Plaire ou séduire ?

Par 31 Août 2012 19 Commentaires

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Petite pause avant la rentrée. C’est le moment des bonnes résolutions, donc le moment de se ré-interroger sur notre rapport aux hommes et à la séduction. Finalement, toutes ces lectures, tous ces apprentissages sur l’amour : pour quoi faire ?

Qui cherchons-nous à séduire ? Qu’attendons-nous d’une relation avec l’autre ? Comment construisons/ dé-construisons-nous notre relation aux hommes ? Que nous apporte notre relation à l’autre ?

J’ai choisi pour titre « plaire ou séduire ». Tenter de définir ces deux termes c’est se poser toutes les questions de la séduction. Personne n’est vraiment dans la pure « séduction ». Personne n’est dans le « plaire » complètement. Nous nous trouvons tous sur un continuum entre l’un et l’autre où nous tentons tant bien que mal d’en sortir en un seul (et cohérent) morceau.

Qui séduisons nous ?

Séduire

• Explicitement séduire s’adresse toujours à l’autre.

Nous tentons de comprendre ses codes, son fonctionnement et de nous y adapter au mieux, afin de lui plaire. Les séductrices avérées comprennent la grille de lecture de l’autre et lui font sentir qu’elles possèdent les qualités attendues.

• Implicitement, séduire s’adresse à soi.

Nous recherchons une approbation de ce que nous sommes dans le regard de l’autre.

Nous répétons inconsciemment : « Dis-moi que je suis AIMABLE. Dis-moi que je suis quelqu’un que l’on peut aimer ».

• On attend un reflet positif de soi dans le miroir de l’autre.

Notre confiance en nous variera au grès de ce reflet. L’autre est peu incarné comme « être vivant, avec ses différences ». Il joue un rôle, celui de juge interchangeable.

Le piège est évident ! Porter des masques, jouer un rôle pour que le reflet soit toujours positif.

Et, se perdre complètement en chemin. Comment savoir si l’on est aimée pour ce que l’on est, si on se transforme au grès des attentes de l’autre ?

• Exemple

Nous suivons scrupuleusement la tendance vestimentaire. Nous savons qu’elle rencontre du succès auprès des hommes et est acceptée des autres femmes. Nous nous trouvons donc validées dans nos goûts. Le reflet sera positif.

Mais, ce reflet est celui d’une tendance, d’un goût commun. Finalement, ça ne dit rien sur ce que l’autre pense de nos véritables goûts, puisque nous les cachons au profit des « goûts communs/acceptables par tous ».

Se plaire

J’ai choisi ce mot comme j’aurais pu en choisir un autre. Si un autre vous correspond plus, il est le bienvenu. Nous pouvons entendre dans ce « plaire » : « se plaire à soi-même ».

• Explicitement, plaire est tourné vers soi.

Nous tentons de comprendre nos codes, nos fonctionnements. Souvent de manière maladroite. Qui peut dire qu’il sait VERITABLEMENT et sans zones de flous qui il est ?

A partir de ce que nous en comprenons, nous exploitons ce que nous aimons de nous et abandonnons le reste.

• Nos goûts comme base de connaissance de soi

Nous aimons, nous n’aimons pas. Nous sommes attirées, nous éprouvons de la répulsion. Et, même si nos goûts changent, ils donnent une carte relativement fiable de ce que nous sommes au temps T.

Chercher à nous plaire nous-même est, donc, aller vers ce qui nous attire :

    • dans nos propres comportements
    • chez les autres
    • dans nos passions/centres d’intérêts…

 

Et fuir le reste.

Bien sur, nous nous retrouverons face à des contradictions. Mais, aucune personnalité n’est lisse. Autant les accepter et composer avec.

Autrement dit, plaire est s’accepter. Faire passer le regard que l’on porte sur soi avant le regard que les autres portent sur nous.

• Implicitement, plaire est s’adresser à l’autre.

Partons du postulat que nous parvenons à nous accepter complètement avec nos contradictions.

Nous nous savons non-lisse, non-parfait. Il devient plus facile, dès lors, d’accepter l’autre avec ses propres contradictions.

    • Il est comme nous : plein de contradictions.
    • Il est différent : ses contradictions ne sont pas les mêmes que les nôtres.

 

C’est, donc, avec beaucoup plus de tolérance et de curiosité que nous pouvons aller vers lui. Dans cet idéal, nous l’aimons, non plus pour ce qu’il dit de nous, mais pour ce qu’il dit de lui.
(Et, nous le détestons pour les mêmes raisons. )

Quand l’attirance est réciproque, nous partons vers de l’amour/amitié.
Quand la répulsion est réciproque, nous ne nous interrogeons plus sur « ce qui cloche chez nous », mais admettons simplement que nous sommes différents. Notre Ego n’est pas atteint.

