussi qu’il y a des couples qui s’aiment plus que d’autres, et que la mésentente ou le mécontentement, voire l’insatisfaction, sont possibles. Dans ce cas, on peut se séparer, divorcer si nécessaire. Mais je trouve étrange cette idée de rester ensemble en vivant avec d’autres. Qu’est-ce que cela apporte, concrètement ? Qu’est-ce que l’on ressent ?

      Pourquoi le désir serait-il un étalon pour mesurer ma relation ? Le doute est naturel, la jalousie aussi, et que je ne me sente plus attrayant pour ma compagne signifie que je doive – non pas renoncer à l’idée d’exclusivité, solution la plus facile – mais essayer de raviver le désir. Nous n’essayons plus de réparer nos rapports amoureux, nous les jetons à la poubelle en disant : l’amour n’existe pas, l’exclusivité est impossible, etc. C’est ce qui me dérange : nous proposant un modèle de couple très peu écologique et qui aura des effets néfastes sur l’environnement.

      Créer le désir : oui. Pour les amoureux les plus habile ? pourquoi pas pour tout le monde. On en finirait avec cette idée de jeter son compagnon pour l’échanger dès la première occasion. Ma foi c’est pas vrai ! Quelle génération de fainéants nous sommes ! Nous sommes passés de « comment faire durer son couple » à « comment se libérer du couple »

  • Cocorico | 6 juin 2014

    Article intéressant permettant de mieux comprendre le point vu des gens qui ont cette conception du couple. Maintenant j’ai l’impression qu’employer le terme «couple libre» prête à confusion, et laisse plus ou moins entendre que le couple standard est «prisonnier» , et que implicitement c’est un modèle à suivre alors que ce n’est le points de vue que de certaines personnes. Je ne vous cache pas que ça pique un peu les yeux d’avoir l’impression de se faire pousser subtilement vers ce modèle quand on se définit comme monogame exclusif et qu’on ne souhaite pas coucher sans sentiments. Malgré tout je pense qu’il n’y a pas de meilleur modèle qu’un autre mais il y a des modèles qui correspondent mieux à certaines personnes. Il en faut pour tout les gouts, ce sont les différences qui font la richesse de ce monde. Du coup je qualifierais plutôt ce modèle de couple de : «non-exclusif», ou en plus rentre dedans «libertin modéré» ou encore «libertin non candauliste » :) .

    • vassilia | 7 juin 2014

      Tout pareil. Je sais qu’Alyna est très respectueuse des autres formes de couples et ne porte aucun jugement sur nos choix exclusifs qui ne séparent pas corps et sentiments. Mais je suis d’accord avec toi pour dire que ça pique… Pas cet article en particulier, mais une certaine mode actuelle, en effet, qui parle de « liberté » là où il y a tout simplement pluralité/non-exclusivité (bref, un aménagement particulier, un choix possible entre d’autres). C’est la contamination du sens économique du mot, peut-être, à toutes les sphères de l’existence (liberté de consommer, d’entreprendre), je ne sais pas.

      • Louis | 7 juin 2014

        Exact : je trouve aussi que cela fait partie du développement moderne de la grande consommation. On ne répare plus, on jette. Je préfère travailler sur comment raviver le désir dans un couple, plutôt que sur comment garder son couple en ayant des relations extra-conjugales.

        • Anashka | 9 juin 2014

          Ce n’est pas exactement « garder son couple + aventure ». Déjà, « garder son couple », c’est moche. Un couple est une entité vivante qu’il faut nourrir. Je pense que dans le cadre de la relation non-exclusive, la question est plus « comment nourrir son couple d’une démarche non exclusive » :)

      • Anashka | 9 juin 2014

        Le « libertinage » fait sens, il s’inscrit dans une philosophie un peu vieille (17ième). Malgré sa racine « liberté », je pense qu’il pique moins dans le terme.
        Pour « couple-libre », « couple-non exclusif » t’irait ?

    • Anashka | 9 juin 2014

      J’en parle dans un autre commentaires, que dirais-tu de « couple ouvert » ? Le « non-exclusif » me va aussi. (C’est peut-être le plus juste, à mon sens et le moins connoté).

      Libertin modéré, non. Le libertinage est très particulier. Une philosophie particulière. Il intègre une certaine exclusivité (« pas sans moi » est monnaie courante). Modéré, ferait penser à « soft », genre : de temps en temps des trios (FFH) mais pas beaucoup plus d’adoption de la philosophie de vie :)
      Le candaulisme, idem, c’est une pratique que n’ont pas tous les libertin (le trio FFH, par exemple, n’est pas candauliste) Et, un couple « ouvert », « non-exclusif » ne pratiquera peut-être pas le triolisme :)

  • Maelys | 7 juin 2014

    Bonjour, c’est mon premier commentaire sur ce site, je n’ai pas encore pris le temps de parcourir l’ensemble des articles.

    1°) Je salue le témoignage d’Alyna. Pas facile d’être en dehors d’un schéma social bien établi de longues dates. Comme certaines et certains l’expriment ici, cela engendre des questionnements, des incompréhensions… parce que, somme toute, c’est TA vie de couple que tu dévoiles (ou plutôt le choix de Votre vie, toi et ton compagnon). Si ce modèle de vie de couple, vous rend heureux et épanoui alors, allez-y, foncez ! Seul l’avenir vous dira si il faut revenir sur vos idées. Vous apprendrez de toute façon sur les relations humaines, sur vos limites, sur vos règles qui doivent être remises en question ou non. Bref, vous vous forgerez une expérience que d’autres n’auront pas. Pas parce qu’il n’en sont pas capables, loin de moi l’idée de manquer de respect aux couples dit exclusifs, non… juste que ce n’est pas une envie et qu’ils vivent très bien leur vie de couple telle qu’elle existe : Un homme, une Femme, un couple et ils s’épanouissent tel que.
    Bref, Alyna : bravo, moi je trouve ça courageux.

    2°) le retour de Louis est particulièrement intéressant aussi. Louis, tes questionnements sont légitimes et de plus tu fais preuve d’une franchise sur Ta vision du couple. Mais ce que vous relevez toi et Anashka sous forme de question qui n’aura à mon sens aucune réponse qui fera loi sont celles-ci :

    « Depuis quand l’amour, c’est le couple ? Qui dit ça ? »

    « Depuis quand l’amour n’est plus le couple ? Qui dit ça ? »

    A moins de partir sur des discours hautement philosophiques, il n’y aura pas de réponses universelles. les réponses se trouvent en chacun de nous avec notre propre histoire, et le couple comme son nom l’indique est un ensemble de deux personnes, à eux deux donc de trouver leur propre voix. L’important c’est que chacun s’y retrouve et soit heureux. moi j’ai adoré vos deux points de vue parce qu’ils sont honnêtes et francs et qu’ils m’ont touchés.

    Bref, merci pour cet article et je m’en vais de ce pas parcourir ce site.

    • Louis | 7 juin 2014

      « les réponses se trouvent en chacun de nous avec notre propre histoire »

      C’est un point qui m’occupe beaucoup l’esprit ces temps-ci. Je ne sais pas si je peux me séparer des notions de bon et de mauvais aussi bien que ne le fait Anashka. Probablement pas, car j’y tiens. Quoi que l’on fasse, nos croyances sont guidées par ce que nous croyons être bon, ou vrai, et nier le fait que ces notions aient de l’importance est une prise de position que nous croyons « bonne » ou juste. Ce qui nous ramène au même point de départ : donc on n’échappe pas à ces notions.

      Aussi, en défendant mon point de vue, je suis convaincu, tout en voulant comprendre celui des autres, que je cherche la bonne formule pour le bonheur, le mien d’abord, et humain en général. Voilà pourquoi la notion de « chacun fait ce qu’il veut et nous serons tous contents » ne me plait pas.

      Oui, fais ce que tu veux : mais es-tu sûr de vouloir ce que tu veux ?

      • Anashka | 9 juin 2014

        Voilà pourquoi la notion de « chacun fait ce qu’il veut et nous serons tous contents » ne me plait pas.