• Exemple

Nous créons un style vestimentaire qui nous est propre. Il plaît à certains, pas à d’autres. Quand quelqu’un apprécie un accessoire, … nous savons que nous avons un peu de nos goûts commun.

Si les gens n’aiment pas, on s’en fout, à nous, ça nous plaît !

• Un peu d’idéalisme ?

Dans un monde utopique, nous privilégierions toujours « se plaire soi-même » à « séduire l’autre ».

Mais, la réalité nous montre que nous sommes sur ce continuum, parfois plus proche de l’un, parfois plus proche de l’autre. Selon :
nos périodes de vie

    • l’importance, pour nous, de la personne qui nous regarde
    • son regard (jamais facile de susciter de la répulsion chez l’autre)

 

Tachons, tout de même, de viser, autant que faire se peut, le « plaire ».

Notion IG [Inner Game]

IG : est un terme emprunté au vocabulaire de la séduction que nous pouvons facilement traduire par « confiance en soi ».

Séduire

La personne séductrice, cherchant l’approbation d’autrui, respire une sorte d’incomplétude. Voir d’urgence à être aimée de l’autre pour s’aimer soi. C’est par le regard de l’autre qu’elle construit sa confiance en elle.

La confiance en soi est donc mouvante, toujours soumise au jugement de l’autre.

« J’ai confiance en moi, si l’autre pense du bien que moi. S’il me renvoi que je suis PARFAITE (sans failles), j’irai bien. La cas inverse, mon estime de moi s’effondre. L’autre complète cette part manquante de moi par SON REGARD »

Il s’agit, à travers l’autre, de se rassurer sur sa propre valeur.

Se plaire

Quand on apprend à se plaire/ à s’aimer / à s’accepter [rayer la mention inutile], on recherche cette complétude, non pas dans le regard de l’autre, mais dans NOTRE regard sur nous-même.

Nous nous confrontons au monde, tel que nous sommes, et pouvons observer là où le bat blesse… Pourquoi face à telle situation, je n’y arrive pas alors que d’autres y parviennent ?

C’est dans l’Autre que nous cherchons une solution à notre incomplétude. Dans un savoir que lui possède sur le monde et que nous n’avons pas encore.

« L’ Autre peut m’apprendre quelque chose sur moi. Il peut me permettre de devenir meilleur. Il a des outils me permettant d’aller dans le sens que je désire. Ma partie manquante peut se compléter par le savoir qu’il a sur le monde. »

Nous cherchons donc à appendre par la connaissance de l’autre.

IG

Notre confiance en soi est toujours en déséquilibre. Que nous fonctionnions dans une séduction du regard de l’autre, ou que nous cherchions à nous plaire.

Cependant, dans la seconde alternative, il y a quelque chose de l’espoir joyeux tourné vers l’autre. Si notre confiance n’est pas parfaite (elle ne l’est jamais), nous serons bien plus apaisée. La vie/le monde/ les autres finiront bien par nous apprendre ce qui nous manque.

Plutôt que tout construire et laisser s’effondrer dans le regard de l’autre, nous construisons une personnalité solide par apprentissage. On pourrait appeler ça tolérance.

Et vous, dans quels domaines êtes vous dans le « séduire » ou dans le « plaire » ?

Anashka,
En joyeux déséquilibre


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Commentaires (19)
  • Superbrunette | 31 août 2012

    Au final séduire c’est clairement s’exposer, prendre un risque de déplaire. Si en « back-office » on se plait, que notre IG est bon, alors on ne sera pas dans les extrêmes comportementaux (euphorie ou a contrario déprime selon le retour de la personne-miroir).
    Pour répondre à la question, je ne suis pas une séductrice (pas trop). J’ai assez confiance en moi même si je ne m’estime pas trop. Je sais qui je suis, comment je fonctionne, mais je suis extrêmement critique envers moi-même. Sur le terrain, sauf vraiment contrainte (mec hyper timide) et en OI (et oui lol), je ne suis pas du tout entreprenante, mais j’ai du succès avec les hommes parce que je suis jolie. Attention, pour les personnes qui liraient ce commentaire, je dis cela sans prétention c’est juste un constat : le fait est que les hommes me disent que je suis une « belle femme ». Ils viennent spontanément vers moi (en soirée, dans la rue ou sur le net) et au final j’ai juste à accepter ou refuser l’homme concerné.
    On en avait déjà parlé sur un autre article, en fait il faut que j’apprenne à séduire, je comporte un peu comme une femme-enfant dans les faits (euh pas gamine non plus n’exagérons rien, mais dans le sens timide, spontanée, douce, gaffeuse, tête de mule et tête en l’air). Car je plais beaucoup mais c’est superficiel. Et si je suis cet article-ci, il faut que je me plaise si je veux séduire. A l’heure actuelle, j’en suis au stade « je m’assumme comme je suis ». Le stade juste avant « je me plais comme je suis » j’espère !