        Notre liberté s’arrête avec celle des autres. Même les libertins ou les non-exclusif, ne font pas ce qu’ils veulent : ils proposent leur modèle, mais ne peuvent l’imposer à la planète entière par ce que ce modèle leur semble plus juste. Leur liberté s’arrête aussi quand il rencontre quelqu’un qui aspire à autre chose (monogamie). Il s’agira d’abord de dialoguer sur les différences et voir si l’un des deux se sent d’acquérir le modèle de l’autre ou si la relation avortera avant l’attachement. Le non-exclusif / libertin a un devoir de transparence, sinon c’est un connard/une connasse, qui ne respecte pas les sensibilités. Donc, il ne fait pas ce qu’il veut (et ce d’autant plus quand il y a des règles dans le contrat de non-exclusivité/libertinage, d’ailleurs souvent il y en a, et elles sont assez strictes même si elles demandent ré-aménagement).

    • Anashka | 9 juin 2014

      Maelys, merci d’avoir posté ce premier commentaire. J’attends avec impatience ton retour sur d’autres articles du site :)

  • Cocorico | 9 juin 2014

    Couple non-exclusif me semble le terme le plus approprié effectivement. J’adhère à tes propos Anashka sur les limites des libertés de chaque modèle de couple. Dans ce genre de sujet, fréquemment on constate qu’il y a une lutte pour imposer sa vision du couple aux autres et c’est bien dommage. Là je fais référence à tes articles sur le prude shaming et le slut shaming qui sont particulièrement intéressant. Si une femme coincée c’est une femme qui ne couche que par amour et qui ne papillone pas à droite et à gauche et bien je vous le dis pour celles qui se sentent concernées : JE VOUS ADORE et je suis persuadé de ne pas être le seul.

    • FRANZ | 30 juillet 2014

      Mea culpa j’ai pas tout lu mais les questions qui me turlupine sont Comment vous gérer quand un des 2 a plus de plans que l’autre ? blessure ego ect
      Ensuite vous gérer ça comment vous partez chacun de votre coté en weekend ou c’est juste une question de quelque heures et vous retournez dans vos pénates?
      Et avez vous des amants suivie(plus les actes sont répété plus c’est dur de ne pas s’attacher surtout si c’est de bon amants non?) ou juste des coup d’un soir

      Enfin un grand merci a Anashka pour cette espace de libre pensée c’est SUPER fin intelligent sans tabou et en plus cerise sur le gâteau bienveillant

      • Alyna | 13 mars 2016

        Réponse tardive… ^^
        On ne compte pas les points, il n’y est pas question d’égo.
        Pour gérer ça, oui on part en soirée, en week-end, en vacances l’un sans l’autre. En fait, la notion de non-exclusivité et de « l’autre ne m’appartient pas » ne se limite pas aux relations sexuelles. C’est une façon de vivre globale : chacun a sa vie, on ne fait pas tout ensemble, loin de là.
        On n’a pas eu de relations suivies sur le long terme, mais sur quelques semaines seulement. Et en fait, aucun de mes amants n’a été aussi bon au lit que mon amoureux, qui me connaît vraiment bien (et il me semble que pour lui c’est la même chose). Je me suis attachée à plusieurs de mes amants, je ne le nie pas. Et c’est d’ailleurs ce qui rend ces relations intéressantes, mais ces attachements ne sont pas comparables à l’amour que j’ai pour mon amoureux.

  • Hugo | 24 août 2014

    Salut Alyna,

    merci beaucoup pour ton expérience.
    Mon épouse et moi avons une histoire tout à fait semblable, c’en est troublant.
    Je voudrais témoigner que les plus grandes difficultés que nous rencontrons ne se trouvent absolument pas entre nous, mais socialement uniquement. Il est très difficile d’en parler autour de nous, surtout pour moi.

    Il y a beaucoup de préjugés, souvent justifiés, sur les hommes mariés, et vu de l’extérieur je suis souvent juste considéré comme un homme qui trompe sa femme, alors que ça n’a vraiment aucun rapport. Lors d’un échange de regards avec une autre personne, en général ça s’arrête net dès que la personne voit mon alliance. Il est pourtant hors de question pour moi de dissimuler mon statut.
    Pour une femme il est assez simple de rencontrer des sex friends, mais l’inverse est bien moins évident. Il est très rare qu’une femme ait envie d’un homme lorsqu’elle sait dès le début que la relation se limitera au plaisir sensuel.

    Je ne dis pas tout ça pour me plaindre, loin de là, je suis extrêmement heureux d’avoir cette relation hors du commun avec ma chérie, mais je tiens à préciser que socialement il y a énormément de barrières à franchir. Entre les clubs échangistes et la monogamie on dirait qu’il n’y a pas de juste milieu, pas de place pour le plaisir partagé simplement entre personnes bienveillantes et attentionnées.

    Par exemple sur le net il s’agit du seul et unique témoignage dans lequel je me reconnaisse, et dans lequel je trouve une approche saine et rationnelle de la sexualité.

    Encore merci pour tout ça.

  • rige | 15 septembre 2014

    Bonjour Alyna,

    Article intéressant et bien construit, j’aurais 3 questions …

    1 – Est ce que un de vous ne ment pas à l’autre, en cela qu’en réalité il ne l’aime plus « profondément » ? Ne vaut il pas mieux dans ce cas se séparer pour pouvoir s’investir pleinement dans une autre histoire ? Je peux t’écrire la suite de votre couple : quelqu’un va souffrir !!! Un de vous rencontrera une personne « différente » des autres amant(e)s, avec lui/elle se sera parfait sexuellement ET une vision de vie futur sera partagée … Cette rencontre arrivera surement à ton homme, car en tant que femme tu peux multiplier les rencontres sans réel investissement personnel, juste pour le sexe… Pas pour un homme, lui doit séduire pour coucher, donc s’investir …

    2 – Votre accord est un accord non équilibré, bancal et désavantageux pour ton compagnon : une femme peut très facilement trouver un partenaire sexuel, l’inverse est plus complexe et nécessite de sa part un vrai investissement en terme de séduction de sa partenaire !!! En cela, l’échangisme est plus équilibré car si tu as du sexe, ton compagnon aussi…

    3 – Tout ce qui donne la saveur du sexe, c’est l’amour qu’on met dedans et l’amélioration progressive avec le temps et la connaissance de son partenaire … Si tu prends plus de plaisir avec d’autres hommes, est-ce que votre couple libre n’est pas un substitut à une vie sexuelle non satisfaisante entre vous à cause de choses non dites/avouées ? En effet, un homme qui aime une femme et est pleinement satisfait sexuellement avec elle à une probabilité quasi-nulle d’aller voire ailleurs … Personnellement, mes « coups d’un soir » me laissaient la satisfaction d’un nouveau corps découvert, mais au final étaient pauvres sur tous les autres plans … Et je ne parle même pas de l’inconfort du préservatif indispensable avec un partenaire « de passage »… Il faut du temps pour faire de bons amants !!!

    4 – Je suis plus vieux que toi certainement, et je comprend votre besoin de vivre les expériences non faites à 15 ans, mais le temps ne peut être rattrapé. Vous êtes vous demandé si le mieux n’était pas d’assumer le bonheur que vous avez eu ensemble , sans regret du reste car de toute façon la plupart des autres expériences aurait surement était insatisfaisante et remplies de boulets à coté de celui/celle qui partage ta vie…

    Pour finir, un point primordial :

    L’HUMAIN EST D UN NATUREL FIDÈLE A SON/SA COMPAGNE …

    Ce ne sont pas quelques cas particulier d’adultère résultant de dysfonctionnement dans un couple à un moment donné qui peuvent contredire cette loi majeur de l’évolution … Partout dans le monde, la monogamie est un standard, quelques ethnies mise à part. Même la ou certaines religions autorisent plusieurs femmes, peu d’homme le font en pratique ( ou de femme l’acceptent à voire….). L’infidélité n’est pas un comportement inné (sauf quelques cas particuliers), mais un besoin qui apparait lorsque qu’on ne se sent pas bien dans son couple actuel( manque de tendresse, de bonheur, de sexe, de visions commune)… On va alors chercher ailleurs ce qui manque !

    • Anashka | 17 septembre 2014

      Je soulignerai : l’infidélité, c’est la rupture du contrat amoureux, pas la rupture de la monogamie. On couple ouvert, ne verra d’infidélités dans le « aller voir ailleurs » puisque cela appartient au contrat. De même, rien n’associe la monogamie à une preuve d’amour, si ce n’est des constructions sociales et convictions. Ensuite, trouver un partenaire sexuel semble plus simple pour les femmes… quand c’est observer par un homme. Le truc, c’est que trouver quelqu’un qui plait, c’est plus ou moins même combat. Ensuite, l’âge est un argument d’autorité, il n’a pas de valeur. Il dit simplement, que tu connais plus d’années de ta vie, mais tu ne connais pas les années de la vie d’Alyna.