    • Anashka | 1 septembre 2012

      Oui, souvent apprendre à séduire permet de croire en soi. Donc, de finir par plaire sans effort et pas que sur le physique.
      Le problème des jolies nanas, c’est qu’elles attirent le meilleur comme le pire.

  • Superbrunette | 2 septembre 2012

    « Le problème des jolies nanas, c’est qu’elles attirent le meilleur comme le pire » : en effet, c’est dur de faire le tri et de comprendre quelles sont les intentions réelles !..Sans doute à cause de cela que j’ai du mal à faire confiance !

    • Anashka | 2 septembre 2012

      Pas de magie : le temps.

  • Dohn | 2 septembre 2012

    Je franchis le pas, Mlle Anashka :p, et je remplis ma première partie du marché :

    J’ajouterais que lorsque nous rencontrons quelqu’un, nous ne voyons pas la personne en elle-même telle qu’elle est mais la représentation qu’elle donne d’elle-même, c’est-à-dire un rapport de perception entre la part de séduire et la part de plaire de la personne d’en face et nous. Perception qui peut donner une image tout à fait trompeuse sur le dessous des cartes : ex : l’habillement qui vient nettement influencer notre interprétation, la beauté, …

    Moyen pour se protéger mais aussi pour duper, manipuler.

    Développer son IG, c’est donc toucher à sa propre représentation de soi ainsi qu’à la modification de la représentation que l’on donnera de soi.

    Je pense donc que les jolies filles sont un peu victimes de leur représentation d’elles-mêmes. :)
    Pour ma part, lorsque j’aborde une « jolie nana », je regarde deux choses (si possible) :
    – Son propre regard sur elle ; qu’est-ce qu’elle dit d’elle.
    – La réserve dans ses opinions ; l’ouverture d’esprit ;

    Même si c’est moi qui m’expose en l’abordant, je lui demande implicitement de faire de même par une discussion légère mais néanmoins très intéressante. Par exemple avec des questions sympathiques du style : « Quand tu es étais enfant, tu t’imaginais étant ce que tu es maintenant ? – Quelle était ton rêve ? – …  »
    En te décalant, tu regardes si la fille est capable de le faire et tu sais à quoi t’en tenir.
    La confiance s’installe plus facilement dans un cadre comme celui-ci.

    Ça doit être applicable pour les gars non ? :p

    • Anashka | 3 septembre 2012

      Contente de te voir ici !!!

      Vrai que dans une rencontre, la part en cet espèce d’idéal de soi que l’on offre à l’autre et ce que l’on est vraiment est difficile à déceler. C’est un des grands plaisirs de la séduction, d’être un soi « au mieux », un soi « parfait »… Freud dirait « un idéal du soi ».

      Rapidement quand la relation se construit, si l’écart entre ce qu’on a présenté et la réalité est trop important, l’autre se sent floué. « On m’a menti sur la marchandise ! ».

      Pour la phrase du retour en enfance, elle est effectivement efficace pour les deux sexes !

  • Cam | 2 septembre 2012

    Cet article TUE !

    En gros, tout part de la confiance en soi: ce qui est un de mes gros problèmes.
    Un moyen d’y remédier ? ^^

    • Anashka | 3 septembre 2012

      Des milliers ! La confiance en soi solide prend du temps à se construire, mais il y a vraiment plein de trucs pour ça. Notamment, être dans une dynamique de projet que l’on aime…

      Mais toutes les lectures autour du développement personnel peuvent t’apporter beaucoup.
      On en avait parlé d’un livre en particulier, non ?

      • Cam | 3 septembre 2012

        Alors sans hésité j’aimerais connaître certains de ces trucs ! Parce que je sais qu’à cause de ce manque de confiance en moi , je me fais parfois ( tout le temps ) des films et me fait du mal volontairement ..

        Oui, il y a eu un livre que j’avais lu en effet ^^, il y a un moment maintenant. Si tu en as d’autres .. ?

        • Anashka | 4 septembre 2012

          « Pouvoir illimités » Anthony Robbins.
          Quand as-tu pensé du premier bouquin ?