      La question du NATUREL pour des animaux autant dans le culturel et la construction sociale que nous est inapte à expliquer les fonctionnements humains. Nous ne maitrisons pas ce qui tient de la culture / de la nature. Il n’y a rien de naturel à s’habiller, à s’engager, à s’épiler, à travailler, à exclure, à faire la guerre, à faire de l’art, à inventer l’amour romantique, à parler de monogamie quand le corps est ailleurs… Le NATUREL, est généralement des construction sociale sur ce que nous voudrions voir comme inébranlable.

    • Alyna | 13 mars 2016

      Désolée de répondre si tardivement, mais au vu de tes questions finalement c’est pas plus mal ;)

      1 – non, je ne pense pas que l’un de nous aime l’autre moins profondément. En tous cas, un an et demi après, ta « prédiction » de notre avenir est fausse, nous sommes toujours ensemble.

      2 – mon amoureux a en effet eu moins d’aventures que moi à ce jour, mais il n’a pas à se plaindre non plus. Et il lui ait arrivé de refuser des opportunités alors que la femme lui plaisait. Au tout départ la relation non-exclusive était son idée, mais il se trouve que finalement cela l’intéresse moins que prévu.

      3 – c’est avec mon amoureux que je prends le plus de plaisir au lit, et de loin. La satisfaction d’un autre corps découvert, c’est vrai. Pauvre sur les autres plans, il y a de ça aussi. Mais je nuancerai un peu. J’ai fait de belles rencontres qui me laissent de bons souvenirs, qui m’ont fait évoluer, pas que sexuellement parlant.

      4 – je n’ai aucun regret de ce qu’on a vécu, ni de ce qu’on vit encore actuellement :)

      • rige | 14 mars 2016

        Coucou et merci de ta réponse,

        Grâce aux alerte mail j’ai vu que tu avais répondue ^^

        Ma prédiction était sur du moyen terme (2 -5 ans), et on voit qu’elle peut fortement se réaliser. Ton compagnon a moins de partenraires que toi. Il a refusé certaine partenaire pourtant joli, signe que il réalise que les sentiments sont plus important qu’un physique …

        Je suis sincèrement ravi que tu sois toujours heureuse et en couple…

        Mais je pense que si tu l’aimes tu joues de plus en plus avec le feu : dans ce que tu écris on sent que ton compagnon évolue, la situation lui correspond moins…

        Penses a régulièrement sonder si la situation lui convient … C’est quoi au fait les nouvelles règles sans indiscrétion ?

        kiss

        • Alyna | 14 mars 2016

          Ah super, contente que tu aies pu voir ma réponse !

          Bien sûr que les sentiments sont plus importants qu’un physique, on n’en a jamais douté ;)
          Dernièrement, il a refusé les avances d’une femme lorsqu’il était en déplacement professionnel parce que lui et moi étions en froid (pour un sujet qui n’a rien à voir) et comme notre situation le préoccupait, il n’avait pas envie de papillonner ailleurs (ce genre d’accord ne marche que s’il y a une base solide). Donc on peut même dire que ses sentiments POUR MOI sont plus importants qu’un physique ;) (ce qui a toujours été le fondement de notre accord)

          Moyen terme 2-5 ans : ça fera 3 ans dans 3 mois que nous sommes en relation non-exclusive. C’est donc peut-être trop tôt pour tirer des conclusions… Si j’y pense le moment venu (au 5 ans ou à notre séparation), je viendrai t’en avertir ici même :)

          Oui bien sûr, on parle souvent de cette situation.