          • syl | 4 septembre 2012

            Je l’ai acheté et il est sur ma liste de lecture celui-ci ! Tu en as pensé quoi ?
            Mais avant, je veux lire : « How to sell anything to anybody » Joe Girard.
            Ce genre de livre t’aide à « mieux te vendre ». Le gars vendait environ 5 voitures par jour pendant 15 ans, soit 13000 voitures en tout. Il se trouve que ses clients l’achetaient lui, et non pas les voitures…

          • Anashka | 5 septembre 2012

            J’en ai lu la moitié. Il aide à avoir confiance en soi. Mais certains de ses postulats sont faux. Ce n’est pas quelqu’un qui a fait de la psychologie, il pense que tout tien de la force mentale…

            Bref, c’est pas mal, mais il ne faut pas TOUT prendre au pied de la lettre. ^^

          • Cam | 6 septembre 2012

            Je l’ai beaucoup aimé le premier bouquin ^^ , C’est vrai que ça donne envie de « VIVRE » quand on lit ce genre de livre ! Mais je l’avais lu il y a un petit moment maintenant donc je ne me souviens plus exactement de tout..

            Je vais commander celui ci !

          • Anashka | 6 septembre 2012

            Cam, oui, je l’avais bien aimé aussi. Tu me diras ce que tu penses de Pouvoirs Illimités…

          • Cam | 6 septembre 2012

            Oui je te tiens au courant ! ;)

            Et toi personnellement comment fais-tu pour garder ta confiance en toi ?

          • Anashka | 7 septembre 2012

            Ah… Réponse dans le précédent message.

  • Yutsu | 12 septembre 2012

    Article assez sympas, je pense que je me trouve plus dans le plaire que dans le séduire, depuis que je me cherche, que j’apprends a être moi, mon regard sur moi même a complétement changer, alors qu’avant je me trouvait vraiment moche, désormais je me trouve normal (voir même un peu plus^^).

    Après même si je cherche a me plaire avant tout, en second lieux c’est quand même afin de séduire.

  • Kay | 28 juillet 2014

    Oui c’est la journée des commentaires de mon côté.

    Je suis carrément plus, voire presqu’exclusivement dans le plaire. Sans aucune prétention, je M’aime. Enormément. J’aime qui je suis bien que je ne sois pas du tout parfaite. Il me reste bien des choses à corriger et en effet, j’apprends beaucoup, beaucoup mais vraiment beaucoup des gens autour de moi.
    Seulement, si se plaire est très bien pour l' »inner game », je trouve que ça peut rendre également narcissique et égocentrique alors que la séduction est un peu plus tournée vers l’autre. Si finalement on cherche à séduire l’autre, à lui plaire à tout prix, c’est parce qu’on reconnaît quand même qu’il y a un besoin de l’autre. Pour ma part, je crois que je suis dans un déni du besoin de l’autre. A force de m’être détestée pendant des années, d’avoir voulu être validée des autres, la séduction m’a fatiguée et j’ai viré complètement de l’autre côté : de la needy mendiante d’attention, je suis passée à la fille hyper-indépendante qui a l’air de s’être faite toute seule, qui se fiche complètement de plaire ou non. Je suis ouverte aux gens (qui m’apprécient ou non) mais en vrai je suis fermée : j’ai l’impression de n’avoir besoin de personne. Pourtant quelque chose manque, au fond.

    Se plaire, c’est confortable parce que ça ne dépend que de nous et de notre propre représentation des choses. C’est simple lorsqu’on est prêt à se faire face alors que la séduction, c’est se confronter à la vision de l’autre qu’on ne peut contrôler.
    J’ai conscience de ma valeur, je suis très confiante mais en même temps, je ne le suis pas du tout devant la personne à séduire : « je suis géniale mais est-ce que ce type de fille géniale que je suis va lui plaire ? ». Comme cette question semble absurde mais reste sans réponse, je l’élude en me disant « de toute façon, si je suis géniale, c’est que j’ai pas tant besoin de lui… ». Déni, déni, déni…

  • Max | 2 septembre 2015

    Il vous manque une composante importante : il faut aimer les autres.
    Bien sûr que l’on doit s’aimer et que c’est bien de ne plus être dépendant des autres (séduction) mais comme le dit kay : si je m’aime tout seul, il me manque qd même quelque chose.
    Ce quelque chose, on l’obtient en donnant de l’amour. Pas pour séduire, pas pour plaire : pour créer une connexion.
    Ce n’est pas évident à comprendre pour les filles (et surtout les plus jolies) qui ont suffisamment de rencontre avec les hommes qui viennent à elles. Mais pour avoir un bonheur complet, il faut être bien dans sa peau (se plaire) et aller vers l’autre.

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