          En ce qui concerne les règles, par rapport au témoignage que j’avais écrit,
          – « ne ramener personne à la maison » n’est plus valable parce que nous n’habitons plus ensemble depuis un an et demi (remarque, je n’ai ramené personne chez moi depuis non plus). Nous avons fait le choix d’avoir chacun notre espace et de nous retrouver quand nous en avons envie et pas parce que nos factures nous y obligent (je fais des raccourcis bien sûr, mais c’est un autre sujet)
          – « ne jamais rien cacher à l’autre » n’est plus valable non plus. Nous avons décidé de garder chacun notre jardin secret. On se dit dans les grandes lignes si on a rencontré quelqu’un, mais pas plus de détails.

          En relisant ton premier commentaire, j’ai relevé cette phrase :
          « Un de vous rencontrera une personne « différente » des autres amant(e)s, avec lui/elle se sera parfait sexuellement ET une vision de vie futur sera partagée »
          Mais c’est déjà ce que mon amoureux et moi partageons depuis bientôt 11 ans ;)

          Malgré tout, je reste persuadée qu’une seule personne ne peut pas satisfaire tous les besoins/envies d’une autre personne, et ce serait injuste d’attendre ça. Ce serait le meilleur moyen d’amener des frustrations, des rancœurs au sein du couple.
          Mon couple me plaît comme il est, je m’y sens bien, mais j’ai besoin de choses extérieures au couple.

          • rige | 16 mars 2016

            Tu es vraiment un femme à part :-)

            J’aurais aimé de rencontrer en vraie, mais comme tu le soulignes je n’aurai alors rien su de ta vie « secrète »

            Même si dans 5 ans ce que j’ai prédit se réalise (et j’y crois toujours), tu auras déjà eu un long chemin avec ton premier amour … Plus long que bien d’autres couples …

            Je te souhaite beaucoup, beaucoup de bonheur, ton amour de la vie fait plaisir à lire !!!

            Kiss

  • elirée | 8 avril 2015

    Etes-vous encore en couple aujourd’hui?

    • Alyna | 13 mars 2016

      Bonjour,
      Désolée, je viens seulement de voir ta question… Je ne sais pas si tu liras ma réponse, mais oui, nous sommes toujours ensemble aujourd’hui, et toujours en relation non exclusive :) (même si les règles que nous avions établies ont changé depuis)

  • Gilles | 4 mai 2015

    Merci pour ce témoignage, merci à Anashka pour son esprit intelligent, porteur de sens et de libération. Cette page m’a été d’une grande utilité dans ma jeune vie.
    De mon côté, seul reste des interrogations profondes sur les différentes manières de vivre son désir honnêtement en suivant ses envies, sa forme d’intuition tout en respectant son partenaire dans ses arrêts propres.

  • Less | 11 juin 2015

    Bonjour à vous. Et merci pour ses échanges. Je viens de passer le cap. Et je vous avoue qu’on en a parlé pendant prés de 3 ans. Mais on y est! J’ai beaucoup angoissé à l’idée de perdre mon être aimé.
    Pendant 11 ans nous avons été fidèle. Et depuis quelques jours, je commence cette aventure. Serte, ça fait peur. Mais on a qu’une vie et quand on est sûre en son amour on ne peut que tenter, profiter. Cette nouvelle aventure me renforce dans ma vie de tout les jours. Je reprends soin de moi, de l’autre, j’envisage de reprendre le sport, on communique encore plus et différemment. Il faut vivre au moment présent tout en se posant des règles.
    Je suis fière de vivre cette expérience avec ma moitié. Car une chose est bien sûre on s’aime. La vie peut s’arrêter en un instant. Alors pourquoi ne pas croquer la vie à pleine dent. Et seulement notre vie pourra me dire si j’ai fait le bon choix . Je reste confiant en tout ça, même si j’ai encore quelques angoisses qui s’estompe petit à petit…

    • Astrid | 12 septembre 2015

      En couple depuis 10 ans, nous aimerions être un couple libre. A la base c’est un fantasme de mon compagnon qui aime l’idée de me savoir avec un autre homme. Cet été, on en a parlé très sérieusement, et on a tous les deux envie de tester cette expérience! Pour nous, le sexe ne devrait pas être quelque chose à ne faire toujours qu’entre deux personnes. Le sexe c’est du plaisir, c’est bon, on aime ça. Pourquoi on ne pourrait pas le faire avec un/une autre partenaire tant qu’on se respecte? Parce que c’est la base de notre couple. Le respect. La confiance. La communication.
      Après avoir eu 2 enfants, on a eu des périodes très difficiles, j’ai mis beaucoup de temps à retrouver du désir, à aimer mon nouveau corps. Et grâce à mon compagnon , grâce à notre relation très complice, je suis maintenant épanouie. Nous avons juste envie de pimenter notre vie sexuelle.
      Je veux bien en discuter en privé avec d’autres personnes dans mon cas, pour échanger des conseils et des expériences.

  • aud | 11 novembre 2015

    Bonjour à tous,
    Je cherche des réponses…ou tout du moins des pistes
    En couple depuis 1an et demi, quand nous aion debuté notre relation on avait deja discuté des couples libres.
    Ayant deja trompé plusieurs de mes anciens petits amis auparavant, je trouvais l’idée assez tentante…disons plutôt que je trouvais la théorie assez juste.
    Mais voila que mon compagnon après un an et demi revient sur le tapis avec cette histoire…car apparemment pourrait se concrétiser…et la bein c’est le coup de massue….je ne sais pas quoi en penser…vous qui êtes peut être passé par cette étape…pouvez vous me dire comment gérer…
    merci déja à vous tous pour vos commentaires

    • Christelle | 20 novembre 2015

      Bonjour Aud,

      Si l’idée de couple libre t’a tenté car il t’est arrivée de tromper, n’oublie pas qu’un couple libre se fait dans les deux sens. Es-tu réellement prête à ce qu’il aille voir d’autres filles ?

      Je pense que tu devrais sérieusement en discuter avec ton compagnon. Explique-lui que si tu étais prête à tenter un couple libre en début de relation, après un an et demi, les choses ont évoluées. Les sentiments que tu as envers lui sont sûrement plus forts et le contexte n’est plus le même. A présent, tu n’as plus envie de risquer de perdre cette relation stable.

      Il faut aussi te demander aussi pourquoi envisage-t-il maintenant, le couple libre ? Est-ce que cela part d’une bonne intention ou est-ce par lassitude ?

      Le plus important est de communiquer avec sincérité pour être sûr que vous vous compreniez mutuellement et ainsi maintenir la confiance dans votre couple quelque soit le choix que vous ferez.

  • Anya | 18 novembre 2016

    Bonjour Alyna.
    Je viens vers toi car j’aimerais introduire cette relation libre dans mon couple. Le soucis c’est que mon mari est très jaloux et notre mariage ne date que de 6 mois donc je ne sais pas bien comment aborder le sujet, pourrais-tu m’aider ? C’est quelque chose qui me tracasse beaucoup…

  • Camille | 19 janvier 2017

    Bonjour,

    j’ai lu ton témoignage Anaska et je me posais la question de la performance sexuelle: comment réagir si notre homme trouve une « meilleure » amante, une femme qui le satisfait autant voire plus que nous sexuellement ? Nous entrons dans une relation libre depuis septembre avec mon copain et il est difficile de définir certaines règles du contrat mutuel…

    Merci d’avance,

    Camille

    • Nina | 12 février 2017

      Bonjour Camille,

      Avec ce genre de relations, c’est le « jeu »… Mais comme il est dit dans l’article, tu peux choisir de ne pas savoir.

      Nina

  • audrey | 27 avril 2017

    Bonjour,
    En tous cas merci pour cet article.
    J’avoue que je suis perdue en ce moment et pouvoir en parler va peut etre m’aider.
    Je suis avec mon compagnon depuis presque 3 ans et lui veut être en coulpe libre. Comme je lui dit théoriquement je ne trouve pas ca mauvais puisque par le passé il m’est deja arrivé d’etre infidèle a un de mes ex. Mais j’ai peur, j’ai vraiment la trouille, j’ai peur de le perdre qu’il tombe amoureux d’une autre.
    Je ne sais pas comment gérer du tout
    Ici je lui ai demandé qu’on réfléchisse chacun de notre coté pendant 10 jours et on doit en reparler dimanche pour voir la décision qu’on prend.
    J’ai même pris rendez vous chez un psy pour etre soutenue, j’ai aussi mes amis mais eyx ne comprennent pas tous que je ne veut pas quitter mon amoureux mais s’il veut m’imposer cette vie la.
    Avez vous des conseils, des idées
    merci d’avance

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